La ponctualité des trains belges parmi les pires d'Europe

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En 2017, les trains de voyageurs belges ont été dans les moins ponctuels de toute l'Europe. Une analyse comparative révèle que de 2012 à 2017, seuls les trains italiens ont été plus souvent en retard que les belges.

En 2017, les trains de voyageurs belges ont été parmi les moins ponctuels des 13 pays étudiés par Prime, la Plateforme européenne des gestionnaires d’infrastructure ferroviaire. Cette analyse comparative révèle aussi que, durant la période allant de 2012 à 2017, seuls les trains italiens ont été plus souvent en retard que les belges.

L’étude part du principe qu’un train "arrive à l’heure" si son éventuel retard ne dépasse pas 5 minutes et 29 secondes. Pour se conformer à cette définition, différents pays (dont la Belgique) ont dû recalculer leurs statistiques de ponctualité, alors que d’autres ne les ont pas adaptées ou se sont contentés de les estimer.

Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge, Infrabel, membre de Prime, pose un regard critique sur l’étude. Selon Infrabel, une comparaison entre réseaux ferroviaires étrangers est très difficile. "La méthodologie n'est pas toujours la même d'un pays à l'autre. En Belgique, toutes les lignes sont prises en compte en ce compris celles en travaux. D'autres pays ne donnent les chiffres que des grands axes sans les lignes en travaux", explique Martin de Brabant, porte-parole du ministre de la Mobilité François Bellot. Il évoque aussi les "effets de tiers" (accidents, bétail sur les voies, vols de câble...).

La Belgique est aussi le seul pays où de nombreux trains doivent passer par le goulet constitué par l’axe Bruxelles Nord-Midi. Enfin, en cas d’incidents, les trains sont moins rapidement supprimés en Belgique que, par exemple, aux Pays-Bas, ce qui pèse sur les chiffres de la ponctualité.

Un vieux matériel

Interrogés en janvier dernier en commission Infrastructures de la Chambre, les CEO de la SNCB et d'Infrabel avaient promis de réduire les retards de 10%. Mais Sophie Dutordoir (SNCB) reconnaissait le matériel roulant vieillissant responsable à 75% des retards qui incombent à la SNCB.

"Tant qu'on ne fera rien pour ce matériel roulant vieillissant, on ne pourra pas améliorer la ponctualité", indique Gery Baele, de Navetteurs.be. "Tous les partis semblent en ces temps de campagne prêts à délier les cordons de la bourse pour le climat. Or les trains sont une solution. Néanmoins, je note que tous ces partis ont été au pouvoir et n'ont rien fait alors."   

2019, année plus faste pour les voyageurs

Depuis la fin de l’an dernier, la ponctualité des trains belges repart à la hausse.

Un calcul interne d’Infrabel, que nous avons relaté au début de cette année, révélait pourtant que les trains en Belgique accusaient en moyenne plus de retards que dans les pays voisins. Dans cette comparaison, seul le Royaume-Uni faisait pire que la Belgique même si, outre-Manche, les trains longues distances sont considérés comme ponctuels jusqu’à onze minutes de retard.

En Belgique, les trains sont ponctuels s’ils arrivent à la gare finale ou à la première gare de la jonction Nord-Midi avec au maximum 6 minutes de retard. Selon cette définition, 88,3% des trains belges sont arrivés à l’heure en 2017.

En 2018, la ponctualité officielle des trains belges a baissé à 87,2%. Dans la réalité cependant, seuls 49,1% des trains belges ont enregistré, l’an dernier, un retard inférieur à une minute.

Depuis la fin de l’an dernier, leur ponctualité repart à la hausse. Au cours des quatre premiers mois de 2019, 90,7% des trains belges n’ont pas fait (trop) attendre leurs voyageurs. "Depuis fin 2018, chaque mois nous obtenons une ponctualité de plus de 90%", explique Vincent Bayer, porte-parole de la SNCB. 

 

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