La famille Agnelli (Ferrari) entre au capital de Cowboy

Avec cette nouvelle levée de fonds, Adrien Roose a déjà récolté plus de 35 millions d'euros depuis la création de Cowboy.

La start-up bruxelloise de vélos électriques Cowboy vient de finaliser une nouvelle levée de fonds. Cette fois, les investisseurs ont injecté 23 millions d’euros.

Cowboy passe sur le grand plateau. La marque bruxelloise de vélos électriques tendance vient d’annoncer la clôture d’une nouvelle levée de fonds. La série B s’élève à 23 millions d’euros.  L’opération financière est impressionnante, surtout en cette période de pandémie.

Adrien Roose, le cofondateur de la société, assure d’ailleurs avoir eu quelques incertitudes sur la bonne clôture de sa levée de fonds, initiée il y a six mois. "J’ai eu peur que le deal ne se fasse pas", avoue-t-il. "On s’est posé beaucoup de questions. Au début du confinement, nous n’étions pas du tout sûr que ça allait se terminer positivement pour nous. Les discussions ont été mises en pause en mars et avril", détaille-t-il.

35 millions
d'euros
Avec cette nouvelle opération, Cowboy porte le total investi dans son projet à plus de 35 millions d’euros.

Au final, l’opération financière est bien bouclée grâce notamment à un engouement démesuré pour la petite reine durant le confinement. "Cette période aura amené une surprise positive avec un boom des achats de vélos électriques. On craignait que ça chute très fort car on avait arrêté nos efforts marketing. Malgré ça, on a triplé nos ventes", glisse encore le patron.

De Ferrari à Cowboy

Les bons chiffres ont donc convaincu plusieurs nouveaux investisseurs. Pour ce tour de table, ils sont cinq à avoir injecté des capitaux : Exor Seeds, HCVC, Index Ventures, Isomer Capital et Future Positive Capital. Des noms qui sont connus pour la plupart dans le monde des start-ups.

Exor Seeds est toutefois un partenaire un peu plus surprenant. Ce fonds détenu par la famille italienne Agnelli est notamment l’un des plus importants actionnaires de "The Economist", le club de football de la Juventus de Turin ainsi que de l’emblématique marque Ferrari.

À quoi servira l'argent?

L’injection des capitaux frais aura un triple intérêt. La société souhaite d’abord continuer à engager massivement. "Nous sommes pour l’instant 65 chez Cowboy. Nous allons recruter une trentaine de personnes en un an", assure Adrien Roose.

"J’ai eu peur que le deal ne se fasse pas."
Adrien Roose
Cofondateur de Cowboy

Le patron souhaite également profiter de cette série B pour continuer le développement de son réseau de vente. La société s’appuiera encore davantage sur son principe de test réalisable à domicile pour les habitants d’une soixantaine de villes. "En plus de ça, nous comptons aussi étendre le réseau de magasins physiques", précise encore le patron. La marque dispose actuellement d'un seul point de vente, le long du canal de Bruxelles où elle a installé son premier "Saloon" il y a une grosse année.

Les 23 millions d'euros serviront enfin à poursuivre la recherche et le développement. L’entreprise a lancé le mois dernier la troisième version de son deux-roues électrique.

Une appli améliorée

À chaque nouvelle sortie, la marque s’efforce d’améliorer son produit, aussi bien sur la partie technique que technologique. En plus d’un nouveau système de transmission, Cowboy a ainsi complètement revu son application connectée au vélo.

"Déverrouillage automatique, alerte antivol, détection d’accidents et cartographie de la qualité de l’air sont à présent disponibles pour les clients nouveaux et existants", explique la marque qui précise également travailler sur un système de dépannage à domicile via réservation en ligne.

"Nous comptons étendre le réseau de magasins physiques."
Adrien Rosse

Avec cette nouvelle opération, Cowboy porte le total investi dans son projet à plus de 35 millions d’euros. En série A, la société avait déjà réuni 10 millions d’euros auprès des investisseurs. Il y a quelques mois, elle s’était directement tournée vers le public dans le cadre d’un crowdfunding. La start-up belge avait alors récolté plus de 4,5 millions, trois fois plus qu’espéré.

Trois questions à Adrien Roose, CEO et cofondateur de Cowboy

Vous intégrez dans vos investisseurs le fonds d’investissement de la famille Agnelli, propriétaire de Ferrari et de la Juventus. C’est un choix surprenant?
Non ce n’est pas si surprenant. Nous sommes allés frapper à leur porte car il y a pas mal de synergies entre nous. Agnelli étant l’un des plus gros conglomérats industriels, on espère aussi avoir accès à certaines personnes, à des fabricants, etc.

Les ambitions de Cowboy restent-elles les mêmes qu’avant la levée de fonds?
On vise la rentabilité en 2021, c’est notre grand objectif qui dépend d’une équation entre le nombre de ventes, nos coûts opérationnels et le développement des produits. On reste sur notre ambition de designer les meilleurs produits possible en mobilité urbaine.

Bruxelles va passer en zone 30 pour 85% de ses voiries. C’est une aubaine pour vous?
C’est génial. Il y aura des mécontents, mais ce que les automobilistes ne comprennent pas, c’est que la vitesse moyenne du trafic dans une capitale comme Bruxelles est entre 10 et 15 km/h, pas plus. De telles mesures sont extrêmement importantes pour nous car ce qui freine encore l’adoption du vélo par un nombre plus important de personnes, c’est le sentiment d’insécurité.

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