Tarifs plus chers en heure de pointe pour les clients SNCB

Les tarifs plus chers en heure de pointe devraient toucher près de 135 millions d’usagers. ©BELGA

Grâce à l’autonomie tarifaire que l’État lui a accordée, la SNCB envisage d’introduire des tarifs plus élevés pour les usagers en heure de pointe. Ils devraient concerner 60% des navetteurs.

Lancée il y a un peu plus d’un an par Jo Cornu; lors d’un du B-Mobility-Day en décembre 2013, l’idée de tarifs de train plus chers en heure de pointe devrait bientôt être une réalité pour les usagers de la SNCB. Selon nos informations, l’administrateur-délégué de la SNCB et la ministre de tutelle, Jacqueline Galant (MR) travaillent sur le sujet. La nouvelle grille tarifaire pourrait entrer en application en 2016. Les détails du projet ne sont pas encore connus, mais il est question de tarifs plus élevés le matin, entre 6h et 9h, et l’après-midi, entre 15h et 19h.

Grille plus dynamique

Le cabinet Galant se refuse à tout commentaire pour l’instant, mais souligne toutefois que l’idée de procéder à une révision globale de la politique tarifaire de la SNCB pour la rendre plus dynamique. "La réflexion est en cours, mais elle n’est pas encore aboutie", dit-on. On y précise également que l’idée vise aussi à simplifier davantage la grille qui comporte aujourd’hui trop de tarifs.

"On ne peut pas cautionner le projet des tarifs plus chers en heure de pointe."
Gianni Tabbone
Porte-parole Navetteurs.be

De sources proches du dossier à la SNCB, on rappelle également que les tarifs de l’entreprise ferroviaire figurent parmi les plus bas d’Europe. À titre d’exemple, le revenu moyen par voyageurs au kilomètre est de 11 centimes d’euro pour les chemins de fer hollandais contre 6,7 centimes d’euro pour la SNCB.

Mais d’après la plateforme de voyage multimodale GoEuro, les tarifs de trains en Belgique sont parmi les plus chers d’Europe. D’après elle, le trajet de 100km revient à 15 euros contre 16 euros aux Pays-Bas et 16,67 euros en Finlande. Le trio de tête est composé du Danemark (29,73 euros pour 100km en train), de la Suisse (28,57 euros) et de l’Autriche (24 euros).

Usagers opposés

La SNCB voudrait aussi profiter d’une amélioration de la ponctualité. En effet, 88,2% des trains sont arrivés à l’heure ou avec un retard de moins de 6 minutes en 2014 contre 85,6% en 2013. Les tarifs plus chers en heure de pointe devraient concerner environ 60% des usagers du transporteur ferroviaire (la SNCB), soit près de 135 millions de voyageurs si on tient compte des clients en 2014 (224,8 millions de voyageurs).

Les usagers ne voient pas le projet d’un bon œil. "C’est une idée du CEO Jo Cornu pour augmenter les recettes de la SNCB, mais on ne peut la cautionner. Il faut d’abord penser à réduire les dépenses de l’entreprise. Les usagers participent déjà à l’effort via les dotations en tant que contribuable, ils ne vont pas encore payer des billets plus chers en heure de pointe", dénonce Gianni Tabbone, porte-parole de L’ASBL Navetteurs.be.

[Suivez Philippe Lawson sur Twitter en cliquant ici]

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés