mon argent

Prendre l'avion coûtera moins cher en 2015

©BELGA

Les bénéfices engrangés par les compagnies aériennes devraient bondir en 2015. La conséquence sera visible dans le portefeuille des voyageurs.

Chute des prix du pétrole, reprise de la croissance mondiale… Les principaux ingrédients sont réunis pour faire de 2014 et de l’année prochaine un excellent cru pour l’aviation. Les compagnies aériennes devraient enregistrer un bénéfice net de 19,9 milliards de dollars cette année, contre une prévision initiale de 18 milliards. C’est ce qui ressort des résultats annuels de l’association internationale du transport aérien (l’IATA), communiqués hier au siège de l’organisation à Genève.

Les consommateurs bénéficieront bientôt de cette performance du secteur. " Après un temps d’ajustement, les compagnies aériennes devraient réduire les prix du billet ", ajoute Brian Pearce, Chief Economist. Pour les voyageurs, les prix du transport aérien - sans la TVA - devraient reculer de 5,1% l’année prochaine par rapport aux niveaux de 2014. Les frais de transport par cargo (fret) baisseront de 5,8%.

"Les perspectives de l’industrie s’améliorent. L’économie mondiale poursuit sa reprise et la chute des prix du pétrole pourrait renforcer la tendance l’année prochaine."
Toni Tyler
CEO de l’IATA

L’envolée devrait se poursuivre dans les mois qui suivent.

L’IATA prévoir un bénéfice net de 25 milliards de dollars en 2015, ce qui représente un bénéfice moyen par passager de 7,08 dollars contre 6,02 dollars en 2014. Mais c’est surtout le double par rapport à 2013.. Les dépenses consacrées au fuel devraient reculer à 192 milliards de dollars l’année prochaine contre 204 milliards en 2014. Le retour sur investissement devrait croître

Le secteur revient de loin, douché durant la dernière décennie par la tragédie du 11 septembre et la crise économique de 2008. En 2012, les bénéfices affichaient 6,1 milliards d’euros et 10,6 milliards en 2013.

  • L’Europe à la traîne

Toutefois, Toni Tyler relativise cette performance. Les marges restent très faibles, tandis que la croissance est surtout le fait du marché américain, par rapport à l’Europe et l’Asie-pacifique. Beaucoup de compagnies sont toujours à la traîne. "25 milliards de dollars, c’est beaucoup d’argent, mais il ne faut pas oublier que ce montant se partage au sein d’un industrie comptant des centaines d’opérateurs. Certaines compagnies aériennes font des bénéfices substantiels, d’autres continuent se battre", confie Toni Tyler.

Tony Tyler ©Bloomberg

La disparité géographique est frappante. "Plus de la moitié des bénéfices, à savoir 13,2 milliards de dollars, seront générés par des compagnies d’Amérique du Nord. Par comparaison, l’industrie européenne, d’une taille similaire, ne fera que 4 milliards de dollars", poursuit-il.

Le bénéfice de 25 milliards de dollars espéré en 2015 représente une marge de 3,2% par rapports au chiffre d’affaires attendu de 783 milliards. "C’est à peine mieux qu’en 2010", regrette le CEO.

  • Centième anniversaire

Avec ce chiffres, l’industrie aérienne tient tout de même de quoi célébrer avec faste l’année du centenaire de sa création. L’IATA, qui représente 250 compagnies aériennes, et la convention de Chicago sur l’aviation civile soufflent quant à elles leurs septante bougies.

Le 1er janvier 1914, le premier vol commercial s’envolait de Tempa Bay, en Floride. Le premier client de l’histoire du transport aérien, Abraham Pheil, avait accepté de payer 400 dollars pour prendre les airs (9.500 dollars aujourd’hui). La compagnie ferma ses portes quelques mois plus tard. Depuis lors, pas moins de 65 milliards de passagers se sont envolés. Selon l’IATA, 3,5 milliards de personnes prendront l’avion l’an prochain, tandis que 53,5 millions de tonnes de fret seront transportés par avion.

" L’industrie aérienne reste un moteur de l’économie mondiale. Nous estimons qu’elle représente 1% du PIB mondial, soit 823 milliards de dollars de dépense en 2015 ", ajoute Toni Tyler. Son empreinte sur l’économie mondiale est évaluée à 2.400 milliards de dollars, dont 644 milliards de revenus pour le tourisme. Le secteur aérien génère 58 millions d’emplois dans le monde.

  • Révision des règles de sécurité

L’année 2014 restera toutefois marquée par deux catastrophes aériennes majeures : la destruction des avions MH307 (disparu) et MH17 (abattu) de Malaysia Airlines. " Nous en étudierons les leçon afin de rendre l’industrie plus sûre ", indique Toni Tyler. Un rapport remis cette semaine sur ces deux tragédies devrait jeter les bases d’une révision des règles de sécurité, un nouveau système baptisé GADSS (Global Aeronautical Distress and Safety System).

Les chiffres de sécurité du transport aérien restent éloquents par rapport aux autres mode de transport. Les compagnies aériennes membre de l’IATA ont enregistré un taux d’accident d’un par 6,7 millions de vols lors de neuf premiers mois de 2014 (un accident tous les 4,4 millions de vols pour toutes compagnies confondues).

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés