Nethys fait perquisitionner chez Infrabel

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Des enquêteurs de la police fédérale ont procédé fin janvier dernier à une perquisition dans les locaux de Tuc Rail, la filiale d’Infrabel qui a intégré l’entité restante de B-Telecom. La perquisition est la conséquence de la plainte au pénal avec constitution de partie civile déposée par Nethys qui se dit convaincue que la procédure de cession de B-Telecom n’a pas été transparente.

Rebondissement dans le dossier de la vente de B-Telecom, l’ex-filiale d’Infrabel qui avait en charge la gestion et la commercialisation des fibres optiques du gestionnaire d’infrastructure ferroviaire belge. Selon nos informations, des enquêteurs de la police fédérale ont procédé fin janvier dernier à une perquisition dans les locaux de Tuc Rail, la filiale d’Infrabel qui a intégré dans son périmètre Ixilio, l’entité restante après la cession de B-Telecom.

La descente des enquêteurs s’est déroulée le 25 janvier et ceux-ci ont emporté toutes les archives liées à la transaction qui remonte à 2015. La perquisition est la conséquence de la plainte au pénal avec constitution de partie civile déposée par Nethys. Les dirigeants du groupe liégeois sont convaincus que la procédure de cession de B-Telecom n’a pas été transparente et qu’elle viole le principe d’égalité de traitement des candidats acquéreurs.

Contacté par nos soins, Infrabel confirme bien qu’il y a eu perquisition, mais la relativise. "C’est l’évolution normale de la plainte introduite en 2016 par Nethys. La perquisition est un acte d’instruction normal qui ne présage de rien. L’opération de cession de B-Telecom a été menée dans le respect de toutes les règles", nous a confié une source proche du dossier.

Dommages et intérêts

Elle fait remarquer que Nethys avait perdu par deux fois son action en référé pour tenter de bloquer l’opération de cession de B-Telecom à Eurofiber. En vain. Il a été débouté à chaque fois. Mais le groupe liégeois a également introduit une plainte au civil pour demander des dommages et intérêts dans le cadre de cette opération de cession. Il n’a pas encore chiffré le niveau de son préjudice, mais comme le pénal tient le civil en l’état, l’action au civil est actuellement mise en veilleuse le temps que la plainte au pénal soit totalement liquidée.

33
millions €
Tel est le montant auquel Eurofiber a racheté B-Telecom pour un actif de 7.500 km de fibres optiques. Sous-évalué, selon d’aucuns.

Ironie du sort, il n’y a pas que Nethys qui attaque Tuc Rail en justice. Eurofiber, le groupe néerlandais à qui Infrabel a cédé sa filiale de gestion des fibres optiques n’est pas non plus content de l’opération. Il avait donc intenté une action en justice contre Tuc Rail. Eurofiber dénonce le fait que des clients de B-Telecom n’ont pas renouvelé des contrats à durée déterminée. Il réclame pas moins de 8 millions d’euros pour son préjudice. Concrètement, Eurofiber refuse de libérer la dernière tranche du montant convenu pour l’acquisition de B-Telecom conclue en juin 2015. Le montant de la transaction était estimé à 33 millions d’euros pour un actif de 7.500 kilomètres. Tuc Rail s’est tourné vers le tribunal de commerce de Bruxelles pour débloquer les fonds consignés. Le dossier n’est toujours pas encore clôturé.

Lors de la mise en vitrine de B-Telecom, E-Capital, un fonds d’investissement belge, était aussi candidat au rachat et selon des sources proches du dossier, ses dirigeants auraient valorisé l’actif à plus de 71 millions d’euros. Ils s’étaient aussi engagés à réaliser des investissements pour environ 4 millions d’euros en Belgique et à garder le personnel pendant au moins 36 mois. Nethys mettait sur la table quelque 25 millions en cash.

B-Telecom n’est pas resté longtemps néerlandais. Quelques mois après l’opération, Eurofiber se faisait lui-même racheter par le fonds d’investissement français Antin Infrastructure Partners pour environ 875 millions d’euros. Cette opération a interpellé plusieurs observateurs belges qui se sont demandé si Infrabel avait finalement réalisé une bonne opération en cédant B-Telecom à Eurofiber. En effet, l’actif cédé par le groupe néerlandais au fonds d’investissement français est composé de 25.500 km de fibres optiques (y compris les fibres belges). D’après ces observateurs, un rapide calcul révèle que les actifs cédés par le gestionnaire d’infrastructure ferroviaire belge auraient été sous-évalués. Mais aucun élément concret ne permet de suivre ou de confirmer la thèse de ces observateurs.

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