Moins de la moitié des trains sont à l'heure

©Filip Ysenbaert

Selon des chiffres circulant en interne à la SNCB, les trains arrivant avec au moins une minute de retard sont majoritaires.

D’après une enquête dont les chiffres n’ont jamais été publiés et qu’un vent favorable nous a fait parvenir, seuls 49,1% des trains étaient à l’heure l’an dernier en Belgique. Pour être considérés comme étant "à l’heure", les trains doivent afficher moins d’une minute de retard.

C’est lors des heures de pointe que le problème de ponctualité des trains belges est le plus dramatique. Le matin entre 6 et 9 h, seuls 40,7% des trains sont à l’heure. Le soir, c’est le cas d’à peine 39,7% des lignes. La situation est moins grave en dehors des heures de pointe (50,8% de trains à l’heure) et pendant le week-end (58,4%).

Ces nouveaux chiffres montrent que la ponctualité sur le rail est dans la réalité bien pire que ce que les chiffres de la SNCB et du gestionnaire de réseau Infrabel laissent entendre. D’après les statistiques officielles publiées tous les mois, 87,2% des trains étaient à l’heure l’an dernier, sur base de la définition officielle de la ponctualité. En d’autres termes, cela signifie qu’ils affichaient au maximum 5 minutes et 59 secondes de retard dans la gare de destination ou dans la première gare de la jonction Nord-Midi à Bruxelles.

"Statistiques internes"

Le porte-parole d’Infrabel Frédéric Petit souligne que les autres chiffres relatifs à la ponctualité – qui mesurent le retard à partir d’une minute – sont des "statistiques internes". "Les seuls chiffres officiels sont ceux qui se basent sur la norme de 5 minutes et 59 secondes", précise Frédéric Petit.

Cela fait longtemps que la SNCB et Infrabel sont confrontés au problème de la détérioration de la ponctualité des trains. L’an dernier, la ponctualité officielle est passée de 88,3 à 87,2%. La ponctualité "de fait" est quant à elle passée de 50,4 à 49,1%. Au total, ces retards ont représenté l’an dernier 3,2 millions de minutes, soit 260.000 minutes de plus qu’en 2017.

La majeure partie des retards (41%) sont provoqués par des tiers, comme des personnes se trouvant sur les voies ou des accidents. Infrabel est responsable de 23,6% des retards, par exemple à cause de problèmes de signalisation. Seule la SNCB a vu sa part de responsabilité dans les retards augmenter l’an dernier (à 30,7%). Cette hausse s’explique notamment par les nombreux problèmes rencontrés avec le matériel roulant.

Agacement

Le manque de ponctualité des trains provoque également de l’agacement auprès des usagers. À peine 60,9% des voyageurs interrogés se déclaraient satisfaits de la SNCB en 2017, soit 5% de moins qu’en 2016. Avec un taux de satisfaction de 42%, la ponctualité obtient un des plus mauvais scores.

Fin novembre, la SNCB a reconnu que la ponctualité était "au-dessous du niveau exigé", même si l’entreprise expliquait ce problème par la "longue période de sous-investissements chroniques dans les infrastructures, le matériel roulant et les quais". L’entreprise pointe aussi du doigt les nombreux travaux entrepris par Infrabel. Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR) a interpellé les CEO et les conseils d’administration des deux entreprises. Bellot a exigé la semaine dernière qu’ils élaborent un plan d’action pour améliorer la satisfaction des voyageurs et la ponctualité des trains.

Cet après-midi, la commission Infrastructure de la Chambre se penchera lors d’une séance d’auditions sur la ponctualité des trains. La CEO de la SNCB Sophie Dutordoir et le CEO d’Infrabel Luc Lallemand peuvent s’attendre à un feu nourri de questions.

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