KBC parie sur la mobilité pour devenir indispensable

Des tickets De Lijn sont disponibles dans l'application KBC. Ceux de la SNCB dès demain. ©BELGA

Depuis l’application de KBC, on peut acheter des titres de transport et ce n'est qu'un début. KBC Mobile veut devenir une application indispensable et compte sur la mobilité, secteur où tout le monde s'engouffre, pour y arriver.

Acheter ses tickets De Lijn depuis l’application de KBC, c’était déjà possible. Idem pour les tickets de stationnements "4411". À partir de ce mardi, les clients de KBC pourront également acheter des tickets de train et consulter les horaires des trains en temps réel.

Offrir de la mobilité multimodale, accessible, simple d’utilisation et intelligente, c’est dans l’air du temps. KBC l’a compris et entend peser de tout son poids dans ce domaine.

1 million
d'utilisateurs
Le nombre actuel d’utilisateurs de l’application KBC mobile.

Le bancassureur a des arguments à faire valoir. KBC possède un million de clients qui utilisent son application de manière quotidienne. L’idée est donc d’étendre les services que la banque peut fournir à ses clients via cette application. Cela va des activités classiques d’un bancassureur avec des assurances auto en ligne, de la signature numérique des contrats à, depuis peu, l’offre de mobilité.

KBC travaille avec Olympus Mobility pour permettre aux clients de directement acheter leurs tickets. La manœuvre est d’autant plus simplifiée que le client est déjà inscrit dans son application bancaire avec ses données enregistrées.

Olympus Mobility s’est spécialisée dans l'offre et la demande de mobilité, afin de pouvoir composer des formules de mobilité pour les clients professionnels (B2B). La filiale de Cambio peut offrir des tickets de toutes les sociétés de transports en commun, des voitures partagées de Cambio ou des tickets Blue-Bike ou Velo. Le deal avec KBC lui permet d'accéder à des clients particuliers en nombre.

Dès l’année prochaine, KBC va progressivement intégrer les autres services proposés par Olympus dans son application. Les clients des filiales bruxelloises et wallonnes seront très attentifs à l'arrivée de la Stib et du TEC.

"On veut devenir la référence en matière de mobilité durable et intégrée."
Hans Verstraete
Directeur général KBC Assurances

KBC travaille également à proposer en 2019 une offre d’un point A à un point B. Vous tapez votre destination et l’application vous proposera différentes possibilités de déplacements avec le paiement intégré. Une option qui coexistera avec la possibilité d’acheter un ticket.

"On veut devenir la référence en matière de mobilité durable et intégrée", insiste Hans Verstraete, directeur général de KBC Assurances.

Face à face avec D'Ieteren

Avec une offre de ce type, KBC se mettra en concurrence directe avec les offres d’autres acteurs comme D’Ieteren. Via sa filiale Lab Box, D'Ieteren Auto propose à quelques utilisateurs tests une offre intégrée dénommée Pikaway qui compte déjà la SNCB, De Lijn, des Taxis, et ses services propres comme les voitures et scooters partagés Poppy.

Ici aussi les discussions sont bien avancées avec le TEC et la Stib. L’objectif de D’Ieteren reste de lancer l'offre au niveau national dès le prochain Salon de l’auto. "On est plutôt ouverts à avoir des nouveaux acteurs sur le marché de la mobilité et du Maas (Mobility as a service, NDLR). C’est de la compétition positive qui ne fera que renforcer le shift vers de nouveaux modes de mobilité", assure Michaël Grandfils, manager chez Lab Box et membre du conseil d'administration de Pikaway.

La différence est que KBC pourra capitaliser sur une très grande communauté dès le lancement de son application. Chez Pikaway, on en est bien conscient. Dans le monde des applications sur téléphone mobile, on retrouve "les poids lourds comme Waze et Google, puis les applications des journaux comme L'Echo et puis les bancaires", rappelle Grandfils.

Il estime néanmoins qu'une application développée d'abord pour de la mobilité et non pour du bancaire a une longueur d'avance. "Ce qui nous différencie, c’est que notre focus est 100% sur la mobilité. On part des besoins de mobilité des utilisateurs et le routing est directement intégré pour de la mobilité", estime Michaël Grandfils.

Cela prouve en tout cas qu'il y a une vraie convergence vers la mobilité dans de nombreux secteurs économiques.

Ainsi, Sodexo a sa solution complète de paiement pour services de mobilité Xximo. Octa+ possède Modalizy, actif dans le même domaine. Les télécoms aussi, qui ont l'habitude du micropaiement, sont de plus en plus actives dans la mobilité. "4411" appartient par exemple à Be-Mobile, filiale de mobilité intelligente de Proximus. Filiale qui vient de se renforcer par une acquisition en France.

Même le secteur des imprimantes a réfléchi à la place qu'il peut prendre dans les tickets de transports dématérialisés.

Devenir incontournable

Lancer des nouveaux services est devenu essentiel alors que les banques essayent d'élargir leurs champs d'action avec des produits non financiers et en s'intégrant verticalement. Le patron d’ING Belgique, Erik Van Den Eynden, en témoignait récemment dans l’Echo.

Mais est-il plus important pour KBC de vendre de la mobilité ou de fidéliser la clientèle à son application? "Le plus important, c’est que l’application devient indispensable. Vendre uniquement des produits bancaires et d’assurances, c’est le passé. Le client veut des solutions. C’est très important que l’application soit utilisée par le plus de clients possible. Si le mobile de KBC devient indispensable, cela va nous aider à leur vendre des produits d’assurances, bancaires, mais d’autres également", avoue le patron de KBC Assurances.

Plus de 37.000 tickets De Lijn ont déjà été achetés via l'application bancaire de KBC et 70.000 tickets de stationnement ont déjà été payés via l'app depuis cet été.

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