Les cheminots inquiets pour l'avenir de la SNCB

Le retour à la normale suscite des inquiétudes dans le chef du personnel de la SNCB. ©BELGA

Des trains peu remplis, un Rail Pass gratuit, des comptes qui plongent dans le rouge, les motifs d'inquiétudes se multiplient à la SNCB. Le président de la CGSP cheminot lance un appel au gouvernement.

Le personnel de la SNCB est inquiet. Les motifs sont nombreux et dans un entretien accordé au Soir, le président de la CGSP Cheminot, Pierre Lejeune, appelle le gouvernement à faire un signe pour assurer l'avenir de la société ferroviaire.

300 millions
euros
"Les dernières prévisions budgétaires laissent entendre qu'à la place d'un ebitda positif de 108 millions, on s'attend pour 2020 à une perte d'environ 300 millions."

Il y a d'abord le retour à la normale en cette période de déconfinement. Alors que les trajets scolaires et domicile-travail restent limités, les trains ne se remplissent pas. "Les dernières prévisions budgétaires laissent entendre qu'à la place d'un ebitda positif de 108 millions, on s'attend pour 2020 à une perte d'environ 300 millions, soit un gap de 400 millions par rapport à 2019. Il faut se souvenir que ces mauvaises perspectives s'ajoutent à une réduction de la dotation de plus de 3 milliards d'euros lors du précédent gouvernement."

Qui paiera le Rail Pass?

C'est dans cette situation qu'apparaît la cacophonie sur le Rail Pass 10 trajets gratuits. Le syndicaliste rappelle que ce pass vaut 83 millions d'euros. Si deux millions de Belges l'utilisent, la facture sera de plus de 160 millions qu'il faudra ajouter aux 300 millions d'euros de déficit.  "Qui va prendre en charge le coût de cette opération?"

François Bellot
Ministre des Transports (MR)
"J'ai presque appris en même temps que Madame Sophie Dutordoir (CEO de la SNCB) que ce choix avait été opéré. Je crois que les présidents de partis ont cru que c'était un choix très simple alors que c'est très complexe."

Interrogé sur la question, le ministre des Transports François Bellot (MR) reconnaissait que le système était très complexe avec notamment des tickets nominatifs pour éviter "le trafic de tickets qui cannibaliserait les abonnements".

"J'ai presque appris en même temps que Madame Sophie Dutordoir (CEO de la SNCB) que ce choix avait été opéré. Je crois que les présidents de partis ont cru que c'était un choix très simple alors que c'est très complexe."

Face à la libéralisation

Pierre Lejeune rappelle aussi le contexte de libéralisation du rail dans lequel la SNCB doit évoluer. "Pour que le gouvernement puisse désigner la SNCB comme opérateur des missions de service public pour 10 ans encore, l'Europe impose un certain nombre de critères, notamment la stabilité financière."

Le syndicaliste appelle donc le gouvernement  à envoyer un signal aux cheminots sur l'avenir des chemins de fer. "C'est nécessaire quand on pense qu'il y a un an, le ministre François Bellot parlait de rapprocher Infrabel et la SNCB pour faire des économies."   

Il y a aussi le plan transport qui vise une offre accrue de 5% sur trois ans. "Qui dit offre supplémentaire doit dire personnel supplémentaire quand on a diminué le cadre ces dernières années." Le syndicaliste rappelle aussi que la SNCB a, ces dernières années, détaché du personnel dans d'autres entreprises (Thalys, Eurostar, Lineas). Des sociétés qui voient aussi leurs activités se réduire. Si ces personnes devaient revenir à la SNCB, cela remettrait-il en cause les recrutements?", s'interroge Pierre Lejeune. 

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