Le projet de fusion entre les ports d'Anvers et de Zeebruges a franchi une étape supplémentaire

Le port d’Anvers est spécialisé dans le transport par conteneurs, les cargaisons mixtes et les produits chimiques. ©Photo News

Les discussions en vue de la fusion entre les ports d’Anvers et de Zeebruges progressent bien. Les nœuds devraient être tranchés cet été.

À cause de la pandémie de coronavirus, les entretiens entre les organes de direction des ports d’Anvers et de Zeebruges sur une possible fusion ont été moins "physiques", mais cela ne signifie pas, comme certains le pensent, qu’ils soient restés au point mort. Au contraire. "Les discussions avancent bien et l’ambiance est constructive", a déclaré le patron du Port d’Anvers, Jacques Vandermeiren. "La ‘due diligence’ est presque terminée et les deux ports devraient faire rapport à leurs conseils d’administration respectifs au cours de l’été. Nous prendrons le temps nécessaire, tant pour définir la collaboration que pour fixer les objectifs de ce rapprochement."

Dirk De fauw, le président du port de Zeebruges – qui au départ n’était pas très favorable à la fusion – confirme que les discussions avancent de manière très constructive, " tant au niveau des conseils d’administration et des comités de direction que des groupes de travail. Tous les modèles sont examinés et discutés. Nous ne voulons rien forcer. Nous prendrons le temps nécessaire."

Étude de Deloitte

Cela fait déjà dix ans que des politiciens comme Johan Vande Lanotte, Kris Peeters, Hilde Crevits et de grands clients comme Maersk et CMA CGM plaident en faveur d’une fusion des deux ports, mais toutes les initiatives et pistes de réflexion s’étaient jusqu’ici heurtées à plusieurs écueils, en particulier la réticence de l’ancien patron du port d’Anvers, Eddy Bruyninckx. Et à Zeebruges, certaines parties craignaient que tout le pouvoir se retrouve dans des mains anversoises.

Mi-2018, le consultant Deloitte et le cabinet d’avocats Laga ont été mandatés pour étudier les différentes possibilités. À la fin de l’an dernier, ils ont rédigé un rapport démontrant qu’une collaboration plus poussée serait bénéfique aux deux ports, bétonnerait les emplois et renforcerait leur rôle à la fois au niveau régional et international. Cette collaboration permettrait également de réaliser des économies d’échelle et de tirer le meilleur profit de la transition énergétique, de l’innovation et de la digitalisation.

L’an dernier, sur la base du rapport de Deloitte, il a été décidé de discuter d’une possible fusion. Une trajectoire de deux ans a été fixée, une date butoir sur laquelle certains critiques se sont montrés sceptiques. À tort, comme on peut le constater aujourd’hui. Vandermeiren: "Les deux parties se rendent compte que cette collaboration pourrait être positive et qu’il sera plus facile de relever les grands défis du futur à deux plutôt que seul. Des crises comme le Brexit et le coronavirus jouent souvent le rôle de catalyseurs. Après la crise du coronavirus, la situation budgétaire des deux parties sera différente."

Les avocats étudient actuellement les différentes possibilités de structure et les différents modèles de gouvernance pour la nouvelle société. De nombreuses variantes sont possibles, allant d’une fusion complète à un modèle comparable à celui de North Sea Port, qui résulte de la fusion entre le port de Gand et Zeeland Seaports (Vlissigen et Terneuzen).

Les deux ports ambitionnent de présenter en septembre un projet d’accord à leurs conseils d’administration. Selon le modèle choisi, il faudra plus que probablement un an pour que la nouvelle structure soit opérationnelle. Pour le projet North Sea Port, le processus de fusion – unique et transfrontalier – a duré trois ans.

Un successeur pour Coens

Zeebruges se cherche aujourd’hui un nouveau CEO après le départ inopiné de Joachim Coens, devenu président du CD&V. La liste comportait 25 candidats et la "short list" en a retenu trois. Les trois finalistes ont été informés de la possibilité qu’une collaboration poussée avec Anvers soit mise en place et que le nouveau CEO de Zeebruges ne soit pas seul à la barre. Dans les milieux d’affaires de Zeebruges, on semble s’être résigné à l’idée qu’il devait y avoir une "unique direction" en cas de fusion. Lisez: un seul CEO.

"Mais il y a tellement de tâches à mener dans un port qu’un vice-CEO ne sera pas de trop", se murmure-t-il à Zeebruges.

Au départ, North Sea Port avait deux CEO – les anciens patrons des deux ports. Mais après le départ à la retraite de Jan Lagasse de Zeeland Seaports cette année, Daan Schalck est aujourd’hui seul à diriger le groupe fusionné. L’an dernier, la nouvelle structure a pour la première fois bénéficié des synergies créées par la fusion.

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