Le projet Transavia d'Air France suspendu

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Au huitième jour d'une grève très suivie, cette annonce a été faite par le PDG du groupe AF-KLM Alexandre de Juniac. Le syndicat des pilotes parle d'"ultime provocation".

La direction d'Air France a annonce qu'elle suspendait jusqu'en décembre son projet de développement de sa filiale low-cost Transavia et allait proposer aux syndicats un plan global de "sortie de crise", au huitième jour d'une grève très suivie.

Selon des sources syndicales, le PDG du groupe Air France-KLM Alexandre de Juniac a annoncé cette suspension devant le comité central d'entreprise réuni lundi matin à Paris.


L'objectif est de prendre "le temps de mener un dialogue approfondi sur le projet et de construire avec les syndicats les garanties nécessaires", indique le PDG. "Mais, a prévenu Alexandre de Juniac, cette démarche d'apaisement ne doit pas porter atteinte à notre ambition de développement de Transavia, qui est un des relais de croissance majeur du groupe Air France-KLM".

En début d'après-midi, on apprenait que le premier syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa, avait rejeté la proposition de la direction d'Air France de suspendre jusqu'en décembre le projet de développement de sa filiale à bas coût Transavia, au coeur du conflit aérien depuis huit jours.

Dénonçant une "ultime provocation" du patron du groupe AF-KLM Alexandre de Juniac, le syndicat estime dans un communiqué que l'annonce qu'il a faite aux syndicats dans la matinée "n'est qu'un écran de fumée qui n'offre pas plus de garanties que les annonces précédentes, et ne résout aucun problème".

Les syndicats étaient de leur côté réunis en assemblée générale et le SNPL a indiqué qu'il ferait connaître sa position en début d'après-midi lors d'une conférence de presse.

La grève à Air France est entrée lundi dans sa deuxième semaine, avec une mobilisation toujours aussi forte des pilotes, six avions sur dix restant bloqués au sol.

Samedi, le principal syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa, avait annoncé la reconduction du mouvement jusqu'au vendredi 26, sans exclure d'aller au-delà si la "situation de blocage" persiste.

Le conflit chez Air France est d'ores et déjà le plus long depuis le mouvement social de 1998, qui avait duré dix jours.

Il trouve sa source dans le projet de la direction de développer la filiale à bas coûts Transavia, dont les pilotes craignent qu'il débouche sur un "dumping social" et des "délocalisations" au détriment des emplois français.

Le gouvernement français a multiplié ces derniers jours ses appels à la fin du conflit. "Clairement aujourd'hui, il faut que le travail reprenne", a martelé lundi le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à la radio Europe 1.

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Frustration et mécontentement

20 millions d'euros
La grève des pilotes d'Air France, qui est entrée dans sa deuxième semaine lundi, provoque "des pertes d'exploitation pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros par jour", a indiqué la direction de la compagnie.


Son homologue chargé des Transports, Alain Vidalies, avait réclamé la veille "un compromis" entre direction et syndicats. Dès la semaine passée, le Premier ministre Manuel Valls avait appelé en vain les pilotes à "arrêter" leur grève, selon lui "pas comprise".

"Il faut avoir une démarche positive dans cette situation. Sinon, je pense que c'est le sort de la compagnie qui peut être en cause", a averti Alain Vidalies, rappelant qu'Air France est, comme les autres compagnies aériennes historiques, confrontée à la vive concurrence des low cost et est "financièrement fragile".

La grève des pilotes d'Air France, qui est entrée dans sa deuxième semaine lundi, provoque "des pertes d'exploitation pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros par jour", a indiqué la direction de la compagnie.
 
"C'est une grève qui commence à devenir interminable", a déploré ce week-end une association de défense de voyageurs, en soulignant le risque pour la compagnie de "perdre à l'avenir des parts de marché" parce que ses clients "préfèreraient aller ailleurs".

Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur "frustration" et "mécontentement". Elle conseille à ses clients ayant réservé un vol jusqu'au 26 septembre de "reporter leur voyage, ou changer leur billet sans frais".

Les syndicats de pilotes ne s'opposent pas au projet de Transavia, mais aux conditions prévues par la compagnie pour développer la filiale.

Pour faire face à la concurrence, le groupe AF-KLM veut développer la flotte de cette compagnie en France en attirant des volontaires d'Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

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