La Justice autorise la saisie de 346 camions du groupe Jost

©jost group

La Justice a donné son feu vert pour la saisie de 346 camions de Jost. Depuis 2015, la société est au cœur d’une enquête sur des faits présumés de dumping social. Pour la sécurité sociale, le manque à gagner serait de 55 millions.

Gros coup de massue pour la société de transport Jost. En début de semaine, la chambre des mises en accusation de Liège a donné son feu vert pour la saisie de 346 camions de la société de transport Jost. La cour a rejeté l’appel introduit par Jost en le déclarant recevable, mais non fondé. En théorie, tout semble indiquer que ces camions vont bel et bien être immobilisés par la justice liégeoise, mais les détails pratiques et les modalités de cette saisie d’envergure doivent encore être déterminés par le juge d’instruction en charge du dossier, a-t-on appris à bonne source.

Depuis 2015, la société de transport et certaines de ses filiales roumaines et slovaques sont au cœur d’une enquête portant sur des faits de dumping social et de traite des êtres humains. C’est dans le cadre de cette enquête qu’un juge d’instruction avait ordonné la saisie de 346 camions. Le parquet fédéral, qui est à la manœuvre, avait souhaité exécuter l’ordonnance de saisie, mais la société avait alors introduit une requête unilatérale devant le tribunal de première instance et obtenu une suspension de la procédure. Jost voulait s’opposer à l’exécution de la saisie, en insistant sur le caractère suspensif d’une procédure en cours devant la chambre des mises en accusation. Les avocats du transporteur affirmaient que la procédure menée présentait un caractère abusif et que l’exécution de la saisie n’était pas régulière. De son côté, le parquet fédéral, évoquant l’ouverture d’une information judiciaire depuis le mois de janvier, estimait que la saisie ordonnée était effective. Finalement, la chambre des mises en accusation a décidé de valider la position du parquet fédéral en donnant son feu vert à la saisie des camions. Reste à voir les modalités appliquées par la Justice pour immobiliser les camions.

Dans ce dossier, Roland Jost, le CEO du groupe, et d’autres cadres ont été inculpés, entre autres, pour des préventions telles que traite des êtres humains, organisation criminelle, blanchiment et fraude sociale. Dans le courant du mois de mai 2017, une vingtaine de perquisitions avaient été effectuées à travers tout le pays, au Grand-Duché de Luxembourg et en Roumanie. Roland Jost avait été placé sous mandat d’arrêt pendant plusieurs semaines.

Le parquet estime que cette fraude représente un manque à gagner de plus de 55 millions d’euros pour la sécurité sociale.

Selon le parquet fédéral, la société avait embauché 1.100 chauffeurs roumains, payés selon les conditions sociales en vigueur dans leur pays (environ 400 euros par mois). Rien qu’entre 2014 et 2016, le parquet fédéral estimait que le manque à gagner pour la sécurité sociale s’élevait à plus de 55 millions d’euros. Lors de l’annonce par le parquet fédéral de sa volonté de saisir les camions de Jost, certains syndicats avaient applaudi des deux mains. Ce fut le cas, notamment, du BTB, le syndicat flamand des transporteurs. Ce dernier avait salué "le fait que la Justice prenne des décisions drastiques". La réaction de Jost à ce nouveau coup dur n’était pas tombée à l’heure de boucler cet article.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect