Les privilèges des syndicats du rail revus à la baisse

©BELGA

Le gouvernement s'attaque au fonctionnement des syndicats de la SNCB. Il demande des élections sociales et revoient les règles à respecter en cas de grève. La direction du groupe ferroviaire remet également en cause le financement des organisations syndicales.

Le saviez-vous? Il n'y a pas d'élections sociales à la SNCB. Sur base du nombre d'affiliés, les deux syndicats officiels (CSC-Transcom et CGSP Cheminots) présentent une liste des représentants des travailleurs à la direction du groupe ferroviaire. Or, il y a des doutes concernant justement le nombre d'affiliés et certains travailleurs seraient également membres de plusieurs organisations syndicales.

Le gouvernement plaide dès lors pour des élections sociales secrètes - comme dans les entreprises privées - afin de freiner la toute-puissance des dirigeants syndicaux actuels. Les précédentes tentatives pour instaurer des élections sociales se sont toujours confrontées à la forte résistance des syndicats. 

Le financement des syndicats en question

La direction de la SNCB s'attaque également au fonctionnement de ses organisations syndicales. Elle refuse de conclure un nouvel accord concernant leur financement tant que celles-ci menaceront de faire grève cinq jours au mois de janvier. L'actuel accord de financement court jusqu'à la fin de l'année, indiquent vendredi les journaux de Mediahuis. 

10 millions €
Selon un accord entre direction et syndicats, la SNCB pourrait payer 10 millions d'euros pour financer les organisations syndicales du rail.

Les syndicats des cheminots pouvaient bénéficier d'environ 10 millions d'euros par an en vertu de cet accord. Sans avancée des négociations, les différentes organisations syndicales pourraient bien se retrouver sans argent en janvier. Les montants consacrés par la SNCB au financement des syndicats cheminots servent notamment à payer les salaires des travailleurs libérés pour des fins syndicales.

Limite des préavis de grève

Le syndicat autonome des conducteurs de train (SACT), qui dit représenter un tiers des conducteurs de train, avait menacé cet été de paralyser le rail tous les samedis. Mais il s'était ravisé. L'ampleur des actions prévues avait toutefois interpellé le gouvernement. Celui-ci souhaite limiter aux deux syndicats officiels et reconnus (la CSC-transcom et la CGSP Cheminots) la possibilité de déposer un préavis de grève.

©Photo News

Le SACT ne pourra plus, de sa propre initiative, bloquer tout le réseau ferroviaire. Le gouvernement ne souhaite pas interdire explicitement les petits syndicats de faire grève, mais le préavis de grève ne pourra pas émaner de ces petites instances. Sanctions financières et disciplinaires à la clé. 

La ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, souhaite également faire avancer le dossier sur le service minimum. Elle a laissé dans un premier temps les partenaires sociaux se mettre d'accord. "Je donnais toutes les chances à la concertation sociale, mais il n'y a pas d'accord", a-t-elle toutefois déclaré jeudi à la Chambre. Elle pourrait dès lors lancer elle-même une proposition. 

La CSC-Transcom s'est penché sur l'avenir de la SNCB, comme lui avait demandé la ministre Galant. En matière d’organisation du travail, elle préconise l’instauration d’un régime de travail officiel mi-temps, 32h et 38h. Le syndicat chrétien envisage une présence du personnel 2 ou 3 jours sur 5, mais précise qu’il faut organiser une rotation efficace pour garantir une présence maximale des équipes. 

Le syndicat chrétien estime que la nouvelle organisation doit aller de pair ou doit être précédée d’une révision à la hausse des barèmes. Elle demande aussi une majoration de la valeur nominale des titres repas pour passer de 5,5 euros à 7 euros.

Ses propositions vont à l’encontre de la proposition du patron du transporteur ferroviaire, Jo Cornu, qui préférerait un régime de travail hebdomadaire de 38h pour tous les agents (36h actuellement). "Différentes études démontrent qu’une augmentation des heures de travail est totalement contre-productive. Jo Cornu fait cette proposition alors que dans le même temps, les cheminots ont un arriéré de 300.000 jours de récupération encore à prendre", fustige Isabelle Bertrand, secrétaire nationale de la CSC-Transcom.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés