Les vols de câbles commencent à peser sérieusement pour Infrabel

Certains cables en cuivre sont remplacés par de l'aluminium (2013) ©BELGA

Infrabel a une nouvelle fois fait face à un vol de câbles dans la nuit de jeudi à vendredi. Les minutes de retard et la note s’allongent pour le gestionnaire de réseau, visiblement démuni. Et la baisse du cours du cuivre ne devrait pas changer les choses.

L’info en deviendrait presque banale tant elle se répète depuis des semaines. Hier encore, Infrabel a dû constater un nouveau vol de câbles sur l’une de ses lignes à grande vitesse, reliant Liège à Bruxelles. 700 mètres de cuivre ont ainsi été dérobés vers 1h du matin, provoquant d’importantes perturbations. Comme un air de déjà-vu. Depuis le mois de juin, les vols sont devenus presque le quotidien du gestionnaire du réseau ferroviaire. De quoi donner un coup au moral.

"Depuis trois mois, nous rencontrons presque tous les jours ces mêmes problèmes avec, au mieux, une pause ou deux sur la semaine sans vol. C’est bien simple, entre juin et août nous avons enregistré plus de problèmes de vols que sur toute l’année dernière", se désole Arnaud Reymann, le porte-parole d’Infrabel. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 26 vols en juin, 22 en juillet, autant en août et un mois de septembre qui s’annonce déjà très probablement aussi mauvais.

23.000
Depuis le mois de juin, Infrabel a enregistré plus de 23.000 minutes de retard sur les trains voyageurs rien que pour les problèmes de vol.

Des dizaines d’incidents, dont les conséquences se ressentent dans les heures qui suivent, au moment où les voyageurs se rendent en gare. "On a enregistré plus de 23.000 minutes de retard sur les trains de voyageurs, rien que pour les problèmes de vol", illustre encore le responsable de la communication.

Un coût de 2 millions d’euros

En plus des minutes perdues, Infrabel doit aussi faire avec une note de plus en plus salée. "Depuis août, cela représente un coût de 2 millions d’euros pour Infrabel". Un montant qui ne s’explique pas uniquement pas l’importante valeur du métal. "La matière première à remplacer a certes un coût non négligeable mais c’est surtout les besoins humains que nécessitent les remplacements qui pèsent. Depuis le début de l’été, c’est une équipe d’une quinzaine d’hommes qui doit intervenir en urgence, pratiquement toutes les nuits. Du personnel qui, en plus, n’est plus disponible ailleurs. Nous avons déjà pris du retard sur certains autres chantiers", ajoute le porte-parole. Au point de devenir problématique pour les finances du gestionnaire, si les vols se poursuivent?

"C’est déjà problématique. Mais avant l’aspect financier, c’est l’humain qui inquiète. On ne peut pas demander éternellement à nos équipes de faire des réparations en urgence. Ce travail se fait sur base volontaire mais ne peut pas durer. On est sur le fil du rasoir", lance encore le porte-parole.

Une bande très organisée

Le cuivre semble pourtant moins intéressant. Alors qu’il s’échangeait il y a encore quelques mois jusqu’à 6.200 euros la tonne, son cours est désormais en baisse, le métal se négocie désormais autour des 5.000 euros par tonne. Pas de quoi espérer un changement du côté d’Infrabel. "Cela n’aura probablement aucun effet. Nous subissons les actes d’une bande très organisée, probablement toujours la même, qui parvient à prendre des quantités tant qu’elles resteront ‘rentables’ malgré la baisse. L’une des solutions envisagées fut d’ailleurs, à une époque, de favoriser l’aluminium plutôt que le cuivre. Même si les voleurs ciblent en priorité le cuivre, ils embarquent aussi l’aluminium lorsqu’ils en trouvent", ajoute encore le porte-parole.

Après avoir perturbé longtemps le réseau, le phénomène du vol de câble avait connu une forte chute ces dernières années. "On n’avait même presque résolu le problème. Le politique avait mis les moyens, notamment en votant une loi interdisant la vente de câbles de cuivre contre du cash. Il y a eu également plusieurs arrestations avec des peines lourdes et de la prison ferme, précise encore Arnaud Reymann. Nous attendons qu’une chose, c’est une arrestation et des peines semblables".

Le gestionnaire réfléchit également à de nouvelles mesures pour dissuader les voleurs, avec notamment de la surveillance par drone. "C’est une mesure qui pourrait avoir de l’effet mais nous ne pouvons pas effectuer d’interpellations". En attendant de trouver la solution idéale, Infrabel coule désormais ses précieux câbles dans du béton, rendant leur extraction bien plus compliquée. "Mais là non plus, ce n’est vraiment pas la solution. Si ces câbles sont accessibles si facilement ce n’est pas sans raison. L’entretien du réseau nécessite de travailler sur le câblage régulièrement. En les rendant moins accessibles, nous nous pénalisons aussi."

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