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reportage

ReCycle redonne vie aux vélos oubliés au fond des garages

Les vélos passent sous les mains expertes de Benoît Hofer, économiste reconverti en mécanicien vélo. ©Tim Dirven

ReCycle vient d'ouvrir à Waterloo. Ce magasin-atelier offre des vélos de seconde main de qualité. Le timing est bon alors que l'industrie du vélo souffre de pénuries.

Ils sont nombreux ces projets enfouis dans un coin de la tête des entrepreneurs belges, mais qui ne verront finalement jamais le jour. C'est ce qui a failli arriver à Pierre Cuvelier.

L'homme vient d'ouvrir un magasin/atelier de vélos spécialisé dans les vélos de seconde main du nom de ReCycle. "C’est un projet qui était sur une fiche depuis 5 bonnes années. Il n’aurait vraisemblablement pas eu lieu sans la pandémie, car je ne rajeunis pas. Cette situation a été le déclencheur", raconte Cuvelier.

"C’est un projet qui était sur une fiche depuis 5 bonnes années. Il n’aurait vraisemblablement pas eu lieu sans la pandémie."
Pierre Cuvelier
Concepteur et fondateur de ReCycle

Actif dans l’événementiel d'entreprise depuis près de 30 ans à La Hulpe (Vertigo Events), l'homme a saisi l'occasion pour se lancer dans ce projet salvateur qui lui a permis de ne pas broyer du noir comme d'autres entrepreneurs du secteur.

Un projet dans lequel il a mis beaucoup du sien. Financièrement d'abord, avec un investissement de 160.000 euros à son compt, et en temps aussi, alors qu'il a fallu plus de deux mois de sueur pour totalement transformer l'endroit.

Quand vous entrez dans le magasin à Waterloo à deux pas de la maison communale (arrière de l'ancien Facq), il respire la hype. Dans les 400 m², un atelier vous fait face, une œuvre d'art de Tamara Greindl en plastique recyclé est sur votre gauche, des photos de vélos prises dans le monde entier ornent les murs et, évidemment, des vélos d'occasion remis en état sont proposés à la vente.

Une économie circulaire qui redonne vie à ces nombreux vélos qui dorment dans les garages ou les caves. Une collecte de préouverture a été organisée. VTT, vélos de ville, vélos vintage et quelques vélos électriques de toutes marques et de tous prix sont présentés. Environ 80% des vélos ont été achetés par la jeune entreprise qui prend aussi en dépôt les vélos qui présentent un plus gros risque, comme ce vélo de course dont le propriétaire espère encore tirer 2.500 euros.

Pierre Cuvelier, actif dans l'événementiel, a profité de la pandémie pour réaliser une vieille idée. ©Tim Dirven

Les seuls vélos neufs que vous trouverez ici sont des vélos spécifiques comme les long tails, les tandems ou les vélos cargos, pour la simple raison que l'entrepreneur n'en trouve pas d'occasions.

Les magasins de vélos pullulent depuis quelques années en Belgique. Mais Pierre Cuvelier, grand amateur de la petite reine, pense qu'il peut tirer son épingle du jeu avec son concept.

Nearly New Bike

Le timing de cette ouverture est bon. De nombreux vélos et pièces sont en rupture de stock, ce qui pourrait pousser davantage de clients à penser à l'occasion, surtout qu'avec "la demande qui a augmenté, les prix ont aussi augmenté de 10 à 15%", estime Cuvelier. Certains vieux vélos trop abîmés pour être réparés sont récupérés par ReCycle pour leurs pièces, une technique fort connue dans l'automobile, univers duquel ReCycle détourne aussi un slogan avec son "Nearly New Bike".

"Il manquait un vrai magasin de vélos d’occasion avec une offre structurée et une certification sur les vélos."
Pierre Cuvelier

ReCycle n'est pas tout seul sur son créneau. On pense aux ASBL comme Pro Velo et Cyclo à Bruxelles ou aux magasins Decathlon qui donnent une seconde vie à leurs propres vélos. "Il manquait un vrai magasin de vélos d’occasion avec une offre structurée et une certification sur les vélos", estime Cuvelier.

Son aventure n'aurait pas été possible sans un bon mécano. "Je fais très bien les plaquettes, mais je dois encore apprendre beaucoup", plaisante Cuvelier. Il l'a trouvé en la personne de Benoît Hofer, un économiste de formation (ULB) qui, après une expérience à la Bank Of New York Mellon, à l'IBGE et un passage au Canada, a décidé de totalement changer d'orientation et de se former à la mécanique vélo. "J’ai toujours fait du vélo et j'en avais assez d'être assis derrière mon PC toute la journée sur des projets à 3 ou 5 ans. Ici, c'est du concret", dit-il.

Diplôme en poche, il forme au passage Antoine Cuvelier, fils de Pierre et co-manager du projet.

L'équipe fourmille d'idées et la "to do list" s'allonge. Dans les trois mois, Pierre Cuvelier aimerait être capable d'électrifier des vélos existants pour environ 700 euros. Il réfléchit aussi à proposer d'autres engins électriques. Pourquoi ne pas amener un partenaire dans l'aventure? Peut-il répliquer son magasin? Avec ou sans franchise? Ce ne sont pas les idées qui manquent.

Les meilleurs jours, 4 à 5 vélos sont vendus. Il faut améliorer cela pour pérenniser l'activité. Il s'agit de drainer du passage dans cet espace qui n'est pas à front de rue commerçante. ReCycle essaye par exemple d'être un point de passage pour les adeptes du vélo le week-end avec un "Bike Wash" à 3 euros. Pierre Cuvelier "lance aussi des hameçons" vers des sociétés qu'il connaît via son autre métier pour leur proposer et/ou entretenir des flottes de vélos. "Pour l’instant, les nuits sont courtes et les journées bien remplies", sourit-il.

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