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La SNCB et Infrabel en manque de 3.000 cheminots

©Photo News

Durant le premier semestre, plus de 500 cheminots ont quitté le groupe SNCB. Au 1er juin 2015, la SNCB, Infrabel et HR Rail occupaient un total de 34.482 travailleurs. Le cadre des trois sociétés prévoyait 37.601 collaborateurs pour les faire fonctionner convenablement. La situation inquiète d’autant plus les syndicats que le Fédéral veut imposer une augmentation de la productivité.

C’est ce vendredi que le conseil des ministres restreint se prononcera sur le plan d’efficience du rail de la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant (MR). Les organisations syndicales sont d’autant plus préoccupées que les conséquences des options de la ministre libérale ne seront pas que financières pour les deux entreprises publiques. Le personnel aussi risque de trinquer.

"La ministre Galant veut augmenter la productivité des cheminots, ce qui va entraîner une baisse des effectifs et augmenter la pression sur les travailleurs qui sont déjà assez sollicités."
Michel Abdissi
Président de la CGSP-Cheminots

Déjà maintenant, les chiffres dont nous avons eu connaissance démontrent que la SNCB (transporteur ferroviaire) et Infrabel (gestionnaire d’infrastructure) manquent de bras. "La ministre Galant veut augmenter la productivité des cheminots, ce qui va entraîner une baisse des effectifs et augmenter la pression sur les travailleurs qui sont déjà assez sollicités. Il y a déjà aujourd’hui un déficit entre les départs et les engagements", a confié Michel Abdissi, président de la CGSP-Cheminots.

37.601
Le cadre des effectifs du groupe SNCB est incomplet. Il faudrait 37.601 cheminots pour faire tourner le groupe normalement.

Selon les dernières statistiques que nous avons pu consulter, le cadre des effectifs du groupe SNCB est incomplet. Celui-ci prévoit un total de 37.601 cheminots dont 23.539 travailleurs pour la SNCB et 13.108 collaborateurs chez Infrabel. Le solde concerne HR, la société des ressources humaines du groupe. D’après le tableau de bord de HR Rail, 34.482 travailleurs sont effectivement occupés dans les trois structures du groupe SNCB au 1er juin 2015 (voir l’infographie ci-dessous), soit 33.069 travailleurs équivalents temps plein (ETP). Les néerlandophones sont majoritaires chez les statutaires, les francophones le sont chez les non-statutaires.

©Mediafin

551 départs en 6 mois

Il manque donc un total de 3.119 cheminots pour que le cadre du groupe SNCB soit complet. La répartition des 34.482 personnes indique 20.467 travailleurs pour la SNCB et 12.195 chez Infrabel. "L’effectif prévu au cadre est juste un outil de gestion de la mobilité interne des agents. Il n’a pas vraiment de lien avec le nombre dont ont besoin les sociétés pour fonctionner", s’est défendu HR Rail, par l’intermédiaire de sa porte-parole. La répartition entre le personnel statutaire et non-statutaire montre une nette différence à l’avantage du premier. Par ailleurs, le groupe SNCB est surtout l’affaire des hommes.

Au 1er janvier 2015, la SNCB comptait 19.997 cheminots ETP contre 12.018 chez Infrabel et 847 pour HR Rail. Le reste est réparti dans les filiales et ailleurs (Eurogare, Eurostation, YPTO, détachements dans les syndicats, etc.), soit un total de 33.620 ETP pour tout le groupe. La photographie au 1er juin affiche les 33.069 ETP, soit une baisse d’effectif de 551 travailleurs.

Moins de 33.000 en juillet

"Avec les gains de productivité qu’on veut nous imposer, on risque de perdre près de 8.000 cheminots dans les 5 ans à venir."
Michel Abdissi
Président de la CGSP-Cheminots

Début juin, la SNCB compte 19.598 cheminots ETP et Infrabel, 11.741. "Près de 80% de la réduction sont des départs à la pension. Il y a une petite minorité de démissions, quelques licenciements et des décès", précise la porte-parole de HR Rail. D’après les syndicats, le déficit de personnel ne fait que s’accentuer. "Il y aura 1.500 engagements en 2015, mais dans le même temps, le groupe sera confronté à 3.000-3.500 départs. Au 1erjuillet, on sera moins de 3.000 travailleurs. Avec les gains de productivité qui circulent aujourd’hui dans la presse, on risque de perdre près de 8.000 cheminots dans les années à venir", se désole Michel Abdissi.

D’après lui, si le phénomène se poursuit et au regard des économies que le Fédéral impose au groupe, celui-ci "ne pourra pas faire face à la libéralisation du transport national de voyageurs. Les autorités préparent à donner les clés du réseau belge aux autres opérateurs qui voudront s’y installer", poursuit-il. "Aujourd’hui, c’est le budget qui détermine les besoins des entreprises, ce qui fait que l’effectif n’est plus en phase avec leurs besoins réels. D’où le gap entre le cadre et le personnel effectif sur le terrain. La conséquence est que la qualité du service n’est plus assurée, malgré la bonne volonté des agents. On se demande si ce n’est pas fait exprès pour justifier l’éventualité d’une sous-traitance. C’est une stratégie malsaine", fustige Isabelle Bertrand, secrétaire nationale de la CSC-Transcom.

Le document de HR Rail fait aussi le point sur la pyramide des âges au sein du groupe. L’âge moyen du personnel (34.482 travailleurs) est de 44 ans et 8 mois. Près de 25% du personnel (soit 8.574 cheminots) ont entre 55 et 59 ans et 17,45% (6.018 collaborateurs) sont dans la tranche de 50-54 ans. Environ 11% (soit 3.776 agents) ont entre 40 et 44 ans.

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