Daimler se jette dans la bataille du semi-remorque électrique

Les essieux du 26 tonnes eActros de Daimler qui sera commercialisé cette année avant le semi-remorque eCascadia en 2021. ©Daimler AG

Tesla avait fait sensation avec son semi-remorque électrique présenté en novembre. Mais la vieille garde, Daimler en tête, entend prouver à tout le monde qu’elle restera leader et précurseur dans le secteur, même dans les camions électriques.

Si les voitures électriques attirent l’attention des médias, une autre bataille se livre aussi pour la mobilité de demain dans les camions.

Ce mercredi soir, Daimler Trucks (Mercedes-Benz et Mitsubishi Fuso) a ainsi dévoilé un semi-remorque entièrement électrique promis à la production en 2021. Ceci alors que Fuso (que Daimler a conservé après s’être séparé de ses parts dans Mitsubishi) a déjà commercialisé l’eCanter auprès de clients triés sur le volet aux Etats-Unis, en Europe et au Japon et que Daimler aura dès cette année un 26 tonnes (eActros) en portefeuille. Mercedes-Benz va créer une division dédiée aux camions électriques baptisée E-Mobility Group (EMG).

À coups de milliards

Le Tesla Semi dévoilé en novembre dernier est prévu pour 2020. ©REUTERS

Il s’agit, comme dans l’automobile, de ne pas se laisser distancer par Tesla. La société californienne a en effet promis un semi-remorque du nom de Semi pour 2020 avec une autonomie de 800 kilomètres contre 643 kilomètres annoncés par le Freightliner eCascadia de Daimler. Tesla a indiqué que son Semi serait 20% moins cher qu’un équivalent diesel.

Les deux constructeurs ne sont pas seuls dans la bataille. Le groupe Volkswagen, en partenariat avec Navistar International, travaille également sur des camions électriques. Le premier modèle, de taille moyenne, est attendu en 2019. Volkswagen, qui envisage de placer en Bourse son activité camions, a déjà acheté 16% de Navistar en 2016 et n’exclut pas d’en prendre le contrôle à l’avenir.

"Nous voulons un rôle de premier plan dans le domaine des camions et des autobus électriques."
Martin Daum
responsable Trucks & bus de Daimler

La guéguerre entre les différents constructeurs se mène à coups de milliards d’euros. Daimler Trucks va investir 2,5 milliards d’euros en recherche et développement en 2018 et 2019, dont plus de 500 millions d’euros dans le domaine des camions autonomes et/ou électriques.

Volkswagen dépensera 1,4 milliard d’euros d’ici 2022 dans le domaine des moteurs électriques, des véhicules autonomes et les systèmes basés sur le cloud.

La Belgique sera-t-elle impliquée dans le futur électrique des camions? Volvo Trucks, qui est séparé de Volvo Cars depuis 1999, produit des camions à Gand. Volvo AB, la maison mère suédoise, a dévoilé deux camions électriques en l’espace de trois semaines en avril et en mai. Il s’agit d’un 16 tonnes et d’un 27 tonnes. Prévus pour des usages urbains, ils auront respectivement jusqu’à 300 et 200 kilomètres d’autonomie. Ils seront commercialisés dès l'année prochaine, mais en nombre restreints.

Néanmoins, ces camions développés en Suède seront construits en France, où Volvo produit déjà ce type de véhicules (le FL et le FE) dans leurs versions thermiques. Gand se spécialise dans d’autres camions, à savoir les séries FH ou FM. Renault Trucks, filiale de Volvo AB, travaille de concert avec Volvo Trucks pour le développement des camions électriques.

L'eActros. ©Daimler AG

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