Zen Car se recentre sur la vente de plateformes d'autopartage

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Après 8 ans à Bruxelles, Zen Car a dû accepter que les voitures partagées pour particuliers ne soient pas rentables. La société s’oriente vers une offre d’une plateforme complète de voitures partagées pour des clients professionnels, mais sans financer les voitures.

Active depuis 2011 à Bruxelles, la société de voitures partagées électriques Zen Car est arrivée au constat qu’elle n’arriverait tout bonnement pas à la rentabilité dans les relations des entreprises aux particuliers (B2C). Non pas que ce soit impossible en soi, mais "en Belgique, la voiture de société est une institution. Le Belge a vraiment du mal à se résigner à passer à l’autopartage. Le taux d’utilisation reste trop bas et il n’y a aucun incitant politique", analyse Laurent Carion, CEO de Zen Car.

Utilisation trop faible

Depuis que le cofondateur d’Energreen est arrivé à la tête de Zen Car il y a un peu plus d’un an, Zipcar, Ubeeqo et DriveNow ont toutes décidé d’arrêter leurs activités à Bruxelles. "Sur une journée de 18 heures, avec 6 heures pour la recharge, on a besoin d’un taux d’utilisation de 30 à 40% pour approcher la rentabilité et on reste dans les 15 à 20%", dévoile Carion. Surtout que le réseau de bornes, de voitures et la plateforme sont entièrement financés par Zen Car. Et si des acteurs qui ne se sont pas encombrés de véhicules électriques dans leur modèle n’y sont pas arrivés, on comprend que ce soit particulièrement difficile d’atteindre la rentabilité pour Zen Car.

La société a donc décidé depuis plusieurs années déjà de se tourner vers le "business to business" (B2B) également, en proposant ses produits (voitures, boîtiers, plateformes, etc.) en entreprise. Zen Car a une soixantaine de voitures chez des clients B2B. Son client référence est Décathlon, qui en possède déjà 6 et devrait passer à 15 dans le futur. "Le B2B est rentable mais extrêmement difficile à vendre. Il faut vendre la plateforme de partage et les véhicules électriques. Deux gros changements pour une entreprise", détaille Carion.

Le prix est élevé car on parle de voitures électriques et qu’il faut souvent installer des bornes. L’idée a donc émergé chez Zen Car de vendre la solution sans les voitures: la plateforme pour gérer les voitures en temps réel, les possibilités de proposer des trajets payants ou gratuits, uniquement aux employés ou à d’autres personnes selon les demandes des clients, etc.

Il a fallu développer l’IT en interne, ce que Zen Car ne faisait pas auparavant, ce qui a été l’occasion de passer à une version plus rapide, flexible et efficace. Le prix du service devient "hyper abordable", car Zen Car ne doit plus financer les voitures. La solution peut d’ailleurs être installée sur tous types de véhicules déjà présents dans les flottes ou à venir. Certains clients de Zen Car pourraient ainsi louer des voitures à des particuliers ou à des "utilisateurs amis" pendant les heures où elles ne sont pas utilisées. On pense par exemple aux communes. Les équipes de Zen Car démarchent à tour de bras. "On a déjà pour un million d’euros de devis", dit Carion.

Le service B2C restera opérationnel en 2020, promet le CEO. Une trentaine de voitures sont encore dans les rues et "les actifs sont remplacés quand cela est nécessaire". La société a eu jusqu’à 50 voitures électriques dans les rues. Une partie d’entre elles a été transférée vers les clients B2B. Zen Car se réserve le droit d’étudier les différentes options pour son service B2C à l’avenir. Les huit collaborateurs se concentrent désormais sur le B2B.

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