Euronav s’allie à Blackstone pour agrandir sa flotte

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Euronav se prépare à acquérir cinq nouveaux pétroliers pour 255 millions de dollars. L’opération confirme son leadership mondial.

Euronav poursuit sur sa lancée. Moins d’un mois après avoir acquis quinze pétroliers géants pour près d’un milliard de dollars, l’armateur anversois a l’intention de réaliser une nouvelle acquisition de taille.
Euronav s’est porté candidat pour reprendre cinq navires appartenant à Overseas Shipholding Group (OSG), un transporteur américain en faillite. L’information est parue dans un document de la Securities and Exchange Commission (SEC).

La société de Marc Saverys met sur la table 255 millions de dollars pour l’achat de trois Very Large Crude Carriers (VLCC) et deux Aframax. L’acquisition sera payée en cash à raison de 70% et le reste en actions d’Euronav. Elle nécessitera une augmentation de capital. Environ 5 à 6 millions de nouvelles actions Euronav pourraient être émises.

Le montant sera versé à l’Export-Import Bank of China, la banque d’État chinoise qui a prêté à OSG l’argent nécessaire pour faire face à sa faillite. OSG est tombé en faillite en 2012, au plus fort de la crise économique. Il s’est placé sous la protection du "Chapter 11", ce qui lui permet de se réorganiser tout en étant à l’abri de ses créanciers.

"Nous continuons à nous intéresser à la consolidation du secteur, même si cette acquisition est moins importante que la précédente", nous a confié le CFO d’Euronav, Hugo De Stoop.

Mais elle est encore loin d’être finalisée. Dans les semaines qui viennent, d’autres candidats pourraient faire une offre supérieure à celle d’Euronav, moyennant l’accord du juge, et emporter le contrat. Le transporteur belge pourra surenchérir. "Mais au-delà d’une certaine limite, nous nous arrêterons", précise le CFO.

Des bateaux récents
Euronav est cependant en bonne position pour l’emporter. "L’avantage d’être le premier à se porter candidat, c’est de pouvoir étudier le dossier plus longtemps" ajoute-t-il.

Le prix offert est plus bas que le prix du marché: un VLCC fabriqué en Chine, pareil à ceux d’OSG, vaut environ 75 millions d’euros. C’est dix millions de plus que le prix offert par Euronav.

Le VLCC, capable de transporter entre 200.000 et 340.000 tonnes de pétrole, a été conçu pour faire la route entre le Golfe Persique et les Etats-Unis. "Près de 40% du pétrole consommé aux Etats-Unis provient encore du Moyen-Orient", souligne Hugo De Stoop. L’Aframax, d’un moindre tonnage (entre 80.000 et 120.000 tonnes), est conçu pour des distances plus courtes. Mais l’un comme l’autre peuvent être aussi utilisés pour transporter du pétrole d’Afrique de l’Ouest vers la Chine, une route de plus en plus prisée en raison du dynamisme de l’économie chinoise.

Les navires qu’Euronav compte racheter sont récents. Les VLCC ont été construits en 2010, 2011 et 2012. Les Aframax en 2009.

Blackstone prêt à entrer dans Euronav
L’opération aura une conséquence directe sur la structure de l’actionnariat d’Euronav. Pour mener à bien cette acquisition, l’entreprise s’est alliée au fonds d’investissement américain Blackstone, détenteur d’une partie de la dette d’OSG. Selon l’accord entre les deux parties, Blackstone montera au capital d’Euronav si le rachat des cinq navires aboutit.

L’arrivée de ce poids lourd de la finance américaine coïncide avec la croissance récente d’Euronav.
Suite à la reprise des 15 navires du danois Maersk, la société est devenue l’un des trois plus grands transporteurs indépendants de pétrole au monde. La participation des familles Saverys et Livanos dans son capital est tombée de 60 à 40%.

Euronav compte 69 millions d’actions. Après les augmentations de capital liées à ses récentes acquisitions, ce chiffre montera à 120 millions.

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