Brussels Airport ne s'attend pas à un retour à la normale avant 2024

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Il faudra attendre 2024 avant de voir le nombre de passagers revenir au même niveau que celui de 2019 à Brussels Airport, a indiqué mardi son CEO Arnaud Feist, en commission Mobilité et Affaires sociales de la Chambre.

Il pointe par ailleurs une certaine difficulté en termes de concurrence du fait de l'interdiction faite aux Belges de voler vers certains pays, contrairement à d'autres États membres de l'UE.

Début mars, l'activité à Brussels Airport est devenue quasi nulle en peu de temps en raison de la pandémie de coronavirus. Depuis la réouverture des frontières de l'espace Schengen le 15 juin, il y a eu une légère reprise. "Nous sommes maintenant à environ 10% de la capacité normale, mais c'est encore loin de la fréquentation nécessaire pour assurer la rentabilité de l'aéroport."

Selon M. Feist, on ne pourra parler de véritable reprise que lorsque l'aéroport reviendra à "50, 60 ou 70% de sa capacité habituelle". "Pour juillet, nous prévoyons 82% de passagers en moins, soit 18% de l'activité normale. En août, nous pourrions atteindre 25% de notre activité et, d'ici la fin de l'année, environ la moitié d'un mois de décembre normal", a déclaré le CEO. Ce n'est donc pas avant 2024 qu'il s'attend à un retour aux niveaux de 2019 (26,4 millions de passagers).

"Il s'agit de la pire perte de notre histoire"
Arnaud Feist
CEO de Brussels Airport

200 millions perdus

La crise du coronavirus aura en tout coûté 200 millions d'euros, estime Brussels Airport. "Il s'agit de la pire perte de notre histoire", a déclaré Arnaud Feist. Il ajoute toutefois que "nous avons pu constituer des réserves au cours des dernières années et l'avenir de notre entreprise n'est dès lors pas en péril pour l'instant."

Le directeur général demande néanmoins au gouvernement un certain nombre de mesures pour assurer un avenir fort à l'aéroport de Zaventem, avec notamment un soutien à Brussels Airlines (principale compagnie aérienne de passagers à l'aéroport), l'extension du système de chômage temporaire dans le secteur de l'aviation et des conditions de concurrence équitables en Europe pour les voyages internationaux.

Il pointe à ce sujet le fait que la Belgique n'a pas encore autorisé les vols vers certains pays, contrairement à d'autres États membres de l'UE. "Cela rend la tâche très difficile en termes de concurrence car plusieurs aéroports de nos pays voisins sont autorisés à effectuer des long-courriers, et nous pas", explique-t-il. "C'est quelque chose que nous ne comprenons pas très bien."

Une concurrence féroce

Les mesures demandées vont néanmoins au-delà de la seule crise du coronavirus. Arnaud Feist note que Brussels Airport a perdu des parts de marché ces dernières années, bien que le nombre de passagers ait augmenté. Alors que l'aéroport était encore le 11e plus grand d'Europe en 2000, il est tombé à la 21ème place en 2018. "Nous sommes entourés par des acteurs importants tels que Schiphol, Paris et Francfort."

M. Feist appelle dès lors à une politique aéronautique ambitieuse et cohérente qui réponde aux avantages géographiques de la Belgique et clarifie les itinéraires de vol et les normes de bruit.

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