Les vélos bruxellois Ahooga s'attaquent au marché mondial

©Saskia Vanderstichele

La marque de deux-roues légers et pliables est à la tête d’un modèle unique: le vélo hybride. Ahooga Bike espère vendre cette année entre 1.500 et 2.000 exemplaires de ses bécanes. Ses dirigeants visent désormais le marché mondial.

Ahooga, un nom qui sonne comme un fruit tropical pour une marque de vélo. Point culture: il s’inspire des klaxons des vieilles Ford d’époque. "Quand deux ahoogueurs se croisent, ils doivent se crier cet ‘AHOOGA’", explique Philippe Lefrancq, cofondateur de l’enseigne avec Fréderic Mertens. C’est sûr que c’est autrement plus original que de crier "VILLO" dans les rues de Bruxelles.

©Dieter Telemans

Lancée en 2015, la marque s’inspire directement de la capitale belge. "Cette ville est géniale, mais on a vite compris qu’il y avait un gros problème au niveau de la mobilité. Alors que dans d’autres villes ‘heureuses’, ça se passe très bien. Résultat: pour avoir une métropole heureuse, il faut s’y déplacer de façon agréable. On a donc voulu créer le vélo qui allait mettre tout le monde sur deux roues", déclare Philippe Lefrancq.

Deux roues hybrides

Ahooga

• Créée en 2015 par Philippe Lefrancq et Frédéric Mertens. S’installera à l’avenue Louise en septembre pour être au cœur de Bruxelles.

• 500 vélos produits en 2016, 1.000 en 2017. Ils visent entre 1.500 et 2.000 ventes pour 2018.

• Chiffre d’affaires: 1,6 million d’euros en 2017.

• Travail avec 200 revendeurs dans une dizaine de pays européens.

Un challenge plus ardu que le Mont Ventoux pour une des villes les plus embouteillées d’Europe, où une piste cyclable peut s’arrêter subitement à la limite entre deux communes. Pour relever ce défi, ils ont décidé de créer un modèle unique sur le marché, le vélo hybride. Le concept: utiliser ses muscles pour les trajets faciles, s’appuyer sur la batterie pour les montées ou distances plus longues. Cette alternance permet à la marque de proposer le vélo électrique le plus léger du marché, 13 kg tout mouillé sur la balance. Soit quasiment deux fois moins que ses concurrents.

Ahooga mise ainsi sur la combinaison d’éléments habituellement opposés. "Nos vélos sont pliants mais performants. Grâce à leur cadre triangulaire sans charnières, on ne perd plus d’énergie. Ils sont plus rigides, donc plus dynamiques et agréables", affirme Philippe Lefrancq. Un design aux allures de BMX qui compte aussi charmer les nostalgiques.

La formule séduit le marché européen. Dans les chiffres, la petite entreprise est passée de 500 vélos produits en 2016 à 1.000 en 2017. Elle en vise désormais entre 1.500 et 2.000 vélos produits pour 2018. Son chiffre d’affaires annuel atteint désormais 1,6 million euros. En Belgique, une centaine d’entreprises a recours à des vélos Ahooga.

"Pour avoir une métropole heureuse, il faut s’y déplacer de façon agréable."
Philippe Lefrancq
Cofondateur d’Ahooga

Les vélos s’exportent aujourd’hui auprès d’environ 200 revendeurs dans 10 pays membres. Et l’entreprise se lance à la conquête du marché mondial. "Nous revenons de l’Eurobike, la grande messe internationale du vélo, où notre stand n’a pas désempli de monde. Nous sommes en train de démarrer les discussions pour nous étendre à d’autres continents. On nous a fait du pied très insistant pour nous lancer aux Etats-Unis et en Asie", confie le cofondateur de la marque.

Fierté belge

Si l’enseigne pourrait devenir internationale, Ahooga insiste pourtant sur sa belgitude profonde. Produire local, c’est essentiel pour la boutique bruxelloise.

"Pour le cadre, on utilise de l’aluminium produit en Belgique, et on l’assemble pour 30% ici, le reste en Hongrie. Aujourd’hui, il y a beaucoup de marques belges qui s’annoncent belges alors qu’elles achètent des cadres tout faits à Taïwan. Les gens ne voient pas la différence. Pour nous, c’est important de produire au plus local possible."

Un choix pas toujours simple vu les prix de production élevés… mais récompensé par une loi antidumping passée il y a quelques semaines. L’Union européenne taxera désormais les vélos provenant de Chine entre 21,8% et 83,6%. Prix du vélo hybride de nos Bruxellois: à partir de 2.099 euros.

À l’occasion de la fête nationale belge, Ahooga a également lancé une édition limitée pour réaffirmer son identité. Réalisé par l’artiste bruxellois Monk, le modèle noir-or-rouge montre un Manneken-Pis prêt à lancer… un paquet de frites. Brusseleer jusqu’au bout des pédales.

Le nouveau modèle lancé pour la fête de la frite. ©BELGA

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