Le Tec pense à réduire l'offre de bus

Le groupe Tec devrait enregistrer un déficit cumulé de plus de 200 millions d'euros d'ici 5 ans dont une perte d'environ 40 millions d'euros pour l'année 2016. L'exercice devrait se solder par un léger boni de 122.000 euros.

Après l'opérateur SNCB qui a validé mardi des mesures d'économies pour un montant de 110 millions d'euros avec notamment une réduction de l'offre de trains de 1,91 %, le groupe Tec pourrait bientôt faire pareil. Selon nos informations, les simulations sur la situation financière de la Société régionale du transport (SRWT) sont si catastrophiques que ses dirigeants ont pris les devants et ont établi une série de mesures pour éviter le dérapage du déficit. D'après plusieurs sources, le groupe Tec pourrait afficher un déficit cumulé de plus de 200 millions d'euros à l'horizon 2016 dont un trou d'environ 40 millions d'euros pour l'année 2016. Ces simulations se basent sur la situation actuelle où la Région wallonne a bloqué le montant de sa dotation au groupe Tec à 421 millions d'euros. Or, les frais de fonctionnement des transports en commun (Tec) wallons sont en augmentation. Selon les prévisions, le groupe Tec devrait clôturer 2011 avec un léger boni de 122.000 euros.

18 millions d'euros en plus

Pour éviter de se retrouver dans de mauvais draps, les dirigeants ont dressé une liste de mesures dont certaines risquent de toucher l'offre ou l'emploi. Ainsi, il est donc question de réduire l'offre de bus notamment dans les zones rurales ou à certaines heures le week-end. Le groupe envisagerait une augmentation des tarifs de 6 % et de faire payer les usagers qui actuellement bénéficient de la gratuité des transports. Il s'agit notamment des personnes âgées et des étudiants. L'idée est de leur demander une contribution de 30 euros par an pour un libre parcours. Dans les mesures proposées figure aussi une extinction de la gratuité de transport accordée aux automobilistes qui renoncent à la voiture en retournant leur plaque d'immatriculation à la DIV.

En ce qui concerne le personnel, le groupe Tec réfléchit à ne pas remplacer les agents partant à la retraite à l'horizon 2016. Du côté du cabinet de Philippe Henry (Ecolo), ministre wallon de tutelle des Tec wallons, on indique ne pas partager cette vision de réduction de l'offre. "Nous allons nous battre pour trouver des moyens supplémentaires lors des discussions sur les ajustements budgétaires. Depuis 2009, nous avons octroyé au groupe Tec environ 18 millions d'euros supplémentaires", nous a confié le porte-parole du ministre Henry.

Les organisations syndicales confirment les simulations financières en cours et s'opposent déjà à toute idée de réduction de l'offre ou de l'emploi. "Nous avons signé un accord de programmation sociale qui garantit le volume d'emploi jusqu'en 2012. Les Tec sont aujourd'hui victimes de leur succès avec une fréquentation en hausse. Une réduction de l'offre aura du mal à passer auprès des usagers", nous a confié Yves Depas, secrétaire fédéral de la CGSP, secteur TBM (Train, bus, métro).

Usagers en hausse de 3,5 %

Actuellement, le groupe Tec emploie environ 5.000 agents. Ses bus ont transporté environ 277 millions de passagers en 2010, en hausse de 6 % par rapport à 2009. Ses dirigeants ambitionnent de véhiculer près de 300 millions en 2011. La fréquentation est en hausse de 3,5 % durant le premier semestre 2011.

La direction de la SRWT confirme les réflexions en cours, mais précise qu'aucune mesure n'a encore été prise. "Gouverner, c'est prévoir. Théoriquement toutes les mesures sont envisageables, mais tout dépendra des moyens que la Région mettra à notre disposition. Mais nous savons que les perspectives de celle-ci ne sont pas réjouissantes, d'où notre travail d'anticipation et de préparation", nous a indiqué Jean-Marc Vandenbroucke, administrateur général de la SRWT.

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