A la SNCB, "c'est un peu une dictature"

©BELGA

Des travailleurs qui n’osent pas s’exprimer, qui ne se sentent pas écoutés, des technologies obsolètes, une ponctualité des trains qui ne s’améliore pas…. Les travailleurs de la SNCB et d’Infrabel, à travers un reportage de la VRT, pointent les dysfonctionnement des chemins de fer belges.

Dans un reportage de la VRT, des membres du personnel de la SNCB et d’Infrabel se sont confiés sur les nombreux problèmes des deux sociétés, à travers des témoignages anonymes. "Les travailleurs n’osent pas parler. C’est un peu une dictature chez nous", confie l’un d’entre eux. Puis un autre: "J'ai encore et toujours le sentiment que c'est une vieille entreprise où les choses changent très lentement."

• Regardez ici le reportage de la VRT ou des extraits

Si l’initiative d’un tel reportage vient d’Infrabel, la société voulait toutefois "contrôler nos contacts avec les travailleurs", indique le journaliste de la VRT Wim Van den Eynde, qui ajoute: "Nous avons pu réaliser un grand reportage à propos des chemins de fer belges, avec une vision inédite dans les coulisses."

"J'en ai marre. J'en souffre physiquement. J'en fais des nuits blanches."
Jos Doncelle
manager de la ponctualité chez Infrabel

"Nous avons commencé à parler au personnel nous-mêmes et quelques travailleurs se sont exprimés sous couvert de l'anonymat", explique-t-il.

A travers ce reportage, on peut entrevoir les nombreux dysfonctionnements au sein des chemins de fer belges. Des travailleurs qui n’osent pas parler, qui ont une mauvaise image de la SNCB, qui ne se sentent pas non plus écoutés, des technologies obsolètes, une ponctualité des trains qui ne s’améliore pas…

Grève à la SNCB ce mardi 27 février

Pour rappel, une grève intersectorielle été décidée pour ce mardi 27 février par la CGSP/ACOD qui entend par ce biais dénoncer les plans du gouvernement fédéral autour des métiers lourds. La CSC et la CGSLB ne prendront pas part au mouvement.

"Nous ne sommes pas du tout autorisés à parler à la presse. S'ils découvrent cela, nous deviendrons des cibles. C'est un peu une dictature chez nous."
Travailleur anonyme

"Nous ne sommes pas du tout autorisés à parler à la presse. S'ils découvrent cela, nous deviendrons des cibles. C'est un peu une dictature chez nous", avoue l’un des travailleurs.

Certains hauts dirigeants des chemins de fer se sont aussi confiés à la VRT. Parmi ceux-ci, Jos Decelle, manager de la ponctualité chez Infrabel, qui déplore que les chiffres de la ponctualité ne s’améliorent pas. "J'en ai marre. J'en souffre physiquement. J'en fais des nuits blanches", déclare le manager.

Sophie Dutordoir, CEO de la SNCB, exprime à la fin du reportage sa grande compréhension à l’égard des travailleurs, mais dit toutefois: "C'est une culture que je ne qualifierais pas de dictatoriale. Mais elle reste très hiérarchique, avec très peu de place pour le feedback. C'est une culture où l'on sanctionne beaucoup."

"C'est une culture que je ne qualifierais pas de dictatoriale. Mais elle reste très hiérarchique, avec très peu de place pour le feedback. C'est une culture où l'on sanctionne beaucoup."
Sophie Dutordoir
CEO de la SNCB

Pour Dutordoir, il est impossible de construire une "entreprise moderne" de cette manière. "Il faut donc mobiliser toutes les personnes de bonne volonté, mieux les valoriser, leur donner plus de responsabilités et plus d'autonomie. C'est la nouvelle culture que je veux installer ici." "Je pense que nous vivons dans une époque où les gens doivent pouvoir s'exprimer librement."

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