"Le Fyra ne marche pas"

©Photo News

Lors de sa rencontre avec son homologue italie ce midi, le Premier ministre belge Elio Di Rupo a déclaré qu'il convenait d'attendre l'issue des procédures judiciaires lancées dans le dossier du Fyra. "Mais une chose est sûre: le Fyra ne marche pas", a-t-il néanmoins souligné.

 Le Premier ministre Elio Di Rupo s'est entretenu jeudi midi à Rome avec son homologue italien Enrico Letta des déboires rencontrés par le train italien à grande vitesse Fyra en Belgique et aux Pays-Bas. Le chef du gouvernement italien a dit souhaiter jeudi une "solution juste".
   
    De son côté, M. Di Rupo a rappelé peu avant cette rencontre avec M. Letta qu'il convenait d'attendre l'issue des procédures judiciaires lancées dans cette affaire. "Mais une chose est sûre: le Fyra ne marche pas", a-t-il souligné.

Les deux chefs de gouvernement avaient programmé de longue date de se voir ce jeudi à Rome pour préparer le sommet européen prévu la semaine prochaine à Bruxelles. Mais dans un entretien accordé à la presse internationale jeudi, M. Letta a indiqué vouloir aussi évoquer le dossier Fyra lors de sa rencontre avec son homologue belge.

 "Le sort de la société italienne AnsaldoBreda nous tient à coeur, mais aussi la bonne réputation de la technologie italienne et je ferai tout mon possible pour la défendre", a indiqué M. Letta, qui entend aussi évoquer le dossier avec le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, la semaine prochaine.

En raison de nombreux déboires et avaries sur la ligne à grande vitesse Bruxelles-Amsterdam, la SNCB et son équivalent néerlandais, NS, ont annulé leurs commandes de trains Fyra. Son constructeur conteste les motifs invoqués par les deux sociétés et dénonce plutôt un mauvais entretien et une conduite négligente en plein hiver.

"Nous devons attendre la conclusion des procédures devant les tribunaux. Nous ne pouvons dire qui a raison. Mais une chose est certaine: le Fyra ne marche pas", a commenté M. Di Rupo. Celui-ci reconnaît à l'Italie le droit de défendre les intérêts de son industrie, mais la Belgique défend celui du voyageur. "L'intérêt de la SNCB est l'intérêt des utilisateurs", a-t-il souligné.

dix-neufs trains

Les chemins de fer néerlandais et belges avaient commandé 19 (respectivement 16 et 3) trains à grande vitesse V250, nom technique de Fyra, à la société italienne AnsaldoBreda, au prix de 20 millions d'euros chacun. 

La SNCB a annoncé le 31 mai l'annulation de sa commande. Son homologue néerlandais (NS) envisage de faire de même, cinq mois après la mise en service avortée de la liaison rapide Bruxelles-Amsterdam. 

Selon la SNCB, des analyses "ont mis en lumière des lacunes fondamentales dans la conception des trains V250 avec des conséquences importantes possibles tant au niveau de la sécurité que de la fiabilité". Des experts ont ainsi constaté des problèmes dans les systèmes de freinage, de la rouille prématurée et "une protection inexistante des câbles électriques sous le train"

La thèse d'AnsaldoBreda est en revanche que les trains ont été utilisés en janvier à "des vitesses excessives (250 km/h)" compte tenu des conditions d'enneigement et de verglas rencontrées sur les voies ferrées. 

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés