Encore un préavis de grève à la SNCB... ou deux!

©BELGA

Le syndicat minoritaire des cheminots OVS-SIC dépose un préavis de grève de 24 heures dès le 27 juin à 22h. Quelques heures après, le SACT annonçait une grève de 48 heures dès le 22. La cause est la même: une proposition de la direction liée à la productivité du personnel roulant. La CGSP se donne le temps de la réflexion.

Cafouillis dans le rang syndical des cheminots où les dépôts de préavis de grève s'enchaînent sans trop de coordination. Tentons de s'y retrouver:

→ Le syndicat minoritaire des cheminots OVS-SIC (Syndicat Indépendant des Cheminots) a déposé un préavis de grève de 24 heures pour les conducteurs de train. Le mouvement sera ainsi lancé le mercredi 27 juin à 22h00.

Le syndicat veut protester contre une proposition de revalorisation pour le personnel roulant avancée par la direction, en échange de davantage de productivité. La date du 27 juin a été choisie pour, selon le syndicat, éviter "autant que possible des désagréments pour les étudiants".

"Lors de la sous-commission paritaire nationale du 6 juin, une proposition de revalorisation pour le personnel a été imposée. Cette proposition a été rejetée par une majorité du personnel concerné", explique-t-on au SIC. Le syndicat réclame le retrait de cette proposition et le début de nouvelles négociations "aboutissant à une proposition largement soutenue par le personnel".

→ Quelques heures plus tard, c'est au tour du Syndicat autonome des conducteurs de train de déposer un préavis de grève pour les mêmes motifs. Sauf que le SACT dépose, lui, un préavis de 48 heures commençant le 22 juin à 3 heures. "Il n'y a pas eu de concertation avec le SIC. Nous avons appris ce matin qu'ils déposaient un préavis", a commenté le porte-parole du SACT.

Le SACT affirme qu'un conducteur de train sur trois est affilié chez lui.

→ Du côté de la CGSP, aucune action n'est à l'ordre du jour. "Lors de la sous-commission paritaire, la direction de la SNCB est en effet revenue avec de nouveaux éléments", explique Pierre Lejeune, secrétaire national à la CGSP Cheminots. Le syndicat socialiste a ainsi demandé du temps afin d'analyser et discuter cette proposition avec ses affiliés. Il réserve sa réponse pour la prochaine rencontre de la sous-commission le 4 juillet, avant la réunion de la commission paritaire nationale le 11 juillet. 

→ La CSC et le SFLP semblent déjà avoir approuvé le texte.

Le ministre de la Mobilité, François Bellot, déplore ces actions à des dates différentes. "Chaque fois alors que les examens seront en cours," déclare-t-il. Il assure toutefois que le service minimum devrait pour la première fois être garanti.  Pour garantir ces prestations de services, les employés doivent, au plus tard 72 heures avant le début de la grève, faire savoir s'ils prennent part au mouvement ou non. Un plan de transport peut ensuite être élaboré. "Nous sommes prêts", indique-t-on chez HR Rail.

Entre la "revalorisation", les pensions et les "aptitudes physiques"

S'il est difficile de s'y retrouver dans cette désorganisation syndicale, la superposition des dossiers n'aide pas davantage. Ainsi, se bousculent aussi sur le bureau des syndicats le volet "pension" et celui des "aptitudes physiques". 

  • Pensions: 

Fin mai, la CGSP avait indiqué, dans le cadre du dossier sur la problématique des pensions, réfléchir au dépôt d'un préavis de grève avec une possible action mi-juin. Aucune date précise n'avait été avancée.

Pierre Lejeune indique aujourd'hui qu'aucun préavis n'a encore été déposé. "Nous souhaitons laisser la place à une plus grande solidarité et voir donc avec d'autres intersectorielles afin d'arriver à un mouvement plus large."  

  • Règlement sur l'inaptitude physique:

 La direction d'HR-Rail a confirmé ce lundi l'application au 1er août prochain de la nouvelle réglementation concernant le reclassement des cheminots inaptes physiquement, annonce Philippe Dubois, secrétaire permanent régional de la CGSP Cheminots Bruxelles.

D’après le syndicat socialiste, cette nouvelle réglementation affirme qu'un agent reclassé aura la garantie de percevoir que 90% du taux de traitement acquis à la date de déclassement. La CGSP parle d'une perte potentielle de 10% de son salaire et craint que des agents soient tentés de cacher leur état de santé afin de ne pas être sanctionnés financièrement.

Le personnel reclassé subira aussi d'autres désagréments, invoque le syndicat, notamment en matière d'avancement ou de droit aux mutations.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect