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Les ports d'Anvers et de Zeebruges fusionnent pour devenir le "Port of Antwerp-Bruges"

Le port d'Anvers détient une participation de 80% dans la nouvelle entité fusionnée. ©BELGA

Attendue depuis des mois, la fusion des ports d’Anvers et de Zeebruges est officielle. Le futur "Port of Antwerp-Bruges" deviendra un des 20 plus grands ports au monde en termes de volume transbordé.

Les négociations (intenses) en vue de la fusion des ports d’Anvers et de Zeebruges durent depuis fin 2019. À cause des périodes de confinement, les discussions avaient été mises à l’arrêt, mais les gestionnaires des deux ports avaient laissé entendre qu’il n’y avait aucun problème, que les discussions allaient bon train, et que la volonté d’aboutir était toujours bien présente.

Vendredi, la fusion entre les deux ports a été officiellement annoncée. La nouvelle entité sera dirigée par une seule équipe de pilotage, un seul conseil d’administration et un unique CEO. Le CEO actuel du port d’Anvers, Jacques Vandermeiren, devient comme attendu le CEO de la nouvelle société. L’échevine du port d’Anvers Annick De Ridder (N-VA) est nommée présidente du conseil d’administration. Le président actuel du port de Zeebruges, Dirk De Fauw (CD&V), assurera la vice-présidence.

Zeebruges disparaît du nom officiel de la nouvelle société "Port of Antwerp-Bruges" qui se fera connaître au niveau international. "Localement, on continuera à parler de Zeebruges", explique Dirk De Fauw, "mais à l’international, Bruges est une marque mieux connue que Zeebruges."

Le port d’Anvers détient une participation de 80% dans la nouvelle entité fusionnée et Zeebruges 20%. Le conseil d’administration comptera six représentants du port d’Anvers et trois (ensuite, deux) Brugeois, complétés par quatre administrateurs indépendants.

La structure juridique et opérationnelle de la nouvelle société sera affinée dans le courant de l’année. On s’attend à ce que le processus d’intégration dure environ un an.

Dirk De Fauw et Annick De Ridder se sont montrés très enthousiastes par rapport à la nouvelle entité fusionnée qui, selon eux, devrait devenir le port européen par excellence pour les conteneurs, les voitures et l’énergie.

"Nous pouvons devenir le port européen de l’énergie. Dans tous les domaines de nos activités, 1+1=3."
Annick De Ridder
Échevine (N-VA) du port d'Anvers, présidente du conseil d'administration

 "Ensemble, nous pouvons faire beaucoup de choses en matière de transbordement de conteneurs, de transition énergétique, d’économie circulaire, de production d’hydrogène et de captage du CO2", détaille Annick De Ridder. "Nous pouvons devenir le port européen de l’énergie. Dans tous les domaines de nos activités, 1+1=3." Elle souligne par ailleurs qu’aucun licenciement n’est prévu suite à la fusion.

Win-win

Cela fait déjà dix ans que certains politiciens comme Johan Vande Lanotte (sp.a), Kris Peeters (CD&V), Hilde Crevits (CD&V) et de grands clients des ports comme Maersk et CMA CGM plaident en faveur d’une fusion des deux ports. Mais l’ancien patron du port d’Anvers, Eddy Bruyninckx, était opposé à ce projet. Et à Zeebruges, on craignait que l’ensemble du pouvoir se retrouve dans des mains anversoises.

La nouvelle entité fusionnée devient un des 20 plus grands ports au monde en termes de volume transbordé.

Mais ces dernières années, les deux parties ont compris qu’une collaboration pouvait être profitable à tous et qu’il serait plus facile de relever ensemble les grands défis qui attendent le secteur, avait expliqué Jacques Vandermeiren l’an dernier.

Grâce à leur collaboration, les deux ports pourront profiter d’un effet d’échelle et tirer un meilleur parti de la transition énergétique, de l’innovation et de la digitalisation. Les deux ports sont complémentaires. Le port d’Anvers – beaucoup plus grand – est connu pour son expertise dans le transport par conteneurs, le groupage et les produits chimiques; il dispose d’importantes capacités de stockage. Il est actif à l’international. Zeebruges est spécialisé dans le transport de véhicules, le « roll-on roll-off » (chargement/déchargement de navires) et le GNL (gaz naturel liquéfié), en particulier avec le Royaume-Uni et la Scandinavie.

Pas une première

Anvers et Zeebruges ne sont pas les premiers ports à fusionner. Il y a quelques années, le port de Gand a fusionné avec ses homologues de Terneuzen et de Vlissingen, pour devenir "North Sea Port". Le processus de rapprochement a également pris plusieurs années. D’après les chiffres, North Sea Port se porte très bien depuis la fusion.

231
millions de tonnes
L’an dernier, le port d’Anvers a traité 231 millions de tonnes de marchandises. Il occupe la deuxième place au niveau européen.

L’an dernier, le port d’Anvers a traité 231 millions de tonnes de marchandises. Il occupe la deuxième place au niveau européen et est le deuxième plus grand cluster de l’industrie chimique au monde, après Houston. Le port d’Anvers est une société anonyme de droit public, dont l’unique actionnaire est la Ville d’Anvers. Zeebruges, qui a assuré l’an dernier le transbordement de 47 millions de tonnes de marchandises, est un des plus grands ports au monde pour le transport de véhicules et dispose d’un terminal GNL. La "Maatschappij van de Brugse Zeehaven" (MBZ ou Société portuaire brugeoise) est une société anonyme de droit public, dont la Ville de Bruges et le principal actionnaire. La nouvelle entité fusionnée devient un des 20 plus grands ports au monde en termes de volume transbordé.

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