epinglé

Les retards sur le rail, c'est un peu de la faute de Siemens, selon Infrabel

©BELGA

Le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, Infrabel, estime qu'un système de détection livré par Siemens est responsable de 9.000 minutes de retard sur le réseau ferroviaire belge au premier trimestre 2018.

Le 12 mars 2018 en début d'heure de pointe, 52 trains de voyageurs sont ralentis, voire bloqués, autour de la gare de Schaerbeek. L'incident technique provoque près de 7 heures de retards cumulés. En cause: des dysfonctionnements en cascade d'un compteur d'essieux.

Un compteur d'essieux? Un compteur d'essieux est un dispositif qui permet de localiser un train sur les voies. "Ces équipements remplissent la même fonction essentielle à la fluidité du trafic puisque la localisation des trains conditionne le fonctionnement des feux de signalisation. En clair, lorsqu'un train a quitté une section de voie, le feu se trouvant en amont libère le passage pour le train suivant. En cas de défaut de ce dispositif de détection, le feu restera rouge, occasionnant l'arrêt du trafic", explique Infrabel.

Deux fois plus de retard que l'an dernier

Et le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire du pays l'a mauvaise. Il en veut particulièrement au consortium allemand Siemens, le groupe choisi pour installer ces compteurs d'essieux sur les voies. Actuellement, une centaine de compteurs d'essieux sont déjà installés, et ce depuis mai 2017, et 60 autres devraient l'être sur l'ensemble du réseau. Selon nos informations, Infrabel a décidé que plus aucun compteur d'essieux mis en cause (AC 100) ne sera installé jusqu'à nouvel ordre. Ce matériel est également indispensable pour le déploiement du système européen de contrôle et de sécurité des trains (ETCS) d'ici 2023, dont le contrat à 510 millions d'euros a été attribué à ... Siemens et Fabricom.

L'affaire est donc sérieuse. Sur les trois premiers mois de l'année, 125 perturbations du trafic liées aux nouveaux équipements fournis ont été recensées. Elles ont causé 9.000 minutes de retard, soit 1h40 chaque jour sur ce premier trimestre 2018. C'est deux fois plus que sur la même période de l'année précédente, précise Infrabel dans son communiqué. 

La société sœur de la SNCB demande ainsi à Siemens de prendre ses responsabilités et l'invite "à mettre tout en œuvre, et au plus vite, pour apporter une solution aux problèmes de fiabilité chroniques rencontrés par les équipements fournis", conclut le gestionnaire. Chez Siemens, "on n'a pas encore identifié clairement le problème et on tarde à fixer un calendrier pour le résoudre", nous dit une source proche du dossier qui précise que le dossier est à l’origine d'échanges houleux entre le patron d'Infrabel et celui de Siemens Belux.

Une procédure formelle n'a pas encore été initiée pour résoudre le conflit. "Nous examinons encore toutes les options", a souligné Frédéric Petit, porte-parole d'Infrabel.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect