Le RER coûtera un milliard de plus et aura 16 ans de retard

©BELGA

Le ministre Bellot décroche enfin un budget d’un milliard pour finaliser le RER. Il demande à Infrabel de renoncer aux ralentissements du trafic envisagés et de ne pas pénaliser le plan de transport 2017 de la SNCB.

Annoncée depuis quelques mois, l’enveloppe d’un milliard d’euros promise pour finaliser le RER est désormais une réalité. À en croire le ministre fédéral de la Mobilité, François Bellot (MR), le budget est disponible. La balle est désormais dans le camp du gestionnaire d’infrastructure Infrabel qui doit relancer les travaux. "Nous apportons des moyens pour permettre des travaux d’extension de capacité du réseau. Les travaux peuvent redémarrer et le plus rapidement possible", assène-t-il.

Le montant dégagé vient s’ajouter à des moyens financiers existants dont 257 millions de préfinancement apportés par la Région wallonne et un reliquat de 228 millions restants dans le fonds RER. À l’arrivée, l’enveloppe totale disponible s’élève à 1,485 milliard dont une partie conséquente (1,050 milliard) sera entièrement dédicacée au RER.

• 75 millions du budget RER seront consacrés à des travaux en Flandre.
• 517 millions seront alloués à la Wallonie.
• 459 millions sont estampillés "neutres", mais concernent des travaux principalement en Région bruxelloise. Les moyens à Bruxelles viseront en priorité à améliorer l’état et l’accessibilité des 33 gares dans la capitale.

Une partie de l’enveloppe globale est soumise à la clé de répartition 60/40 (60% des investissements en Flandre et 40% en Wallonie), ce qui revient à affecter une enveloppe de 286 millions à la Wallonie et 429 millions à la Flandre. Une autre partie est consacrée à des travaux prioritaires dans les Régions (53 millions pour la Wallonie et 368 millions pour la Flandre). "Nous allons signer un accord de coopération pour garantir le respect de la clé 60/40 qui fera désormais l’objet d’une évaluation tous les deux ans et non plus sur base annuelle. Cela permettra de ne plus pénaliser l’avancée des travaux dans une Région", souligne le ministre Bellot.

Non aux mesures d’Infrabel

Les travaux encore à réaliser concernent la poursuite de la mise à 4 voies des lignes 124 (Bruxelles-Nivelles) et 161 (Bruxelles-Ottignies) ainsi que le raccordement au perthuis 3 de la jonction Nord-Midi (JNM). "Les travaux doivent se faire par paliers et par tronçons pour permettre à la clientèle de bénéficier le plus rapidement possible de chaque renforcement de capacité sans attendre la fin complète de tous les travaux", enchaîne-t-il.

3 mrds €
Avec le milliard supplémentaire, le RER aura coûté finalement 3,006 milliards au lieu de 2,2 milliards initialement prévus.

Infrabel doit aussi développer les solutions pour fluidifier davantage le goulot d’étranglement qu’est aujourd’hui la JNM et augmenter sa capacité grâce à la technologie ATO (Automatic train operation). Un système de commande automatique de trains permettant de régler l’écart entre deux convois qui se suivent. D’après le ministre Bellot, il faut encore attendre 5 ans pour que la technologie ATO soit déployée. Dans le nord du pays, les moyens désormais dégagés relanceront les travaux sur la ligne 50A (Bruxelles-St-Katherina-Lombeek) aujourd’hui à l’arrêt faute de moyens, et un tronçon de la ligne 124 situé en Flandre (Uccle-Moensberg, 5,8km) où le permis principal a été annulé (il faudra environ 3 ans pour obtenir un nouveau permis).

D’après le ministre Bellot, les travaux de la ligne 124 ne pourront être achevés qu’en 2027-2028 en raison notamment du fait que le permis principal visant le tronçon de la ligne à Bruxelles (soit 1,38km) a été annulé. Au total, le RER aura coûté 3,006 milliards au lieu de 2,2 milliards.

En dégageant un milliard d’euros pour finaliser le RER, le ministre Bellot a également fixé des balises à Infrabel. Concrètement, il a réservé une fin de non-recevoir aux solutions adoptées par le gestionnaire d’infrastructure pour ménager le réseau belge qui affiche déjà un certain niveau de vétusté. L’entreprise prévoyait d’imposer à la SNCB des ralentissements temporaires sur certaines lignes. Il lui est également demandé de ne prendre aucune mesure qui pénaliserait la mise en œuvre du plan de transport 2017 de la SNCB (opérationnel dès décembre prochain). En collaboration avec la SNCB, Infrabel doit faire les travaux de rehaussement des quais et des travaux d’extension de la capacité entre Gand et Bruges. Pour ce faire, le Fédéral l’autorise à porter sa dette à 2,150 millions au lieu des 2,053 milliards initialement prévus.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content