La réforme du groupe SNCB plombe ses comptes de près de 400 millions

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La restructuration du groupe SNCB a coûté cher à l’opérateur SNCB en 2014. Elle a affiché une perte nette de 512,3 millions dont 383,2 millions liés à la réforme de l’ex-groupe SNCB. Le bilan social indique que 1.386 collaborateurs ont quitté l’entreprise en 2014.

La réforme de l’ex-groupe SNCB a-t-elle vraiment profité aux nouvelles structures? La question mérite d’être posée au regard de l’impact de la restructuration sur les comptes de l’opérateur SNCB (la SNCB sur les rails depuis le 1er janvier 2014 après la fusion-absorption de l’ex-SNCB par la SNCB Holding).

Selon les documents de l’exercice 2014 qui seront présentés le 29 mai à l’assemblée générale et dont nous avons eu connaissance, l’entreprise ferroviaire a enregistré, l’an dernier, un résultat net négatif de 512,3 millions d’euros dont 383,2 millions sont imputables à la restructuration et 129,1 millions pour le résultat de l’exercice 2014. En tenant compte du résultat de près de -24 millions de l’exercice précédent (-23.891.009,77 euros), la SNCB affiche une perte reportée de 536,2 millions!

2,4 mds €
La SNCB a réalisé un chiffre d’affaires de près de 2,4 milliards en 2014, en baisse de 8,7% par rapport à 2013.


Ses dirigeants précisent que les comptes sont présentés selon les normes comptables belges (B-GAAP) dans la mesure où les comptes déposés à la Banque nationale (BNB) sont établis suivant le référentiel comptable. Selon la norme internationale (IFRS), le résultat net de la SNCB s’élève à -207,3 millions. Par conséquent, les comptes de l’entreprise sont bien dans le rouge selon les deux référentiels comptables.

820,8 millions investis

L’excédent brut d’exploitation (Ebitda) s’élève à -8,7 millions. Le chiffre d’affaires est d’environ 2,4 milliards (2.385.147.081,90 euros), en diminution de 8,73% en 2014 par rapport à 2013 (2.613.294.914,56 euros). La SNCB a encore creusé sa dette financière, celle contractée auprès des institutions financières. Elle s’élève à 2,8743 milliards en 2014, en progression de 225,8 millions sur un an. À fin 2014, la SNCB présente une dette économique (intégrant la dette financière) de près de 3,2 milliards.

L’entreprise a consacré une enveloppe de 820,8 millions d’euros à ses investissements en 2014 dont 549,9 millions pour l’achat et l’entretien des trains (B-Technics) et 197 millions pour les gares. Ces investissements ont été financés en (petite) partie sur fonds propres (7,6 millions) et en majorité grâce aux dotations octroyées par l’État fédéral, soit 813,2 millions. D’après les documents, la SNCB a versé 154,9 millions d’euros à ses filiales pour acomptes et investissements en cours.

Les comptes consolidés sont, par contre présentés suivant IFRS. Ils indiquent que les filiales contribuent positivement aux résultats du groupe SNCB. En effet, d’après les comptes consolidés, le groupe SNCB (SNCB, groupe Eurostation, Ypto/informatique, B-parking, etc) a réalisé, l’an dernier, un résultat global négatif de 218,15 millions d’euros, en amélioration de 317 millions par rapport à 2013 (-535,16 millions).

D’après le bilan social, la SNCB occupait environ 20.566 agents à fin 2014, 1.386 collaborateurs (équivalents temps plein) ayant quitté l’entreprise cette année-là.

D’après les documents qui seront présentés à l’assemblée générale (AG) du 29 mai, l’administrateur délégué de la SNCB Jo Cornu a perçu une rémunération totale brute de 238.250 euros en 2014. Cette somme comprend une partie fixe de 230.000 euros (indexée chaque année) et une partie variable de 8.250 euros. Celle-ci est liée aux performances opérationnelles de l’entreprise (ponctualité, satisfaction des clients, régularité, etc.) en 2013.

Le salaire attribué au CEO est conforme aux décisions du gouvernement fédéral qui a limité les salaires des patrons des entreprises publiques à un fixe brut de 230.000 euros et à une partie variable limitée à un maximum de 60.000 euros bruts (soumis aussi à l’index). Jo Cornu a été nommé à la SNCB en septembre 2013. Il ne bénéficie pas d’avantages en nature, ni d’assurance-groupe ou d’assurance-hospitalisation.

Les 5 directeurs généraux de la SNCB ont touché ensemble au total une rémunération fixe de 1,14 million, plus une partie variable de 357.902,09 euros. La partie variable dépend de plusieurs critères qui sont évalués une fois par an par le CEO (ponctualité, Ebitda, satisfaction des clients, etc.). La réalisation d’objectifs individuels intervient aussi dans la fixation de la partie variable de la rémunération. Ils ont aussi bénéficié d’avantages en nature (voiture, téléphone: 14.850,74 euros) et de diverses assurances (129.965,65 euros). Les 9 administrateurs ont touché au total 275.700 euros.

 

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