Le gestionnaire du viaduc de Gênes recule de nouveau en Bourse

©Bloomberg

Le groupe italien Atlantia a perdu plus de 4% à la Bourse de Milan ce lundi. Le gestionnaire autoroutier a quinze jours pour démontrer le bon entretien du viaduc de Gênes, qui s'est effondré mardi dernier.

Le groupe milanais Atlantia est encore dans la tourmente après l'effondrement du viaduc de Gênes qui a fait 43 morts mardi dernier. Le géant autoroutier, responsable du viaduc à travers sa filiale Autostrade del Italia, a perdu 4,68% à la Bourse de Milan ce lundi. Jeudi dernier, l'entreprise avait déjà chuté de 22%, avant de se reprendre quelque peu vendredi. Au total, le géant autoroutier a perdu un quart de sa valeur boursière en moins d'une semaine.

500 millions €
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Autostrade del Italia, la filiale d'Atlantia gestionnaire du viaduc de Gênes, va verser au moins 500 millions d'euros d'aides pour les familles touchées par la tragédie de mardi dernier.

En Italie, l'omniprésence du gestionnaire pose problème au lendemain de la tragédie de Gênes. Fort d'un chiffre d'affaires de près de 6 milliards d'euros en 2017, Atlantia gère plus de la moitié du réseau autoroutier du pays, dont la tristement célèbre autoroute A10. C'est aussi l'actionnaire majoritaire de la Société italienne du tunnel du Mont-Blanc, et le propriétaire des deux aéroports romains de Fiumicino et Ciampino.

Ces dernières années, le groupe a aussi fortement investi à l'étranger: il est le premier actionnaire du gestionnaire de l'Eurotunnel, et est devenu en mars dernier copropriétaire du concessionnaire espagnol Abertis. En 2017, Atlantia a réalisé un bénéfice net de 1,17 milliard d'euros.

Bataille judiciaire

Autant dire que cette position dominante suscite l'ire du nouveau gouvernement italien. Deux jours après la catastrophe, le vice-président du Conseil des ministres Luigi Di Maio a accusé la famille Benetton, actionnaire majoritaire d'Atlantia, d'avoir financé les campagnes des précédents gouvernements pour obtenir ses concessions. Le président du Conseil Giuseppe Conte a rapidement annoncé sa volonté de retirer ces concessions.

Mais Atlantia, qui estime avoir "toujours respecté correctement ses obligations de concessionnaire", a rétorqué en fin de semaine qu'il n'accepterait pas une telle révocation sans une "indemnisation équivalente à la valeur résiduelle de la concession". Selon plusieurs médias italiens, cela pourrait coûter des milliards d'euros de compensation à l'Etat.

Une bataille judiciaire s'annonce donc inévitable. Samedi, le ministre italien des Infrastructures et des Transports a donné quinze jours au gestionnaire autoroutier pour livrer un rapport détaillé de l'entretien du viaduc. Celui-ci s'est déjà engagé à reconstruire le tronçon effondré dans les huit mois, et verser au moins 500 millions d'euros en aide aux familles touchées par la catastrophe.

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