Comment Galant va faire le ménage à la SNCB

Jacqueline Galant (MR), répond à la colère des syndicats de cheminots: "Les syndicats doivent se rendre compte que des réformes sont nécessaires pour préserver le rail ainsi que des dizaines de milliers d’emplois de la faillite. Je ne veux pas être la ministre qui en fin de mandat devra constater le décès de la SNCB".

La SNCB dispose d’une liste de 200 pages de bâtiments et terrains inutilisés ou abandonnés. Ils seront mis en vente.

"Je suis votre alliée." C’est par ces mots que la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR), répond à la colère des syndicats de cheminots qui ont lancé une série de grèves tous les samedis en réponse au plan de réformes préparé par le gouvernement. "Les syndicats doivent se rendre compte que des réformes sont nécessaires pour préserver le rail ainsi que des dizaines de milliers d’emplois de la faillite. Je ne veux pas être la ministre qui en fin de mandat devra constater le décès de la SNCB. Beaucoup de membres du personnel sont d’ailleurs contents qu’un vent de réforme souffle enfin. Parmi la jeune génération, on trouve beaucoup de gens qui ont travaillé dans le secteur privé et ont vécu l’expérience d’une faillite. Ils comprennent qu’un changement s’impose. Le problème, c’est l’ancienne génération qui est restée bloquée dans la vieille culture syndicale conservatrice."

• Jacqueline Galant n’exclut pas des hausses tarifaires. "À condition que les objectifs de ponctualité, de sécurité et de propreté soient atteints", précise-t-elle. "Une meilleure ponctualité ne doit d’ailleurs pas nécessairement coûter beaucoup d’argent. La productivité doit augmenter, tant du personnel que du matériel roulant. Ce n’est plus possible qu’un train en réparation reste immobilisé pendant des mois dans les ateliers."

La ministre annonce aussi des coupes dans les investissements. Mais elle reste prudente en matière de chiffres. "Mis à part les projets qui sont déjà en cours, nous reprendrons tout à partir d’une feuille blanche. Les gares, le réseau ferroviaire, les ateliers, les autres infrastructures, tout sera passé au crible. L’actuel plan d’investissement 2013-2025, qui passe à la trappe, comprenait une enveloppe de 26 milliards d’euros. Nous allons le remplacer par un plan quinquennal. Il reste à voir quel montant sera dégagé pour ce plan, mais ce sera certainement moins que ce que prévoit le plan actuel. Il avait été décidé de dégager 1 milliard d’euros d’ici 2019 pour étendre l’infrastructure. Personne n’est parvenu à m’expliquer pourquoi. À côté de cela, un autre milliard était prévu pour la construction de nouveaux ateliers. Alors qu’à Ottignies, un nouvel atelier est déjà fin prêt. Sauf que les trains ne peuvent pas y entrer parce qu’il n’y a pas de rails… C’est à pleurer quand on voit l’argent gaspillé. Cela doit cesser. Tout ce qui n’apporte pas de plus-value sera barré."

Et Jacqueline Galant de se remémorer une visite chez CLI de Petite-Île, à Bruxelles, un centre de formation d’Infrabel. "Sous la direction d’un jeune manager et grâce à l’introduction d’un système informatique, l’endroit s’est transformé de souk arabe en magasin hyperefficace. En un an, 11 millions d’euros ont ainsi été économisés."

À entendre la ministre, c’est un grand ménage qui attend la SNCB. "Nous sommes en train de faire l’inventaire de tout. Pour vous donner une idée: la SNCB dispose d’une liste de 200 pages de bâtiments et terrains inutilisés ou abandonnés. Ils seront mis en vente. Mais pour l’instant, la SNCB et Infrabel demandent des prix qui ne sont pas réalistes. En pratiquant des prix raisonnables, nous pourrons vendre et rembourser une partie de la dette. Je suis convaincue que cela peut rapporter des centaines de millions d’euros. Dans ma commune, je compte reprendre un terrain de la SNCB pour y installer un parking."

Thijs pas pressenti

Par ailleurs, la ministre libérale ne prévoit pas dans l’immédiat une arrivée de Johnny Thijs dans le conseil d’administration de la SNCB. "Le gouvernement fédéral doit encore désigner un administrateur. En raison des nécessaires équilibres, ce poste doit aller à une femme. C’est dommage pour Monsieur Thijs. Je l’ai consulté régulièrement pour établir ma vision stratégique. J’apprécie son expertise, mais je n’ai pas l’impression qu’il s’ennuie pour le moment."

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