Alstom rachète la division "transport" de Bombardier pour près de 6 milliards d'euros

Le nouveau groupe de construction de matériel ferroviaire devrait devenir le champion européen du secteur face aux géants chinois.

Quelques mois après l'échec de son projet de fusion avec la division transports de Siemens, Alstom a jeté son dévolu sur celle du Canadien Bombardier, en pleine restructuration. 

Le groupe français, constructeur du TGV notamment, a annoncé ce lundi soir un accord de rachat de Bombardier Transport pour un montant estimé entre 5,8 milliards et 6,2 milliards d'euros. Le rachat devra évidemment encore recevoir l'aval des autorités de la concurrence, européennes notamment.  

Au terme de l'accord entre les deux parties, la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui détient actuellement 32,5% de Bombardier Transport, doit devenir au terme de l'opération le premier actionnaire d'Alstom avec environ 18% du capital, reléguant le groupe Bouygues à moins de 10%. 

Avec près de 15 milliards de chiffre d'affaires, ce mariage Alstom-Bombardier doit notamment permettre de créer un groupe assez puissant pour faire face au mastodonte chinois CRRC dont le chiffre d'affaires atteignait l'équivalent de 28 milliards d'euros en 2018. CRRC réalise certes plus de 90% de ses ventes en Chine, mais il progresse dans le reste du monde et vient notamment de placer des tramways à Porto, au Portugal.

Recentrage

15 milliards
Chiffre d'affaires
Le nouveau groupe Alstom Bombardier affichera un chiffre d'affaires de près de 15 milliards d'euros

Ce rachat viendrait à point nommé pour les deux groupes.

Depuis la vente de sa division Énergie à l’Américain GE en 2016, Alstom s’est recentrée sur les transports. Le groupe français a pu effacer ses dettes et retrouver une situation bilantaire positive. Il est à la recherche depuis d’une acquisition pour se renforcer encore dans ce secteur.

Il y a quelques mois, Alstom avait mené des discussions très avancées avec Siemens pour reprendre les activités ferroviaires du groupe allemand. Mais, ce projet avait été refusé par la Commission européenne. Celle-ci avait alors pointé une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Pour Bombardier, les choses étaient moins "roses". Le groupe canadien actif dans l'aéronautique et dans le transport ferroviaire tente de se désengluer d'un endettement de plus de 9 milliards de dollars. Pour tenter de le réduire, le groupe s'est déjà défait de quelques-uns de ses "bijoux de famille" et opère un recentrage sur la construction d'avions d'affaires, ses activités les plus rentables. 

Bombardier a ainsi cédé de ses cours-courrier CRJ au profit de Mitsubishi Heavy. Une partie des déboires de la société canadienne vient du programme CSeries, des avions monocouloirs qui devaient rivaliser avec les petits modèles d'Airbus ou de Boeing. Mais ce troisième larron n'a pu conquérir sa place sur ce marché très compétitif. Il n'a donc eu d'autres solutions que de céder le programme Airbus...

En Belgique

Les deux groupes sont présents en Belgique. La fusion éveille évidemment l'attention des syndicats. 

Alstom dispose de deux sièges d'activités, l'un, commercial, à Bruxelles, l'autre de production, à Charleroi. Le groupe français y emploie près de 110 personnes. Le siège carolo compte pour deux centres d'excellence au sein du groupe, en matière de signalisation ferroviaire (le fameux système ETCS) et en matière de systèmes de traction. Alstom Belgique réalise un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros, dont 70% à l'international. 

L'usine Bombardier de Bruges est de plus petite taille, avec quelque 400 personnes et une cinquantaine en cours de recrutement. Elle est essentiellement active pour le marché belge, la SNCB et les sociétés de transports publics régionales. 

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