interview

"Nous avons failli mourir, mais nous sommes à nouveau bien vivants" (Nicolas Saverys, CEO d'Exmar)

©Diego Franssens

Il y a trois ans et demi, Nicolas Saverys et sa société de transport maritime Exmar ont dû faire face à une crise qui les a amenés au bord du précipice. Mais depuis peu, ils peuvent à nouveau respirer. "Après avoir signé la transaction qui a sauvé l’entreprise, je suis tombé dans un trou noir."

Flash-back. Mercredi 14 juin 2017. L’action de l’armateur belge spécialisé en transport de gaz Exmar perd 9% en Bourse. Elle ne représente plus qu’une fraction de son cours le plus bas, soit 3,90 euros. En à peine trois mois, l’entreprise a perdu 40% de sa valeur. Les actionnaires paniquent. Son CEO Nicolas Saverys se rend dans son château à Sombeke, un petit village de la commune de Waasmuster, en Flandre Orientale.

Le descendant de la célèbre famille d’armateurs anversois est sous forte pression. Exmar croule sous une dette astronomique de 567 millions de dollars, auxquels pourraient s’ajouter 360 millions de dollars si le M/S Caribbean, une usine flottante de liquéfaction de gaz naturel, sort du chantier naval. Car le navire n’a pas encore trouvé son premier client.

À une centaine de mètres de son habitation, la rue est en travaux. Il s’arrête, fait marche arrière et touche un des véhicules du chantier. Comme il constate qu’il n’y a aucun dégât, il décide de répondre à un appel téléphonique d’un client important. Après dix minutes, les ouvriers se montrent impatients et lui demandent de remplir le formulaire de déclaration d’accident. Une discussion s’engage et Saverys s’en va.

Les phrases clés
Les phrases clés

"Sur les plans technique et opérationnel, nous sommes de classe mondiale avec nos plateformes de gaz flottantes."

"Je suis un fervent défenseur de la méritocratie."

"Un buffle m’a attaqué et j’ai saisi ses cornes avec une seule pensée: ‘S’il me perfore la poitrine ou le ventre, c’est game over.’"

Moins d’un an plus tard, la décision du tribunal de police tombe: délit de fuite. "J’ai écopé d’une amende de 2.000 euros et de deux mois de retrait de permis, explique le CEO. Alors qu’on ne pouvait même pas parler de collision. J’étais au téléphone et ces gens continuaient à frapper sur ma vitre… (soupir). C’était un accident."

Étiez-vous stressé?
Je suis assez résistant au stress, mais nous traversions une période particulièrement difficile. Nous venions tout juste de réussir à prolonger de deux ans un emprunt obligataire de 105 millions d’euros à un taux usurier de 11 à 12,5%. Ce fut douloureux. Notre endettement était énorme – près de 850 millions de dollars –, nous avions une usine flottante sans le moindre client et un cours de Bourse qui s’était totalement effondré.

Exmar se trouvait au milieu de la pire tempête depuis sa création 35 ans auparavant. Tout cela pèse à la fois sur le moral de vos collaborateurs et sur vous-même. À la fin, je pense que j’en ai même souffert physiquement.

Vous est-il arrivé de paniquer?
Non, mais certains de mes collègues, oui. Et ils l’ont crié haut et fort. C’était le drame. Quand vous avez une équipe de football dont tous les joueurs sont bons, mais qu’ils comprennent qu’ils ne peuvent pas gagner le match, cela crée des tensions dans l’équipe. Nous n’y avons pas échappé. Dans ce cas, vous devez vous montrer confiant, et même dans le doute, vous devez rester fort, un peu comme un entraîneur, alors que vous auriez vous-même bien besoin d’un coach! (il rit)

À l’extérieur, un vent de tempête souffle sur l’Escaut. Au siège anversois d’Exmar, avec vue sur les quais, Nicolas Saverys nous raconte les trois ans et demi de crise qui ont failli précipiter son groupe au fond du puits. Le magnat du transport maritime n’est pas encore totalement sorti des eaux troubles, mais depuis l’an dernier, il peut à nouveau respirer. Son usine flottante Caribbean FLNG a enfin trouvé un client. Le géant restera dix ans dans le port de Bahia Blanca en Argentine, où il est amarré depuis la semaine dernière. À partir du deuxième trimestre, la société publique énergétique YPF louera l’usine à gaz, rebaptisée Tango FLNG, pour 43 millions de dollars par an. Saverys raconte en toute transparence: "Après la signature de ce contrat, je suis tombé dans un trou noir. Je voulais être seul et dormir. C’était grave au point que j’ai demandé à un ami médecin: ‘C’est ça, la dépression? Explique-moi.’ Je ne pense pas que j’en étais à ce point, mais je me levais chaque matin plus fatigué que la veille. Cela n’avait plus rien de drôle."

Sur un écran plat dans son bureau, le CEO d’Exmar montre comment l’installation de 144 mètres de long et 32 mètres de large du Tango a été sortie d’un chantier naval chinois par des remorqueurs et insérée, à la manière d’une pièce d’un gigantesque puzzle, entre une proue et une poupe ancrées dans une baie toute proche. Ensuite, le navire a mis le cap sur l’Amérique du Sud.

"J’étais encore à Londres hier, raconte-t-il. Nous étions en réunion avec le management d’YPF pour finaliser l’arrivée du navire en Argentine. Pendant le dîner, j’ai dit que nous avions eu beaucoup de chance. Ce projet n’est pas uniquement capital pour Exmar, mais aussi pour toute l’économie argentine. Le pays fait face à une inflation de 50%. Les Argentins peuvent lutter contre cette inflation en important des devises grâce à l’exportation de gaz. Avec Tango, ils pourront exporter chaque année 500.000 tonnes de GNL. Ce contrat s’inscrit parfaitement dans les projets de relance de l’économie du président Mauricio Macri et de son gouvernement."

Le président a-t-il participé aux négociations?
Non, mais je l’ai rencontré. C’est un fan de football, et je lui ai offert un maillot d’Eden Hazard. Ça aussi, ce fut un coup de chance (il rit). Le président du Club de Bruges Bart Verhaeghe et le kiné Lieven Maesschalk sont de bons amis. Ils connaissaient la situation périlleuse dans laquelle Exmar se trouvait. Lorsque je me suis rendu en Argentine pour le contrat, je leur ai demandé s’ils pouvaient me trouver le maillot d’un Diable Rouge. Bart m’a dit: "Je m’en occupe. Est-ce qu’un maillot de Hazard ferait l’affaire? Je vais lui demander de le dédicacer."

Est-ce qu’un tel contrat peut dépendre de ce petit extra?
Mon père Philippe Saverys disait toujours: "C’est plus souvent une question de chance que d’intelligence." Et il avait raison. Il faut saisir sa chance, car on ne repasse pas les plats.

N’avez-vous pas tout simplement été trop imprudent avec Exmar? Car le même scénario s’est produit avec une autre plate-forme flottante de transformation du GNL en gaz naturel, et vous avez cherché un locataire pendant près d’un an.
Lorsque nous avons passé commande pour le Caribbean, nous avions un client: la firme canadienne Pacific Rubiales. Mais l’entreprise s’est retrouvée en difficulté.

Pour l’autre plate-forme, nous avions aussi trouvé rapidement un locataire: le groupe de négoce en pétrole et de raffinage Gunvor. Il souhaite installer cette unité au Bangladesh, mais le projet a pris du retard.

Je ne suis pas joueur. Je ne spécule pas avec les méthaniers, comme mon ami et confrère John Fredriksen (l’armateur norvégien avec qui Exmar projetait de collaborer en 2015, mais le projet n’a finalement pas abouti, NDLR). Il peut se le permettre car il est milliardaire. Ce n’est pas mon cas. Je ne ferais jamais une telle chose.

Vous avez pourtant parié sur la hausse du prix du pétrole, et vous avez dû payer la note.
Sur les plans technique et opérationnel, nous sommes de classe mondiale avec nos plates-formes de gaz flottantes. Mais hélas, nous avons souffert de la baisse des prix du pétrole et du gaz. Nous n’avons pas eu de chance. Par ailleurs, nous ne comptions pas sur la hausse du prix du pétrole puisque nous avions un client pour le Caribbean.

Il se dit que vous en êtes arrivé au point où vous avez dû céder une partie des joyaux de l’entreprise, comme les tankers GNL dotés de leur propre unité de regazéification qui ont été vendus à la compagnie américaine Excelerate Energy…
Je veux bien faire une vente forcée comme celle-là tous les jours. Nous avons vendu cette flotte à de très bonnes conditions.

Mais vous ne pouvez plus compter sur les revenus de ces navires…
On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Effectivement, nous avons perdu de belles rentrées de liquidités. Mais sans ces ventes, nous aurions dû augmenter le capital en 2018, et peut-être déjà en 2017. Cela aurait été une mauvaise opération pour les actionnaires, car leur participation aurait été diluée.

Comment avez-vous réagi à l’attitude des banquiers qui considéraient Exmar comme "junk"?

C’est très pénible, mais cela a fait aussi énormément de bien, car c’est ce qui nous a sauvés. Nous avons pu prolonger notre emprunt obligataire norvégien, certes à des taux exorbitants, mais c’était ça ou rien. Si vous avez besoin de votre voiture et qu’elle a un pneu plat, vous devez le remplacer aussi vite que possible.

Comptez-vous rembourser cet emprunt anticipativement?
Laissez-nous d’abord faire la preuve que le Tango FLNG fonctionne. La première production est attendue en avril et les premiers revenus en mai. Cela devrait rassurer encore davantage les banquiers.

Les analystes s’attendent à ce qu’Exmar réalise un bénéfice brut d’exploitation de 130 millions de dollars en 2020, avant remboursement des intérêts. Dans ce cas, n’avez-vous pas intérêt à vous débarrasser de cette obligation onéreuse?
C’est dans le pipe-line. Le refinancement, dont nous nous occupons pour l’instant, devrait être finalisé avant l’été.

La trésorerie d’Exmar est-elle suffisante pour sortir de l’ornière?
Oui. Nous sommes prêts à lancer de nouveaux projets. La tempête est passée. Suite au Brexit et à la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, il y a encore beaucoup d’incertitudes dans le monde, mais Exmar navigue dans des eaux plus calmes. Prenez notre division shipping. Nous disposons de la flotte de GPL la plus moderne et la moins chère au monde: nos concurrents sont en moyenne 35% plus chers. Et notre réputation est très solide. Tous nos navires sont loués à des tarifs rentables, ce qui est en soi exceptionnel.

Mais quid si Gunvor résilie le contrat de location pour cette plate-forme au Bangladesh?
L’objectif du contrat est de livrer du gaz à l’industrie dans le terminal Kafco, mais cette destination est encore incertaine. Tout peut arriver. Si Gunvor résilie le contrat, il devra payer la garantie bancaire convenue. Avec cet argent, nous pourrons facilement tenir le coup pendant deux ans. Et il serait tout de même étonnant que nous ne trouvions pas du travail pour la plate-forme pendant ces deux années. Avec une telle usine de regazéification en mer, il n’est pas nécessaire de construire des usines très chères sur le continent.

"Je pense à ma succession Mais est-ce urgent? Est-ce que j’y pense en permanence? Le dire ainsi me semble un peu exagéré. Je préfère dire que j’y travaille."

Le goût du risque est-il inscrit dans les gènes de la famille Saverys? Lorsque votre père a racheté le groupe CMB de la Société Générale dans les années 1990, tout le monde est tombé de sa chaise…
C’était le 18 juin 1991 (il rit). Je m’en souviens encore, parce que le 18 juin est aussi la date de la bataille de Waterloo et l’anniversaire de ma fille aînée. Je me trouvais avec mon frère dans le bureau de mon père, nous étions encore très jeunes, et il a dit ce qu’il n’aurait jamais dû dire. C’était comme jeter un steak à un lion et nous nous sommes jetés dessus. Il a dit que nous avions tout juste de quoi payer le rachat de la CMB en rassemblant toutes nos économies. "Mais, a-t-il ajouté, c’est à vous de décider parce que je suis trop vieux." Trop vieux? Il n’avait que 61 ans, l’âge que j’ai aujourd’hui. Il a posé la question comme s’il nous demandait: "Avez-vous envie d’aller au cinéma ou préférez-vous continuer à travailler encore un peu?" Travailler, bien entendu! C’est beaucoup plus amusant! (il rit). Ce rachat de la CMB était incroyablement risqué. 18 mois plus tard, notre dette envers les banques était supérieure à la valeur boursière du groupe.

C’est à ce moment-là que votre père vous a passé le flambeau. N’est-il pas temps pour vous de penser à votre succession?
J’y pense. Mais est-ce urgent? Est-ce que j’y pense en permanence? Le dire ainsi me semble un peu exagéré. Je préfère dire que j’y travaille. On dit beaucoup de choses positives sur mon fils Carl-Antoine, qui a participé aux négociations avec YPF. C’était son premier gros contrat. C’est lui qui aurait fait la différence. Ça fait plaisir, mais je continuerai malgré tout à vérifier encore et encore si tout cela est bien vrai.

En d’autres termes, vous êtes en train de le tester?
C’est clair. Je suis un fervent défenseur de la méritocratie. Carl-Antoine a fait des études de sciences économiques à Bruxelles, suivies par deux ans de stage. Il a ensuite travaillé deux ans chez un armateur à Hambourg, et aujourd’hui il est au siège. Il aura 30 ans cette année. J’ai moi-même plus de 60 ans. Il arrivera un moment où je ne devrai plus m’impliquer autant. C’est un nouveau défi. Je ne veux pas me transformer en belle-mère.

"Les banquiers ne m’ont pas interdit de chasser. Mais j’ai bel et bien eu un grave accident de chasse."

Vous chassez, vous skiez, vous faites de la plongée sous-marine et de la voile. Ce ne sont pas des hobbies auxquels on penserait pour quelqu’un qui mène une vie sédentaire…
J’ai aussi été pilote d’hélicoptère, mais aujourd’hui je ne vole plus. Pourquoi? Parce que j’évalue chaque risque. Quand vous volez, vous devez être 100% concentré. Vous ne pouvez pas avoir des tas de choses qui vous trottent dans la tête, car dans ce cas, vous vous mettez en danger et les autres. Mon dernier vol remonte à 12 ans.

Est-ce vrai que certains banquiers vous ont demandé d’arrêter la chasse?
Je vous rassure tout de suite: les banquiers ne m’ont pas interdit de chasser. Mais j’ai bel et bien eu un grave accident de chasse. Le 16 août 2017, je suis allé avec ma fille Margaux, quelques guides et d’autres personnes, observer un troupeau de buffles en Tanzanie. Je voulais apprendre à connaître la structure sociale de ces troupeaux, car c’était mon premier voyage de chasse en Afrique.

Nous sommes revenus à la jeep à 30 mètres de notre poste d’observation, et tout d’un coup, ma fille s’est mise à courir, pourchassée par un buffle. Aïe, ça devient dangereux, ai-je pensé. Elle est arrivée à la voiture et le buffle s’est retourné. Il se trouvait entre moi et la voiture. J’ai compris que c’était à moi qu’il en voulait. J’ai couru me mettre à l’abri dans un petit bois. Le buffle a tourné autour de moi et a fini par me coincer. J’étais pris au piège. Je me suis dit: Nicolas, tu vas devoir mettre toute la gomme, car on ne survit généralement pas à une attaque de buffle. L’animal a attaqué et j’ai saisi ses cornes avec une seule pensée: S’il me perfore la poitrine ou le ventre, c’est game over. Le buffle m’a secoué dans tous les sens, alors que j’essayais de m’accrocher.

À un moment donné, j’ai lâché ma main droite et une des cornes s’est enfoncée dans ma jambe droite. J’ai à nouveau pu me raccrocher et il a continué à me secouer. Ma jambe était encore empalée, je savais que je ne tiendrais pas le coup longtemps. Entre-temps, les guides étaient allés chercher leurs armes. Ils ont tiré et le buffle s’est écroulé sur moi. J’ai pensé: Ok, tu vis encore, mais maintenant, tu vas te retrouver écrasé. Les guides m’ont dégagé. Ma jambe saignait, mais ça ne semblait pas dramatique. Aucune artère ne semblait touchée et je n’avais pas de fractures. C’était malgré tout très douloureux. Et alors, il s’est passé quelque chose de très bizarre: je suis devenu aveugle pendant plus de 30 secondes. Tout est devenu blanc. C’est arrivé trois fois pendant les dix premières minutes après l’accident. Les médecins m’ont expliqué que c’était dû à une overdose d’adrénaline.

Avez-vous compris plus tard pourquoi ce buffle vous avait attaqué?
Les animaux sauvages n’attaquent jamais, sauf s’ils sont blessés ou s’ils se sentent menacés. Des braconniers avaient tiré sur ce buffle et une des balles l’avait atteint au poumon. L’animal cherchait un refuge dans les bois et est devenu nerveux. Comment ai-je pu m’en sortir? Tout d’abord, parce que c’était une femelle, moins puissante que les mâles. Ensuite, elle était blessée et affaiblie. Troisièmement, j’ai eu le réflexe de m’accrocher à ses cornes. C’est comme dans le monde des affaires: quand une opportunité se présente et que vous la saisissez, cela peut faire la différence. Mais vous n’avez qu’une fraction de seconde pour décider.

Combien de temps êtes-vous resté hors de combat?
Je suis resté six jours à l’hôpital en Afrique, et de retour en Belgique, j’ai pris trois jours de repos. Le neuvième jour, j’étais de retour chez Exmar. Dans une chaise roulante au début, ce qui était très gênant. Ensuite sur des béquilles, et puis à nouveau en pleine forme.

Chassez-vous encore?
Oui, mais plus des buffles…

Avez-vous eu des séquelles comme des crises d’angoisse ou des cauchemars?
Il en faut beaucoup pour m’effrayer. Même si les premières heures après l’accident, j’ai pensé qu’ils allaient devoir m’amputer. C’en aurait été fini de la voile et de la chasse. On peut encore skier et plonger avec une seule jambe. Je suis capable de relativiser ce genre de choses.

Le hasard a voulu que le jour avant mon accident on m’ait diagnostiqué un cancer de la prostate. Tout d’un coup, j’ai vu l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête. Mais pourquoi me faire du souci? Cette maladie n’est pas inhabituelle chez les hommes de mon âge. Comme je l’ai dit: je suis capable de relativiser.

Vous avez donc failli mourir, comme votre entreprise?
Oui, mais nous avons tous deux retrouvé la forme. Et nous sommes prêts pour l’avenir.

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