Climat de méfiance autour des banques françaises

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Selon le FT, Siemens aurait retiré 500 millions d'euros de la Soc Gen. La Bank of China limite ses opérations avec certaine banques françaises.

Climat de défiance autour des banques françaises. En effet, la Bank of China, l'une des quatre grandes banques commerciales chinoises, a interrompu certaines opérations de change, les "swaps" et les opérations à terme sur les changes (forward), avec la Société Générale, le Crédit Agricole et la BNP, rapporte mardi un quotidien économique chinois.

"D'après plusieurs courtiers, à cause de l'aggravation de la crise de la dette en Europe, la Bank of China, qui est l'un des principaux acteurs du marché interbancaire, a provisoirement suspendu une partie de ses opérations de change avec des banques européennes, dont les opérations à terme et les swaps".

Les trois banques françaises concernées ont "récemment vu leur note abaissée par l'agence Moody's", précise le 21 Shiji Jingji Baodao. L'agence de notation a dégradé la semaine dernière la Société Générale et le Crédit Agricole, tout en prolongeant son examen sur BNP Paribas.

Le "swap" est une opération entre deux parties qui porte sur des flux financiers (monnaies, taux d'intérêt, etc) et qui est utilisé comme moyen de protection contre les aléas de la conjoncture.
Selon l'agence Dow Jones, la décision a été notifiée par la Bank of China la semaine dernière et la suspension des opérations est devenue effective lundi.

D'autres informations de presse annonçaient que le groupe allemand aurait retiré 500 millions d'euros de la Société générale pour les placer auprès de la Banque centrale européenne (BCE).

 

La solvabilité de Soc Gen en question

Le groupe allemand Siemens a néanmoins qualifié mardi de "spéculation" cette information du Financial Times. "Nous devons considérer cela comme une spéculation que nous ne commenterons pas car il n'y a pas de source identifiée" dans l'article du Financial Times, a déclaré un porte-parole de Siemens, sans toutefois démentir formellement cette information.

Le quotidien, qui affirme avoir été informé par une personne ayant une connaissance de première main de l'opération, écrit que Siemens a été poussé à une telle décision en raison d'inquiétude sur la solvabilité de cette banque mais aussi parce que les taux d'intérêts servis par la BCE sont plus élevés.

Contactée, la BCE a refusé de commenter.

Selon l'agence Dow Jones Newswires qui cite une source proche du dossier, cet argent a été retiré de la Société générale avant le résultat des tests de résistance des établissements bancaires européen mi juillet.

Spécialisé dans les équipements électriques et médicaux, Siemens est titulaire d'une licence qui lui permet de déposer directement de l'argent auprès de la banque centrale sans passer par un intermédiaire, a précisé son porte-parole.

Le groupe se refuse toutefois à communiquer sur le montant de ses dépôts auprès de la BCE.

Le journal n'identifie pas la banque française qui aurait été victime de la décision du groupe allemand.

Interrogé sur la radio française RTL, le président du conseil d'administration de la banque BNP Paribas a dit "ne savoir absolument rien" de cette affaire.

Le nouveau propriétaire américain du site Meetic, Match.com, veut que le portail de rencontres place son argent dans une banque américaine et non française, a indiqué mardi le fondateur du groupe français, Marc Simoncini, sur la radio BFM Business.
Alors que les investisseurs s'inquiètent de la santé financière des banques européennes, M. Simoncini a rapporté que la société française avait reçu un email "ce week-end" de Match.com qui s'inquiétait de savoir où était "le cash de Meetic".
"Ils ont reçu chez Meetic un mail ce week-end des Américains, nouveaux propriétaires, qui s'inquiétaient de savoir où était l'argent, le cash de Meetic", a affirmé M. Simoncini, qui détient encore 7% du site de rencontres qu'il a fondé en 1995.
Dans son courriel, Match.com demande à Meetic de quitter sa banque française pour placer son argent dans un établissement financier américain, selon M. Simoncini.
Les propriétaires américains "suggéraient ou imposaient (...) de bouger cet argent de la banque française dans laquelle on est vers une banque américaine", indique-t-il. Marc Simoncini n'a pas en revanche précisé quelle banque était concernée.
"Il n'y a eu aucun transfert de fonds effectué d'une banque vers une autre", a confié à l'AFP mardi Philippe Chainieux, le directeur général de Meetic, confirmant néanmoins que le site de rencontres avait bel et bien reçu une demande de son principal actionnaire américain.
"Match.com a effectivement demandé ce week-end notre positionnement de trésorerie dans les différentes banques que nous utilisons et leurs conditions de rémunération pour comparer avec les conditions de rémunération aux Etats-Unis", a expliqué M. Chainieux.
Cet examen "n'a aucun lien avec la solvabilité ou pas des banques européennes. Il ne traduit pas non plus une quelconque panique", a assuré Philippe Chainieux, refusant de donner les noms des établissements financiers abritant les comptes du groupe.

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