Le rail belge va tester des trains autonomes

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Infrabel prépare un projet de trains autonomes. Mais des trains en pilotage automatique ne circuleront pas dans notre pays avant plusieurs années.

Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge, s’engage sur la voie des trains autonomes. Le plan d’entreprise approuvé récemment par le conseil d’administration le prévoit parmi d’autres projets de mobilité autonome à mener entre 2020 et 2024 pour un budget total de 8 millions d’euros.

"L’introduction de la conduite automatique du train améliorera la capacité, la ponctualité et la solidité du réseau."
Infrabel

Plusieurs pays testent déjà l’automatisation du démarrage et du freinage des trains (automatic train operation – ATO). Un machiniste reste cependant présent pour exercer un contrôle, ouvrir et fermer les portes du train et intervenir en cas d’incident. Cette technologie est déjà utilisée sur les lignes de métro.

"L’introduction de la conduite automatique du train améliorera la capacité, la ponctualité et la solidité du réseau", souligne Infrabel. "En outre, l’ATO contribue à améliorer la conduite du travail, notamment sur le plan environnemental." Ce train autonome serait donc très utile sur la jonction Nord-Midi saturée, où aucun train supplémentaire ne peut plus être mis en service, ce qui perturbe la circulation ferroviaire dans tout le pays au moindre problème à Bruxelles. Sur cet axe Nord-Midi, l’ATO ne devrait cependant pas être lancée avant les années 2026-2031, estime Infrabel.

Fin 2025

Longtemps bloquée par l’absence d’uniformité du matériel roulant sur l’axe Nord-Midi, la circulation de trains autonomes sera possible à la fin de 2025, lorsque l’infrastructure et tous les trains seront équipés du très onéreux système de sécurité automatique ETCS (European train control system). Ce système, qui contrôle et adapte la vitesse du train, est essentiel au bon fonctionnement des trains autonomes.

Ce n’est pas Infrabel, mais l’opérateur ferroviaire belge, à savoir la SNCB, qui exploitera les trains autonomes. Celle-ci confirme étudier l’ATO aux côtés d’Infrabel. "Nous devons encore approfondir l’étude de ce dossier dans le cadre des besoins de mobilité croissants et d’une gestion optimale de la capacité ferroviaire", souligne le porte-parole de la SNCB, Bart Crols.

Le projet figure parmi d’autres projets de mobilité autonome à mener entre 2020 et 2024 pour un budget total de 8 millions d’euros.

Au vu de cette prudence, on peut se demander si la SNCB fait vraiment des trains autonomes un de ses projets phares. Sa patronne, Sophie Dutordoir, excluait encore en avril dernier la possibilité de faire rouler des trains sans contrôleur. Une étude avait montré que des "one man cars" sans accompagnateur de train – à ne pas confondre avec un train autonome sans machiniste – n’étaient pas réalisables techniquement et financièrement.

La décision de Sophie Dutordoir, qui décrit toujours les accompagnateurs de train comme des "bijoux", a été interprétée comme un geste à l’égard des syndicats, qui craignent que les nouvelles technologies suppriment des emplois sur le rail. Même si un train roulant automatiquement nécessite toujours la présence d’un conducteur.

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