Le broker Berenberg sous le charme d'un gros dragueur

Le carnet de commandes de Boskalis, dont on voit ici un bâtiment de dragage, a atteint un niveau historique. ©Boskalis

Berenberg a examiné à la loupe le secteur du dragage dont les leaders mondiaux se concentrent dans le Benelux. Entre Boskalis et DEME (CFE), il a fait son choix.

Une particularité moins connue du Benelux, c’est qu’il concentre en son sein les quatre leaders mondiaux du secteur du dragage (en dehors de certains marchés protégés comme les USA et la Chine): Boskalis, DEME détenu par CFE, Jan De Nul et Van Oord. Ensemble, ils détiennent 75% d’un marché qui pèse 5 milliards d’euros par an et qui est bien verrouillé, les barrières à l’entrée étant élevées.

Berenberg, qui consacre une étude fouillée à ce secteur d’activité, estime qu’après plusieurs années de vaches maigres, le dragage a désormais renoué avec la croissance. L’occasion de se pencher sur les perspectives de CFE et de Boskalis qui sont les seules à être cotées en bourse.

Exposée au pétrole et au gaz

La préférence du broker va sans conteste à Boskalis qui, à côté des activités de dragage classiques, se positionne également comme contractant offshore et fournisseur de services maritimes, en particulier dans le secteur pétrolier et gazier (O&G).

"Avec un service offrant presque toute la chaîne de valeur des projets offshore en énergie, Boskalis dispose clairement de l’exposition la plus large dans le secteur O&G parmi les 4 leaders", soulignent les analystes de Berenberg. Or, après des investissements offshore globaux divisés par deux entre 2014 et 2018, ils s’attendent à une reprise des dépenses en 2019 avec une croissance annuelle de 7% au cours des prochaines années.

Bond de 75% du bénéfice en 2020

Christoph Greulich et Anna Patrice estiment que le point d’inflexion semble imminent pour Boskalis qui a vu son Ebitda et son bénéfice net chuter respectivement de 60 et 80% depuis le sommet de 2014. Après une autre année difficile en 2019, ils tablent sur un bond de 75% du bénéfice par action en 2020 et sur une croissance annuelle de 38% jusqu’en 2022. Ils fondent ces prévisions à partir du carnet de commandes qui atteint un niveau historique (4,3 milliards d’euros).

Autre atout du groupe néerlandais: son ratio d’endettement (dette sur Ebitda) est inférieur à 0,5 depuis 2015 et il devrait être libre de toute dette nette en 2021.

Au vu de ce qui précède, Berenberg entame le suivi de Boskalis avec une recommandation d’achat et un objectif de cours de 28 euros, ce qui représente un potentiel de hausse de 37%.

Leader dans l'éolien offshore

L’enthousiasme est moins perceptible à l’égard du concurrent belge DEME (CFE).

Certes, le groupe est leader et pionnier dans le domaine en rapide expansion des éoliennes offshore qui devrait poursuivre sa forte croissance.

"Bien que nous apprécions le positionnement à long terme de la société, nous croyons que les attentes actuelles du marché sont trop élevées et ne reflètent pas le risque de l’intensification de la pression sur le prix dans l’éolien maritime. Nous préférons donc attendre un meilleur point d’entrée."

Le broker entame dès lors le suivi de CFE avec un avis à "conserver" et un "target" de 97,5 euros contre un cours actuel de 87 euros.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n