Le RER terminé en Flandre, quid à Bruxelles et en Wallonie?

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Le tronçon à 4 voies entre Bruxelles et Denderleeuw a été inauguré ce mercredi matin. Sa mise en service est prévue pour le 9 décembre et clôt ainsi les travaux d'infrastructure du RER en Flandre. En Wallonie, les permis manquants concernant la ligne entre Bruxelles et Charleroi seront demandés dès janvier 2019.

La Flandre a son RER, c'est fait. Un nouveau tronçon à 4 voies entre Bruxelles et Denderleeuw a été officiellement inauguré ce mercredi matin par le Premier ministre Charles Michel, le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot et les CEO de la SNCB et d'Infrabel Sophie Dutordoir et Luc Lallemand. Il sera mis en service le 9 décembre prochain lors de l'application du nouveau plan de transport et met un point final aux travaux du RER en Flandre, désormais terminés à 99%. 

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Le 1% restant concerne quelques opérations techniques à réaliser à la frontière entre la Flandre et Bruxelles, selon Infrabel, gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge. Le tronçon de 15 km entre Anderlecht et Lombeek-Sainte-Catherine inauguré ce matin concerne la ligne 50a, la plus fréquentée du pays, et qui voit donc sa capacité augmenter. L'investissement sur ce chantier s'élève à 580 millions d'euros,  il a permis de poser deux nouvelles voies et de rénover les deux voies plus anciennes.  

Où en est-on à Bruxelles et en Wallonie? 

Pourquoi la Flandre voit déjà les travaux du RER aboutir, et pas le reste du pays? Parce que tous les permis y ont été délivrés et que sur certaines lignes, comme la 50a justement, les travaux étaient "plus simples à réaliser", indique le porte-parole d'Infrabel Frédéric Sacré, qui explique que cette ligne étant "peu urbanisée, le génie civil y était moins compliqué". 

Pour rappel, le RER consiste en la mise à quatre voies de cinq grands axes qui relient Bruxelles à sa périphérie. Actuellement, trois de ces cinq grands axes sont terminés. Lesquels? Celui inauguré ce matin, en Flandre, et deux autres terminés au cours des années 2000 vers Louvain et Hal (soit les lignes 36 et 96) pour les lignes à grandes vitesses (Thalys, Eurostar, Ice...).

Restent donc les deux axes wallons: les lignes 161 vers Ottignies et 124 vers Nivelles-Charleroi. Où en est-on?

Les travaux ont repris le 26 mars 2018 après avoir été arrêtés durant deux ans. "Aujourd'hui, 90% des travaux de génie civil sont terminés sur la ligne 161", indique Frédéric Sacré, qui rappelle que les permis ont été obtenus de longue date sur ce tronçon. Reste donc la pose des infrastructures (rails, installations électriques, etc.), qui a débuté en mars dernier. Les travaux sur cette ligne devraient être finalisés pour fin décembre 2026. Ensuite, la gare d'Ottignies sera en travaux jusque décembre 2029.

Du côté de la ligne 124 vers Charleroi, ça coince un peu. "On n'a toujours pas tous les permis suite à des recours à Linkebeek et Rhode-Saint-Genèse. Les permis ont été délivrés à Bruxelles et en Wallonie, mais la ligne traverse quelques communes flamandes, et pour celles-ci on n'a pas encore les permis. On ne peut donc pas y élargir les plateformes ferroviaires pour y poser quatre voies", explique Frédéric Sacré, qui ajoute que, de facto, seulement 30% des travaux de génie civil sont terminés sur cet axe. "On a avancé prudemment, les travaux ont été effectués à vitesse réduite puisqu'il manque certains permis." Mais le ministre de la Mobilité François Bellot a annoncé que les permis d'urbanismes manquants seront demandés en janvier prochain, espérant pouvoir débloquer la situation. La mise à quatre voies de la ligne vers Nivelles devrait donc être inaugurée en 2031. 

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200 millions prévus pour Bruxelles selon Bellot, 19 millions selon Vervoort

François Bellot, le ministre fédéral de la Mobilité, regrette que la Région bruxelloise ne signe pas l'accord de coopération entre les régions concernant le milliard d'investissements prévus dans le rail par le gouvernement fédéral. Dans le cadre du milliard dit "vertueux" promu par le gouvernement fédéral, et grâce auquel les travaux ont pu être redémarrés en mars dernier, François Bellot (MR) a relancé le comité exécutif des ministres de la Mobilité incluant les ministres régionaux. Alors que la Wallonie et la Flandre ont signé l'accord, la Région bruxelloise bloque. "Je regrette et je m'étonne", réagit François Bellot. "Les contacts avec Pascal Smet (ministre bruxellois de la Mobilité, NDLR) étaient bons et puis là, ils refusent de signer. Je rappelle que les investissements concernent aussi la Région bruxelloise où nous avons déjà inauguré trois nouvelles gares: Germoir, Tours et Taxis et Arcades. Il y a 200 millions de prévus sur le milliard injecté." Le ministre fédéral dit craindre que cette absence de signature n'empêche la mise en œuvre du plan.

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) lui a répliqué que la petite enveloppe RER réservée à Bruxelles - selon lui 19 millions d'euros sur un milliard - ne tenait nullement compte des besoins en investissements du réseau à Bruxelles et de ses gares délaissées. "Dans le dossier du RER, il convient de ne pas ajouter la caricature à l'absence de considération", a répliqué le socialiste.

Cette absence de considération pour Bruxelles se traduit, avant tout, par le manque d'investissements sur l'ensemble du réseau bruxellois et ses petites haltes trop délaissées, estime Vervoort. "En se félicitant que la Flandre et la Wallonie compensent les carences du budget fédéral en matière d'investissements, M. Bellot fait la démonstration de l'échec de sa politique et de la faiblesse du MR au sein du gouvernement fédéral. Nos demandes sont limpides: investir une enveloppe pleine pour des haltes stratégiques pour Bruxelles que nous, Bruxellois, définissons. Nous sommes prêts à signer, le gouvernement fédéral est-il prêt à écouter?" a ironisé Rudi Vervoort.

Selon lui, la Région bruxelloise ne bénéficie que de 19 millions pour définir ses priorités sur un montant global d'un milliard d'euros. "Il est piquant de constater que 371 millions sont réservés à la Flandre alors même qu'il est indiqué que le réseau régional est en passe d'y être achevé. Il est à présent expliqué que ces 19 millions d'euros seraient déjà amputés de plus de 6 millions affectés sans concertation aux quais de la gare du Midi. Cela démontre que ces moyens ne servent pas de nouvelles priorités définies en bonne intelligence avec la Région, mais visent à compenser le désinvestissement structurel et chronique de la SNCB à Bruxelles", a ajouté le ministre-président bruxellois, demandant "non pas l'aumône, mais du respect".

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