Bird, la trottinette électrique à un milliard de dollars

©Bloomberg

La start-up américaine de location de trottinettes en libre-service va franchir le cap du milliard de dollars de valorisation. Bird prévoit de se lancer sur 50 marchés cette année. Si le modèle économique de ce type de mobilité urbaine reste encore à démontrer, Bird pourrait affronter la concurrence d’Uber.

C’est du jamais vu dans la high-tech américaine. Moins d’un an après son lancement, la start-up Bird va déjà franchir le cap du milliard de dollars de valorisation. Soit trois fois plus qu’en mars. Selon l’agence Bloomberg, la jeune pousse finalise en effet une levée de fonds d’au moins 150 millions de dollars auprès d’importants fonds de la Silicon Valley afin de poursuivre son développement.

Bird est une plateforme de location de trottinettes en libre-service, fondée par Travis VanderZanden, ancien dirigeant de Lyft puis d’Uber. Elle a été lancée en septembre 2017 dans les rues de Santa Monica, avant de s’implanter dans d’autres villes comme San Francisco, Los Angeles et Washington. La société souhaite être présente sur 50 marchés d’ici à la fin de l’année. "Nous ne serons pas satisfaits tant qu’il n’y aura pas plus de trottinettes que de voitures", promettait en avril son patron, interrogé par le New York Times.

Géolocalisées, les trotinettes se louent à travers une application mobile. Et peuvent être laissées sur n'importe quel trottoir. ©REUTERS

Les trottinettes électriques de Bird se louent par l’intermédiaire d’une application mobile. La location coûte un dollar, puis 15 cents par minute. Elles peuvent atteindre une vitesse de 25 kilomètres par heure. Une fois le trajet terminé, il suffit simplement de laisser la trottinette sur n’importe quel trottoir. En avril, l’entreprise revendiquait plus d’un million de trajets effectués. Un chiffre encore modeste. Mais les investisseurs, soucieux de ne pas rater ce qui pourrait être la prochaine vague de la mobilité urbaine, parient sur le potentiel de croissance.

Non-respect des règles

Bird n’est pas la seule sur ce marché. Deux autres start-ups américaines, LimeBike et Spin, proposent des services similaires. Une course de vitesse s’est ainsi engagée entre les trois rivaux. Il est donc important de récolter des capitaux pour pouvoir se lancer le plus rapidement possible sur de nouveaux marchés. Après avoir levé 130 millions de dollars, LimeBike négocie actuellement un nouveau tour de table de plusieurs centaines de millions de dollars.

1 million
C’est le nombre de trajets revendiqués par Bird en avril. Les investisseurs parient sur le potentiel de croissance de ce qui pourrait devenir la prochaine vague de mobilité urbaine.

Ce développement à marche forcée s’est aussi effectué sans se soucier des réglementations. Une stratégie employée à leurs débuts par Uber et Lyft. "C’est une vieille tactique de certaines entreprises high-tech arrogantes: elles préfèrent demander pardon plutôt que de demander l’autorisation", déplore Aaron Peskin, conseiller municipal à San Francisco. Dans la ville, toutes les trottinettes devront être retirées des rues lundi prochain et les plateformes devront ensuite demander une autorisation. À Santa Monica, Bird a dû payer une amende de 300.000 dollars.

Concurrence et modèle économique lacunaire

Ces plateformes posent d’autres problèmes. Sur les réseaux sociaux, les messages se multiplient pour dénoncer des trottinettes mal garées devant les sorties d’immeubles ou de garage, au milieu du trottoir ou sur des places de parking… Par ailleurs, de nombreux utilisateurs circulent sur les trottoirs, zigzagant entre les piétons. "Dans les années 1900, les gens avaient des réactions similaires face aux voitures", répond Travis VanderZanden.

De nombreux utilisateurs de Bird circulent sur le trottoir, en zigzaguant entre les piétons. Une nuisance dont se plaignent des internautes sur les réseaux sociaux. ©Bloomberg

L’intérêt pour les trottinettes intervient alors que le modèle, importé de Chine, des vélos "flottants" (en libre-service sans bornes de stationnement) peine toujours à faire ses preuves. Les trottinettes offrent des coûts d’achat et de maintenance inférieurs. Mais le modèle économique de ces plateformes reste encore à démontrer. "Il est fréquent de sous-estimer les coûts", prévient l’investisseur Bill Gurley.

Comme les vélos, les trottinettes sont en effet l’objet de dégradations. Elles doivent être rechargées par des travailleurs indépendants et à San Francisco, le conseil municipal vient d’imposer une assurance obligatoire pour tous les clients. Autre défi: la possible concurrence d’Uber et de Lyft. Uber, qui vient de racheter le service de vélos Jump, dit étudier toutes les options. Et Lyft a entamé les démarches pour obtenir un permis à San Francisco, selon le site spécialisé The Information.

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