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Brieuc de Meeûs, CEO de la Stib: "Je n'ai pas de crainte concernant la reprise de la fréquentation"

Même si la Stib connait une baisse drastique de fréquentation, cela n'a pas entraîné de baisse de régime pour son patron, Brieuc de Meeûs. ©Jef Boes

En partie confiné, le boss de la Stib Brieuc de Meeûs espère sortir petit à petit de la gestion de crise pour relancer des projets importants à moyen terme.

"Il faut que le capitaine soit présent, mais aussi qu'il applique les mêmes règles de précaution que les autres", considère Brieuc de Meeûs. Le CEO de la Stib continue donc en partie de travailler à l'Atrium, nom donné par les Stibiens au siège social de la rue des Colonies. Mais la majeure partie du temps, le directeur général travaille de la maison, comme l'ensemble du personnel administratif.

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Même si la société bruxelloise de transport public connait une baisse drastique de fréquentation, cela n'a pas entraîné de baisse de régime pour son patron. "La journée commence à 8h30 par une réunion Covid avec tout le management de la Stib, la communication et le service interne pour la prévention et la protection au travail. On fait le point sur les opérations de la veille et du jour, on regarde combien de personnes sont disponibles pour la conduite et les véhicules qui vont pouvoir sortir. On s'assure que l'entretien et le nettoyage seront garantis et on passe en revue les problèmes opérationnels."

C'est le maintien de la distance entre passagers qui occupe pas mal les équipes pour le moment. La Stib a récemment limité leur nombre par véhicule, mais la règle ne serait pas si simple à faire respecter. "Nous avons des troupes sur le terrain et parfois l'aide de la police quand c'est nécessaire. On essaie de conscientiser un maximum. Mais certaines personnes estiment qu'elles doivent absolument prendre le tram à cette heure-là et que les autres n'ont qu'à descendre."

Après avoir passé les dix premiers jours de la crise à réorganiser complètement l'entreprise, Brieuc de Meeûs espère relancer petit à petit des projets importants pour la Stib à moyen et long terme. "Mais pour ce qui est des chantiers, métro y compris, c'est complètement à l'arrêt. Et la plupart de nos projets seront retardés pour différentes raisons, notamment des problèmes d'approvisionnement. Toute la chaîne logistique tourne au ralenti. On est parfois coincés parce qu'il manque des pièces comme, par exemple, des composants électroniques venant de Chine."

"Un besoin essentiel"

"Dans un an ou deux, on aura rejoint la courbe de croissance même si on aura un trou pour la période actuelle."
Brieuc de Meeûs
CEO de la Stib

Vis-à-vis de l'avenir, Brieuc de Meeûs se dit très confiant. "Je n'ai pas de crainte concernant la reprise de la fréquentation une fois que ce sera stabilisé même si on ne sait pas quand cela aura lieu. On avait constaté une reprise très rapide après les attentats, car la mobilité est un besoin essentiel pour les gens et on est là pour y répondre. Dans un an ou deux, on aura rejoint la courbe de croissance même si on aura un trou pour la période actuelle."

Le confinement, le CEO de la Stib ne s'en plaint pas. "J'ai un grand jardin dans lequel j'adore travailler et je suis conscient que c'est une énorme chance!" Le reste du temps, il compte sur Ken Follet pour s'évader. Après avoir englouti la saga des "Piliers de la Terre", c'est une plongée dans l'Angleterre du XVIIe siècle et l'Amérique esclavagiste qui s'opère avec "Le Pays de la Liberté". "C'est toujours la même formule, ce n'est pas très intello, mais ça fonctionne parfaitement", confie l'ingénieur électromécanicien qui conserve un autre dada: la consultation quotidienne des rapports d'incidents dans le domaine de l'aviation.

Le boss de la Stib émet quand même un regret concernant un concert annulé à Bozar: "La Passion de Saint-Jean" par Masaaki Suzuki. "La manière dont il interprète Bach est fascinante et il ne vient pas très souvent en Belgique."

 

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