Le port sec d'Athus espère gros d'une nouvelle route ferroviaire vers la France

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Le terminal container d'Athus, dans le Sud du Luxembourg, va être relié directement à la France grâce à un investissement de 20 millions d'euros. De quoi créer 20 emplois directs et doubler l'activité dans ce "port sec".

C’est un investissement d’une vingtaine de millions d’euros - 20,2 millions d'euros pour être précis - qui devrait pas mal changer la donne dans le sud de la province du Luxembourg. Le terminal container d’Athus, ou TCA pour les intimes, va, dès août 2020, être directement relié par rail à la France. De quoi ouvrir un marché conséquent à ce "port sec".

"C’est un événement très important pour nous. Notre terminal était un cul-de-sac et va désormais s’ouvrir vers la France."
Fabian Collard
Patron d’Idélux

"C’est un événement très important pour nous. Notre terminal était un cul-de-sac et va désormais s’ouvrir vers la France", sourit Fabian Collard, le patron d’Idélux, l’intercommunale qui gère le TCA. La Vallée du Rhône et Clermont-Ferrand sont le genre de marchés qui s’ouvrent et qui ont montré un intérêt certain pour le site. "Ces régions sont à mi-chemin entre la Mer du nord et la Méditerranée. Pour le moment, ils utilisent plutôt Marseille, mais avec le corridor 2, ils pourraient choisir de passer par Anvers", détaille Fabian Collard.

46.500 containers maritimes transitent chaque année via le terminal. Le patron pense que cette nouvelle connexion va permettre de doubler ce nombre de containers. De quoi augmenter le nombre d’emplois du site à 70 contre 50 aujourd’hui. 

Le site est déjà adapté pour de telles capacités, mais jusqu’ici, l’absence de liaison directe vers la France, Mont-Saint-Martin pour être précis, obligeait les opérateurs qui souhaitaient s’y rendre à effectuer des manœuvres et de remonter vers des gares proches pour repartir vers la France. Cela obligeait notamment de prendre des voies dans le sens inverse et d’avoir donc un chauffeur de chaque côté du train. Une perte de temps et de moyens qui rendaient l’opération peu compétitive.

©Idélux

Qui plus est, la jonction en courbe qui part d’Aubange vers Mont-Saint-Martin n’a qu’une voie, ce qui là-aussi était d’une inefficacité criante sur ce corridor européen 2 qui relie la Mer du Nord à la Méditerranée. Cette voie sera doublée sur plus de 800 mètres.

Le TCA a de très bonnes relations avec le port d’Anvers. Ce dernier a tout intérêt qu’une bonne partie des opérations se passe sur le site du TCA plutôt qu’au port, afin que les trains se dirigent directement avec le bon chargement du bon côté du port pour désencombrer ce dernier.

Atouts écologiques

C’est aussi plus intéressant pour le port de voir ses chargements arriver en train depuis Athus plutôt que via la route. Les villes d’Anvers et de Bruxelles y verront au passage une diminution de la congestion de leur ring, un atout écologique non négligeable.

©Doc

C’est d’ailleurs un point important du projet. La Belgique est à la traîne en matière de fret ferroviaire par rapport à d’autres pays européens. Pourtant, ce type de transport consomme 6 fois moins d’énergie que celui par route. Grâce à l’électrification de nombreuses voies, les émissions de CO2 du fret ferroviaire sont 9 fois moindres que celles sur route.

C’est d’ailleurs une des raisons qui fait que le projet a obtenu des fonds européens, wallons et fédéraux.

  • 9,2 millions d’euros proviennent du milliard vertueux voulu par François Bellot, le ministre de la Mobilité.
  • 5,1 millions d’euros viennent de la région Wallonne
  • Les subsides européens équivalent à 2,8 millions d’euros
  • Idelux, l’intercommunale qui gère le terminal, a participé à hauteur de 300.000 euros
  • La SNCF réseau a également participé au financement

Dans le détail, "les travaux prévoient le déplacement d’un passage à niveau, la modification d’une courbe et de voies existantes, la pose d’une nouvelle voie sur une distance de 875 m, la réalisation d’un pont poussé sous la N830 et, enfin, l’équipement de cette nouvelle voie et son raccordement au réseau ferroviaire à hauteur de la frontière franco-belge", détaille Infrabel.

"Cela pourra aider à développer des logisticiens autour du terminal, mais aussi des sociétés industrielles."

Mais les travaux peuvent aussi amener une autre activité au TCA. Des entreprises peuvent ainsi décider de s’y rendre directement avec leurs marchandises pour l’envoyer vers la France. "Cela pourra aider à développer des logisticiens autour du terminal, mais aussi des sociétés industrielles. Solarec, qui est le plus grand fabricant de poudre de Lait à Libramont, effectue des livraisons en camion qui pourraient être remplacées par des livraisons en train, notamment vers le Maghreb. Il leur suffit de faire 40 kilomètres pour arriver sur site", détaille encore le patron.

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