SNCB: "Jo Cornu montre des signes de fatigue"

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Au gouvernement, on s’interroge sur l’énergie dont dispose encore le CEO de la SNCB pour mettre en place le plan d’économies qui a été décidé par la coalition fédérale. Jo Cornu pourrait faire les frais de la recomposition du conseil d'administration...

"Il est clair que Jo Cornu montre des signes de fatigue". La phrase est assénée comme une sentence-couperet par un haut responsable gouvernemental. "A-t-il assez d’énergie pour les défis de la SNCB qui se profilent. Il se pose la question lui-même". Et voilà le débat sur le futur de Jo Cornu à la tête des chemins de fer belge qui est désormais ouvert.

Profitant de la démission abrupte d’un administrateur PS, Luc Joris, la semaine dernière, voilà que les vannes d’un débat que le gouvernement fédéral aurait voulu tenir, calmement, juste avant les vacances d’été sont ouvertes. "Tout cela a changé notre calendrier", concède-t-on au gouvernement. C’est qu’il va falloir s’atteler désormais à un puzzle de nominations politiques ultra-délicat: celui du remodelage des conseils d’administration de la SNCB et d’Infrabel. Et, parant, de la confirmation ou de la mise à l’écart des CEO Jo Cornu et Luc Lallemand — bien que le cas de ce dernier semble moins brûlant.

Jo Cornu indique de son côté que son avenir "est une question politique. Je ne fais pas de politique. Mon contrat est clair, si le gouvernement souhaite que je parte, je le ferai. Mais mon intention n’est pas de partir, il y a beaucoup de travail à faire".

Jo Cornu (70 ans) et Luc Lallemand (48) ont été nommés par le gouvernement précédent, présidé par le socialiste Elio Di Rupo, au terme d’une procédure rocambolesque et haute en couleurs (politiques) où l’intervention de cabinets de chasseurs de tête devait servir à objectiver les choix. Mais la décision est restée politique, comme souvent en Belgique…

"Le virer, et après?"

Aujourd’hui, donc, la N-VA demande à recomposer largement les conseils d’administration pour l’intégrer – puisqu’elle n’était pas dans le précédent exécutif. Or les nationalistes flamands voient les choses en grand. Au sein de la coalition, on confirme que le cas de Jo Cornu est bien en suspens. "C’est dans le pipeline, nous allons en discuter", confirme-t-on. Mais une autre source est beaucoup plus sceptique: "On va le virer et après….?", s’interroge ce responsable gouvernemental. "De toutes manières le poste de CEO à la SNCB est une histoire flamando-flamande, qu’ils se débrouillent avec ça", poursuit ce francophone.

Effectivement, Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire, étant aux mains d’un francophone, le poste de CEO de la SNCB est dévolu à un flamand.

Luc Lallemand plus à l’aise

C’est donc une affaire qui concerne avant tout la N-VA, le CD&V et l’Open VLD. "Il faut réfléchir à une procédure parfaitement objective mais il faut effectivement quelqu’un de plus motivé de plus frais", ajoute-t-on encore dans les milieux gouvernementaux.

Le cas de Luc Lallemand est différent. A l’origine étiqueté socialiste, on ne sait pas réellement s’il dispose encore ou non du soutien du PS. "De toutes manières, par les temps qui courent au fédéral, avoir l’appui du PS n’est pas réellement un grand avantage", ironise un responsable chez Infrabel. Le job de Luc Lallemand semble moins directement mis en cause que celui de son collègue de la SNCB.

Ce qui pousse aussi la charrette pour recomposer les organigrammes de la SNCB et d’Infrabel, c’est l’arrivée des nouveaux administrateurs désignés par les entités fédérées. La Région bruxelloise et la Région flamande ont déjà rempli leurs devoirs et fait connaître les noms de ceux appelés à remplir ces missions, au contraire de la Région wallonne qui a un train de retard…

"Les noms seront donnés tout prochainement", assure-t-on à la ministre-présidence wallonne, chez Paul Magnette (PS).

Côté bruxellois, le chef cab de Rudi Vervoort (PS), Yves Goldstein, décroche la timbale puisque c’est lui qui est proposé par le gouvernement bruxellois comme administrateur régional à la SNCB. Pour Infrabel, les Bruxellois proposent Karel Stessens, un responsable de l’Acod, le syndicat socialiste flamand.

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