Une start-up flamande lève 1,5 million pour son speed pédélec

La start-up flamande propose trois modèles différents dont les prix varient entre 3.500 et 6.000 euros.

Installée près de Louvain, la start-up Ellio s’apprête à produire ses premiers speed pédélecs, presque tous déjà vendus. En mois d’un an, la société a levé 1,5 million d’euros.

Ce n’est pas vraiment un secret, derrière l’indétrônable voisin hollandais, la Flandre est le deuxième royaume du vélo. Le terrain de jeu est donc idéal pour Tomas Keppens et Jorrit Heidbuchel. Ces deux ingénieurs viennent de lancer leur propre marque de speed pédélec, ces vélos électriques si rapides qu'ils nécessitent d’être immatriculés. Lancée officiellement en 2017, la start-up s’apprête à commercialiser ses premiers deux-roues. "La production des 100 premiers modèles va être lancée et devrait être prête pour avril. Ils sont déjà presque tous vendus", assure Tomas Keppens. Réalisée au sein d’une entreprise de travail adapté limbourgeoise, la production pourrait grimper à 500 cette année.

Un moteur par roue

"La production des 100 premiers modèles va être lancée et devrait être prête pour avril. Ils sont déjà presque tous vendus."
Tomas Keppens
Cofondateur d'Ellio

L’entreprise compte bien mettre en avant ses particularités technologiques. Elle peut pour cela s’appuyer sur les connaissances de l’un de ses cofondateurs. Avant de se lancer, Tomas Keppens a travaillé durant des années chez Toyota, notamment sur la technologie Prius, qui dispose d’un système de récupération d’énergie lors du freinage. La technologie est aujourd'hui présente sur ses vélos. "Nous sommes les seuls à permettre à l’utilisateur de gérer lui-même cet apport d’énergie supplémentaire", ajoute Jorrit Heidbuchel. "Plutôt qu’un seul moteur, nous avons aussi réparti l’assistance sur les deux roues, ce qui permet plus de confort et de stabilité."

Outre les premiers clients, l’entreprise est également parvenue à convaincre des investisseurs d’embarquer dans l’aventure. En six mois et deux levées de fonds, Ellio a déjà réussi à récolter 1,5 million d’euros auprès de deux business angels ainsi que PMV, le fond d’aide public flamand. "Ils nous ont suivis lors de la première levée mais de manière prudente car ils voulaient s’assurer de la solidité du projet. Lors du second tour, en janvier dernier, ils ont été convaincus par notre évolution", assure Tomas Keppens.

La Belgique en exemple

"Pour le moment, nous sommes uniquement présents en Flandre avec 13 revendeurs. La vente de speed pédélecs se fait à 98% dans cette région."
Tomas Keppens
Cofondateur d'Ellio

En attendant la livraison des deux-roues, le réseau de vente est déjà prêt. "Pour le moment, nous sommes uniquement présents en Flandre avec 13 revendeurs. La vente de speed pédélecs se fait à 98% dans cette région. La Wallonie n’est donc pas encore la priorité mais suivant l’évolution, il n’est pas exclu qu’on y vienne un jour." Par la suite, Ellio compte s’attaquer aux Pays-Bas et à l’Allemagne, même si la réglementation plus sévère rend ce dernier marché moins attractif. "Dans plusieurs pays, le speed pédélec est assimilé à un scooter, avec toutes les contraintes que cela engendre comme l’interdiction de rouler sur les pistes cyclables. La Belgique est aujourd’hui un exemple et on s’attend à ce que les situations à l’étranger aillent dans le sens de ce qui se fait chez nous."

Trois modèles sont aujourd’hui disponibles. Ils diffèrent principalement par la vitesse maximale qu’ils peuvent atteindre. "Le modèle classique permet de monter à 45km/h. Nous en avons un à 25km/h mais qui n’est pas la priorité car nous sommes en compétition avec les vélos électriques. Le modèle à 35km/h est assez prometteur. C’est une solution quasi inexistante sur le marché mais qui est un bon compromis pour ceux qui souhaitent aller plus vite mais qui ne sont pas à l’aise avec trop de vitesse." Comptez 6.000 euros pour la version la plus rapide et 3.500 euros pour celle à 25km/h. Si les prix sont relativement importants, l’entreprise est persuadée qu’elle trouvera sa cible. "Nous ne visons pas les cyclistes mais les automobilistes qui cherchent une véritable alternative à la voiture."

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