Propulsé à 1.000 km/h, le premier Hyperloop en Europe dès 2020

©TU delft

Ayant une longueur d’avance sur ses concurrents, la société californienne Hyperloop One dévoile ses projets de liaisons ultrarapides sur le Vieux Continent.

Pharaonique autant qu’exorbitant, le projet fou prend pourtant tournure. Et l’Europe aura sans doute la primeur de voir circuler les premiers Hyperloop d’ici moins de dix ans. Se bousculant au portillon, plusieurs sociétés américaines planchant sur ce mode de transport révolutionnaire ont en effet des visées concrètes en Europe.

Emboîtant le pas à Hyperloop Transportation Technologies qui a récemment installé son centre de recherche et développement à Toulouse, Hyperloop One, son concurrent de Los Angeles, a fait part hier à son tour de ses projets sur le Vieux Continent lors d’un déplacement à Amsterdam.

♦ L'Hyperloop, qu'est-ce que c'est?

Les tubes préparés pour les tests de l'Hyperloop à Delft ©REUTERS

Ce mode de transport révolutionnaire, imaginé en 2013 par Elon Musk, patron visionnaire de SpaceX et Tesla, consiste à transporter des passagers ou des marchandises, y compris des conteneurs, dans des capsules propulsées en lévitation à plus de 1.000 kilomètres à l’heure dans des tubes à très basse pression.

Sur la ligne de départ, Hyperloop One, une société californienne forte de 200 ingénieurs, présente le projet le plus avancé. Un appel de fonds lui a déjà permis de lever 160 millions de dollars auprès de General Electric, DP World et les entreprises ferroviaires nationalisées SNCF et Deutsche Bahn.

Des essais sont réalisés par l'université de Delft sur une piste modélisée ©REUTERS

"Les premiers Hyperloop transporteront des marchandises en Europe à partir de 2020 et des passagers l’année suivante, anticipe Rob Lloyd, son directeur général. Selon nos estimations, entre 8.200 et 12.000 personnes par heure pourront être acheminées par Hyperloop à leur destination."

 

 

♦ Dans quels pays?

Les tests à Delft

Hyperloop One étudie actuellement la faisabilité de sept liaisons en Europe. Outre trois parcours au Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, la Finlande, la Pologne et les Pays-Bas figurent sur la carte. Et, pour la France, la Corse.

Intéressés par une telle liaison tubulaire entre Amsterdam, Rotterdam et Eindhoven, les Pays-Bas veulent croire à la viabilité du projet. "Après des essais qui seront réalisés par l’université de Delft sur une piste modélisée, une piste de 500 mètres à Lelystad permettra d’autres essais, comme ensuite celle de 50 km à l’aéroport de Schiphol", a annoncé hier Mélanie Schultz van Haegen, ministre néerlandaise de l’Infrastructure et de l’Environnement.

♦ A quel prix le billet?

Selon elle, l’Hyperloop promet d’apporter une solution aux embouteillages sur les routes et à l’affluence dans les transports publics. "Pour le consommateur, le coût de l’Hyperloop sera comparable à un billet d’avion en classe économique ou au prix du TGV", affirme Rob Lloyd. Mais la route n’est pas toute tracée d’avance.

♦ Les obstacles sont nombreux

Une capsule de test ©ANP

Loin d’être insurmontable, la technologie n’est pas l’écueil principal à surmonter. Mais son coût. "Il va falloir des milliards et des milliards d’euros d’investissement même si les retombées économiques seront substantielles en créant de nouveaux échanges économiques", reconnaît Rob Lloyd. De fait, toutes les voies de communication existantes, rails, tunnels, ponts, vont devoir être aménagées pour permettre le passage à toute allure de ces tubes.

Mais par-dessus tout, il va falloir bâtir une réglementation à partir de zéro pour ce mode de transport inédit. Comme pour les avions au siècle dernier.

Un voyage en Hyperloop

L'enchaînement des tubes dans lesquels des capsules seront propulsées en lévitation... à plus de 1.000 kilomètres à l'heure ©ANP

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