La SNCB choisit en interne son nouveau CFO

Renaud Lorand est administrateur de la SNCB depuis 2008 et également président de Skeyes. ©Photo News

Olivier Henin en partance pour Blueberry sera remplacé à la direction financière de la SNCB par Renaud Lorand dès le 1e janvier.

La SNCB a trouvé son nouveau directeur financier. Le conseil d'administration a approuvé, en effet, la proposition de la CEO Sophie Dutordoir de nommer Renaud Lorand. L'actuel directeur de la Stratégie prendra le relais d'Olivier Henin à partir du 1e janvier.

"C'était un choix évident et pleinement reconnu en interne et par le conseil d'administration", explique Sophie Dutordoir. Elle ajoute: "c'est un beau produit financier qui connaît la SNCB depuis 2008."

En début de semaine, on apprenait le départ d'Olivier Henin pour Blueberry, le holding qui détient Sabena Aerospace et la Sabca. Il prendra ainsi la direction financière de Blueberry et de Sabena Aerospace.

Une période délicate

Le nouveau CFO arrivera à un moment capital pour la société nationale des chemins de fers. Lourdement impactée par le coronavirus et la baisse de fréquentation des trains (51% actuellement), la SNCB brûle énormément de cash actuellement, alors que la société fonctionne encore à pleine capacité. Elle table, pour cette année, sur une perte de 350 à 400 millions d'euros "en fonction des 2 mois encore à venir".

Moody's a sorti les calcultettes cette semaine et estime que SNCB, SNCF, Deutsche Bahn, la RATP et Comboios de Portugal vont brûler ensemble pour 11,5 milliards de cash en raison de la baisse des passagers et des dépenses d'investissements. Ce montant ne se situait qu'à un peu plus de 5 milliards l'année passée.

Besoin de cash

En temps qu'entreprise publique, la question du cash de la SNCB est donc sur la table du gouvernement fédéral. Un dossier éminemment complexe. L'accord gouvernemental fait, en effet, la part belle au rail. Une bonne nouvelle en soi pour les sociétés ferroviaires. Mais la crise du coronavirus s'ajoute à des besoins d'investissements déjà importants. Sophie Dutordoir avait déclaré aux députés en 2019, qu'il manquerait 1,3 milliard d'euros sur 10 ans à la SNCB.

Le problème, c'est que les besoins d'investissements sont très important chez Infrabel également où des centaines de millions d'euros supplémentaires seront nécessaires, ne fut-ce que pour maintenir le réseau à sa capacité actuelle. L'ancien CEO Luc Lallemand avait estimé qu'il fallait augmenter les investissements d'Infrabel de 99 millions d'euros par an pour compenser les retards dans les infrastructures et éliminer les composants obsolètes d'ici 2023.

Un homme de transports

Renaud Lorand aura du pain sur la planche, mais il connaît bien la maison, ce qui l'aidera. Il est administrateur de la SNCB depuis 2008. Il devient directeur stratégique en 2018. Depuis 2013, il préside, par ailleurs, le conseil d'administration de Belgocontrol, devenu entre-temps skeyes.

Entre 2014 et 2017, il œuvrait comme chef de cabinet de Paul Magnette, alors ministre-président wallon. Et entre 2009-2014, il était chef de cabinet du ministre de l'Économie, des PME et du Commerce extérieur de l'époque, Jean-Claude Marcourt.

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