"Les voyageurs veulent des trains à l'heure et..."

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La grève du rail de deux jours devrait particulièrement toucher la Wallonie et Bruxelles alors que la Flandre devrait être "relativement épargnée". Marianne Lerouge, reponsable CSC "Chemins de fer" revient sur les enjeux.

Une grève de deux jours démarrera ce mardi soir sur le rail à l'appel des ailes francophones des syndicats chrétien (CSC-Transcom) et socialiste (CGSP-Cheminots).

La SNCB a ainsi fait savoir qu'elle prévoyait de dédommager les abonnés et les voyageurs ayant acheté leur ticket avant l'annonce de la grève. Cette mesure s'applique aux 2 jours de grève. La demande de compensation doit être introduite dans les 15 jours via le service clientèle. Le retard subi doit toutefois atteindre les 60 minutes.

En pratique:

→ L'organisation patronale bruxelloise Beci lance une action de co-voiturage et de co-working.

→ Les étudiants, en examen, pourront eux compter sur l'aide de certains cheminots en grève qui se sont proposés pour les véhiculer. Dans l'enseignement secondaire, la grève des transports en commun peut être considérée, au cas par cas, comme une raison d'absence, mais ce n'est nullement le cas dans le réseau universitaire. L'Université Catholique de Louvain (UCL) et à l'Université de Namur, ont adapté certains horaires "afin de permettre aux étudiants d'avoir le temps d'arriver". A l'Université Libre de Bruxelles (ULB), il est demandé aux professeurs d'accueillir "avec bienveillance" un éventuel retard.
Par ailleurs, plusieurs initiatives ont été mises en place afin d'aider les étudiants à se rendre sur leur lieu d'examen. Ainsi, à Louvain-la-Neuve, l'UCL a marqué son accord pour qu'un dortoir, qui comportera une trentaine de places, soit utilisé au kot Erasmus par les étudiants qui ne trouveraient pas d'alternative en matière de transport. A Mons, l'Université de Mons (UMons) met une cinquantaine de chambres à la disposition de ses étudiants. A Namur, "un seul étudiant s'est manifesté pour obtenir un logement", explique la porte-parole de l'université Antoinette Minet. Il a été pris en charge. L'université namuroise, ainsi que l'ULB, ont également rappelé l'existence de leur service interne de co-voiturage.

Les syndicats avaient certes prévus 5 jours de grève pour ce mois de janvier. Mais après concertation avec l'Union des étudiants de la Communauté française (Unécof), qui représente 50.000 étudiants, les syndicats avaient décidé de reculer les trois derniers jours de grève (les 21, 22 et 23 janvier) à une date ultérieure.

Les revendications

Cette grève de deux jours intervient alors que syndicats et la direction de la SNCB discutent depuis 8 mois. Pour la responsable CSC "Chemins de fer" Marianne Lerouge, il s'agit de l'ultime solution pour débloquer la situation. "Cela fait un an que nous combattons les mesures d'économies de la ministre Galant. Nous avons essayé toutes sortes de pistes alternatives, des pétitions, des distributions de bonbons, du lobbying politique, des questions parlementaires et nous n'avons pas été entendus", explique la syndicaliste invitée ce mardi matin par Martin Buxant (L'Echo) sur les ondes de Bel-RTL.

 

Marianne Lerouge-CSC Transcom ©BELGA

Marianne Lerouge rappelle que via ces actions, les syndicats appellent à de réelles négociations en vue d'un accord équilibré. L'emploi est aussi sur la table. "Nous demandons des emplois de qualité pour garantir un véritable service publique".

Elle souligne notamment les 300.000 heures de récupérations non payées par la SNCB tout en ajoutant qu'il est totalement possible de faire des économies. "Il y a beaucoup de gaspillage à la SNCB, ce que dénoncent les agents tous les jours". Elle cite ainsi le recours à la sous-traitance, là où des agents pourraient effectuer le travail, des appels à des experts pays trois fois plus que les agents statutaires et leurs expertises.

Quant à savoir si la SNCB doit conserver son statut spécial, la syndicaliste explique que l'expertise ferroviaire ne s'apprend dans aucune école. "Il est donc important de garantir une stabilité d'emplois".

"La Ministre Galant est bien à même de sentir les enjeux budgétaires: il y a 3 milliards d'économies sur la table. Mais en terme de mobilité, ce n'est pas ce que les voyageurs demandent. Ils veulent des trains à l'heure, des trains en suffisance, des trains en zones rurales".

Si la CSC et la CGSP maintiennent coûte que coûte les actions, les syndicats flamands ont décidé de ne pas suivre le mot d'ordre. "Nos collègues néerlandophones ont été soumis à une pression très forte du politique". Le syndicat autonome des conducteurs de train (SACT-ASTB) annonce lui qu'il n'appelle pas à la grève mais laisse libre ses affiliés, tant francophones que néerlandophones, d'y participer. Le syndicat représente quelque 1.000 des 3.800 conducteurs.

 

Interrogé sur le fait que ces actions apportent de l'eau au moulin du gouvernement souhaitant instaurer le services minimum, Marianne Lerouge déclare: "Ils avaient de toute façon dans l'idée d'instaurer un services minimum. Nous n'y croyons pas très fort car pratiquement cela sera difficile de dire aux voyageurs qui peut monter dan le train et qui doit rester sur le quai. Mais si le gouvernement veut l'instaurer, libre à lui".

La grève en pratique

Les entreprises de chemins de fer s'attendent "à de fortes perturbations" tant du trafic national qu'international ces mercredi 6 et jeudi 7 janvier. Les conséquences de cette grève de deux jours devraient particulièrement toucher la Wallonie et Bruxelles alors que la Flandre devrait être "relativement épargnée".

Même si elle annonce qu'elle fera son maximum pour que le trafic à travers Bruxelles soit le plus fluide possible, la SNCB conseille à ses clients de ne pas compter sur les trains pour se déplacer entre ce mardi 5 janvier (à partir de 22h) et ce jeudi 7 janvier (jusqu'au dernier train).

Quid des trains internationaux?

  •  A l'international, les premières perturbations se feront sentir dès mardi soir sur le réseau Thalys. Les trains 9393 (Bruxelles-Midi vers Paris-Nord de 22h13) et 9394 (Paris-Bruxelles de 21h25) sont d'ores et déjà supprimés. Mercredi, la circulation des Thalys sera complètement à l'arrêt.
  • La circulation des Eurostar sera elle aussi perturbée dès mardi soir puisque le dernier train à destination de la capitale belge est supprimé. De plus, aucun train ne circulera entre Bruxelles et Lille mercredi et jeudi. Un service adapté reliera Lille et Londres.
  • Les TGV vers la France sont aussi affectés. Le premier train à pâtir de la grève sera celui de mardi en provenance de Marseille puisqu'il sera limité à Lille au lieu de Bruxelles. Tous les TGV de mercredi et jeudi débuteront et arrêteront leur voyage dans la capitale des Flandres à la place de celle de l'Europe. Les billets déjà commandés pourront être utilisés sur les mêmes tronçons entre les 5 et 8 janvier.    
  • Concernant les trains ICE, à partir de l'ICE n°10 en provenance de Francfort, aucun ICE ne circulera entre Bruxelles et Aix-la-Chapelle, et inversement, jusque jeudi soir. L'ICE n°11 de vendredi prendra quant à lui son départ de Liège et non de Bruxelles.
  •  Enfin, pour les trains EuroCity reliant Bruxelles à Bâle, la liaison Bruxelles-Luxembourg ne sera pas assurée. En ce qui concerne les autres destinations (Amsterdam, Rosendael, Lille, Maastricht et Luxembourg), la situation est à l'heure actuelle difficile à prévoir.

SNCB Europe communiquera en temps réel les informations nécessaires aux voyageurs.

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