Nouveau départ pour les travaux du RER après trois ans d'arrêt

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Le chantier se fera tronçon par tronçon pour permettre à la SNCB d’augmenter son offre après chaque phase.

C’est peu après 11h ce mercredi que les dirigeants de la SNCB et d’Infrabel ont donné le coup d’envoi du redémarrage des travaux du RER à la gare de Hoeilaart (Brabant flamand) sur la ligne 161 (Bruxelles-Ottignies). Les travaux de mise à quatre voies se concentreront prioritairement sur la portion située entre la gare de Watermael-Boitsfort et l’entrée de La Hulpe (site dit de Bakenbos). Le chantier du réseau express régional, qui doit faciliter l’accès à la capitale, est à l’arrêt depuis 2015 en raison, notamment, de la suspension du plan pluriannuel d’investissement (PPI 2013-2025) d’Infrabel (gestionnaire d’infrastructure) et de la SNCB.

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Cette fois, les travaux redémarrent après que le gouvernement fédéral a décidé, en mars 2017, de consacrer un budget complémentaire d’un milliard d’euros aux travaux stratégiques ferroviaires. "Tout est désormais mis en œuvre pour concrétiser le projet du RER. Chaque étape de la réalisation sera suivie scrupuleusement grâce à un monitoring sérieux, ça fait trop longtemps qu’on attend ce projet, d’où la grande détermination que nous allons désormais observer pour le mener à bon port", nous a déclaré le Premier ministre Charles Michel (MR).

Il a participé à la reprise officielle des travaux aux côtés des dirigeants du groupe ferroviaire, du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) et du ministre fédéral de la Mobilité François Bellot (MR). "Ce jour est à marquer d’une pierre blanche. Il consacre la reprise des travaux RER qui seront financés jusqu’à leur terme grâce au milliard vertueux inscrit dans le pacte national d’investissements. Je m’y étais engagé et c’est aujourd’hui une réalité. Et dès 2024, les voyageurs bénéficieront d’une meilleure offre", se réjouit ce dernier.

Les bouchées doubles

Aucun membre des gouvernements bruxellois, flamand et wallon n’a assisté à l’événement d’hier. Le gestionnaire d’infrastructure mettra les bouchées doubles pour tenir les délais. Comme les travaux ne concernent pour l’instant que les infrastructures, c’est Infrabel et sa filiale d’ingénierie Tuc Rail qui sont à la manœuvre.

"Les travaux seront réalisés jour et nuit ainsi que le week-end sans trop affecter le trafic de la SNCB. Ils se feront tronçon par tronçon et après chaque tronçon, la SNCB pourra y augmenter son offre."
Luc Lallemand
CEO d’Infrabel

"Les travaux seront réalisés jour et nuit ainsi que le week-end sans trop affecter le trafic de la SNCB. Ils se feront tronçon par tronçon et après chaque tronçon, la SNCB pourra y augmenter son offre", explique Luc Lallemand, CEO d’Infrabel. Pour la CEO de la SNCB, Sophie Dutordoir, la relance des travaux est un grand jour. Elle a rappelé que l’entreprise ferroviaire a lancé, depuis 2015, une offre suburbaine à Bruxelles avec plus de 700 trains desservant 140 gares dans la capitale et sa périphérie.

Elle concède qu’un travail doit encore fait pour renforcer la notoriété et la visibilité de cette offre baptisée S. "À ce jour, les infrastructures de 2 des 5 axes du RER fonctionnent déjà, à savoir les portions Bruxelles-Hal (ligne 96N) et Bruxelles-Louvain (ligne 36N) qui constituent aussi les portes d’accès aux grandes lignes à grande vitesse vers la France et Liège", explique Sophie Dutordoir.

Un milliard vertueux et virtuel

Le RER vise la mise à quatre voies de 5 axes ferroviaires importants dans un rayon de 30 km autour de Bruxelles. Le chantier est pratiquement terminé en Flandre contrairement à la Wallonie où il reste du chemin à parcourir. La situation sur la ligne 161 (Bruxelles-Ottignies) est plus claire. Les permis sont accordés et les échéances de mise en service prévues devraient être respectées. Sur la ligne 124 (Bruxelles-Nivelles), les choses sont plus compliquées.

Il reste encore quelques permis dont il faudra faire la demande et des recours en justice (de particuliers voire d’institutions publiques) ne sont pas exclus. Les échéances de mise en service des différents tronçons de la ligne 124 sont donc théoriques et les acteurs n’ont aucune certitude sur leur respect.

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Par ailleurs, même si l’arrêté royal garantissant le milliard est déjà sorti, il reste encore l’accord de coopération global entre le Fédéral et les trois Régions, validé par les différents Parlements pour bétonner ce budget complémentaire. À défaut de l’accord global, des observateurs se demandent si la future majorité s’inscrira dans la même ligne que le ministre Bellot.

Infrabel n’a pas encore reçu le moindre euro du milliard promis. Il finance donc les travaux sur ses deniers. D’autres accords de coopération sont également prévus (un avec chaque Région et un pour le RER) à l’agenda. Les opérateurs doivent également s’entendre sur les tarifs à pratiquer dans la zone RER et la part qui reviendra à chacun d’entre eux.

Namur reliera Paris en train dès décembre

Le ministre de la Mobilité François Bellot a confirmé qu'une ligne de train reliant Namur à Paris devrait voir le jour dès décembre 2018. L'objectif du ministre est de combler le vide laissé par la suppression, deux ans plus tôt, du Thalys wallon (Liège-Namur-Paris).

"J'estime que Namur doit continuer à avoir des liens internationaux", a-t-il affirmé. Nos voisins français sont intéressés "par une liaison vers Bruxelles, Namur et Charleroi". Namur pour son université et Charleroi et Bruxelles pour leur aéroport.

"La réservation des sillons (les créneaux pour utiliser une ligne, NDLR) va se faire jeudi lors d'une réunion européenne à Ljubljana", explique François Bellot. "Notre objectif, c'est d'arriver dans le plan de transport 2018 avec des trains qui circulent de nouveau entre Namur et Paris, en passant par Maubeuge, Aulnois, Saint-Quentin et Compiègne."

Les trains de la SNCB feront deux allers-retours par jour entre Namur et Maubeuge.

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