Voici le service minimum à la SNCB: un tiers de places assises garanties

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Les dirigeants du groupe SNCB ont présenté trois scénarios d’offre ferroviaire pour un service minimum en cas de grève. Les grands axes vers Bruxelles devraient être desservis et quelques correspondances seront assurées.

Le plan d’actions avec des grèves tournantes et des grèves générales annoncé par la CGSP-Cheminots pour le mois d’octobre remettra sur la table l’opportunité de la mise en place d’un service minimum (service garanti pour la SNCB) sur le réseau ferroviaire.

On le sait, la ministre fédérale de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), a à nouveau indiqué récemment qu’elle laissait encore jusqu’à la fin de l’année à la direction (SNCB, Infrabel) et aux syndicats pour accorder leurs violons et faire des propositions. A défaut, elle prendra ses responsabilités et fera ses propres propositions, d’autant plus que l’organisation d’un service minimum est un engagement de la majorité fédérale.

Selon nos informations, les premières propositions du groupe SNCB ont été exposées la semaine dernière en comité de pilotage et d’après les documents dont nous avons eu connaissance, trois scénarios possibles sont mis sur la table (voir infographie pour les détails des différentes propositions).

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Places assises

Lors d’une semaine de travail normale, les trains de la SNCB parcourent plus de 242.000 kilomètres (242.303 km) et proposent aux voyageurs environ 1,4 million de places assises (1.487.351 places). Au départ de ces données chiffrées, les dirigeants estiment qu’en cas de grève, ils pourront proposer au minimum 214.830 places assises (soit 14,4% de l’offre d’une semaine de travail normale) et un maximum de 580.063 places (soit 38,9%).

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Les dirigeants ont aussi estimé le nombre de voyageurs susceptibles d’être transportés (entre 100.000 usagers et 216.000 voyageurs) ainsi que les lignes ferroviaires qui seront desservies. Il s’agit principalement des grands axes reliant Bruxelles et des deux dorsales (wallonne et flamande).

Pour de nombreux observateurs, la SNCB aura du mal à appliquer ses différents scénarios, car ils déboucheront tous sur une insatisfaction des voyageurs. "Il y a aura de la cohue sur les quais, ce qui peut être dangereux. Les gens seront obligés de voyager debout et dans des conditions inconfortables", nous a commenté un spécialiste de la question ferroviaire.

Personnel nécessaire

Le groupe a aussi évalué le personnel nécessaire en Équivalent temps plein (à réquisitionner?) pour assurer le service suivant les trois scénarios. Il est question d’avoir 196 conducteurs de train (soit 15% du nombre d’un jour normal) pour le scénario 1, 519 conducteurs pour le scénario 2 (39%) et 571 conducteurs pour le scénario 3 (43%).

Le nombre d’accompagnateurs de train nécessaire est de 168 agents (14%) pour le scénario 1, 491 agents (39%) pour le scénario 2 et 549 accompagnateurs (43%) pour le scénario 3. L’effectif du personnel de gare (guichetiers) exigé est de respectivement 394 cheminots (43%), 647 personnes (71%) et 684 personnes (75%). Le personnel de sécurité (Securail) devrait être présent à 50% dans le scénario 1 (soit 100 agents ETP) et à 90% dans chacun des deux derniers scénarios (180 agents).

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Dans les scénarios 2 et 3, tous les agents du service de "dispatching des voyageurs" devraient être présents (100%, soit 60 personnes) contre 50% pour le scénario 1 (30 personnes). Au total, pour la SNCB, les moyens exigés sont évalués à un total de 1.058 ETP (20% du nombre total d’agents pour un jour normal de travail) dans le scénario 1, 2.067 pour le scénario 2 (38%) et 2.214 agents (40%) pour le scénario 3.

Le nombre total exigé pour le gestionnaire d’infrastructure (Infrabel) pour chacun des trois scénarios est le même: 1.183 agents (soit 21% des agents pour un jour normal). Contactée par nos soins, HR Rail, la structure de gestion des ressources, nous a renvoyé à la SNCB et chez Infrabel. Les deux sociétés se refusent à tout commentaire.

678 millions
Le transport national de voyageurs a généré un chiffre d’affaires de 678 millions à la SNCB en 2014.

Du côté syndical, ces propositions sont catégoriquement rejetées. "Vous imaginez qu’avec ces propositions, il y a des agents qui ne pourront plus faire grève durant toute leur carrière. C’est une atteinte au droit de grève", nous ont indiqué des responsables syndicaux.

En 2014, le chiffre d’affaires des activités de la SNCB s’est élevé à 1,279 milliard d’euros dont 678 millions de recettes tirées du transport national de voyageurs et 259 millions apportés par le trafic international. Dans le même temps, la SNCB a reçu environ 1,121 milliard de dotations publiques.

 

Les services de la Chambre ont annoncé hier en fin d’après-midi que l’audition du CEO de la SNCB, Jo Cornu, et de celui d’Infrabel n’aura plus lieu ce mercredi matin comme prévu. Ils devaient présenter la nouvelle stratégie des entreprises en Commission de l’Infrastructure au regard des économies imposées par le Fédéral et des lignes directrices arrêtées par la ministre de tutelle, Jacqueline Galant. L’audition a été reportée à la seconde moitié du mois d’octobre. La présidente de la Commission, Karine Lalieux (PS) nous a indiqué que la demande de report ne venait pas des dirigeants du groupe ferroviaire. "J’ai reçu jeudi passé une demande de report du groupe MR que j’ai soumise aux autres partis. Cela n’a pas fait de polémique et la décision a été prise. Je fixerai cette semaine une nouvelle date avec les 2 CEO", nous a-t-elle confié. Le report de l’audition arrange toutes les parties. D’après certaiens sources, la vision stratégique de la ministre Galant n’a été officialisée qu’à la mi-juillet. Il faudrait donc donner un peu de temps aux CEO pour l’intégrer dans leur stratégie d’autant plus qu’il y a eu aussi les deux mois de congé. Par la voix du député David Geerts, le sp.a a regretté le report des auditions.

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