interview

Stib: "Nous engagerons 800 personnes cette année et autant en 2017"

©Dieter Telemans

Le programme de la Stib: 1600 engagement en deux ans et l'achat de 43 rames de métro, 100 trams, 235 bus. En ajoutant les investissements en infrastructures, ce sont en tout 5,2 milliards d’euros qui vont être investis en 10 ans.

Ils sont 8.003 exactement. Les Stibiens n’ont jamais été aussi nombreux et ce n’est pas fini, puis que Brieuc de Meeûs, directeur général de la Société des transports intercommunaux de Bruxelles, vient d’annoncer 800 recrutements en 2016.

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Les Stibiens sortent d’une phase pas banale, marquée en particulier par la fermeture du métro pour cause de menace terroriste imminente. La suite est plus motivante, faite de chantiers avec, en vedette, une nouvelle ligne de métro Nord-Sud (voir l’infographie).

"Transformer en métro la ligne de tram 7, ce serait logique."

"Nous devons absolument avancer dans l’acquisition de nouveau matériel."

"La Stib n’est ni un nid de radicalisés, ni d’informateurs de la Sûreté. Au contraire, la Stib favorise l’intégration."

"Nous avons pris des mesures de sécurisation des accès aux lieux de travail et du réseau de transport."

"Pour 2024, le prémétro qui va d’Albert à la gare du Nord va être transformé en métro et sera prolongé vers le Nord jusqu’à Bordet, à Haren. En 2024, il y aura donc une nouvelle ligne de métro, un axe Nord-Sud. Cela implique de creuser un tunnel en grande profondeur sous Schaerbeek. C’est énorme, comme l’est le budget de cette nouvelle ligne: on est tout de même à plus de 1,4 milliard d’euros."

Quand cette ligne va-t-elle se développer vers le Sud?
Le métro entre Albert et Uccle est une suite logique et c’est à l’étude, nous la soumettrons au gouvernement bruxellois dans les mois qui viennent. Mais une chose à la fois: concrétiser un métro d’Albert à Bordet, c’est déjà titanesque.

Est-ce suffisant? Ne faut-il pas plus d’ambition pour le métro de Bruxelles, avec une couverture plus complète du territoire?
Mais elle est là, l’ambition. Sur dix ans, entre 2015 et 2025, nous allons investir 5,2 milliards d’euros. C’est colossal pour une région de la taille de Bruxelles. Il faut voir aussi que cet axe Nord-Sud va changer beaucoup de choses, cela va permettre de redistribuer le trafic autour de ce que nous appelons la croix, c’est-à-dire le croisement, à De Brouckère, des lignes Nord-Sud et 1-5. Peut-on faire plus? Une possibilité serait de transformer également en métro la ligne de tram 7, c’est-à-dire la moyenne ceinture (voir l’infographie). Ce serait logique mais on n’en est pas là: pour faire plus, il faudrait des moyens que nous n’avons pas.

Mais ne faut-il plus, alors que Bruxelles compte parmi les villes les plus embouteillées?
On n’arrête pas! Je rappelle que le bouclage de la petite ceinture date de 2008, c’est récent. Il faut pouvoir assumer cela, aussi bien techniquement que financièrement.

Quel est selon vous le plus grand risque de la STIB?
Le plus grand risque serait que la STIB se détourne du client mais cela n’arrivera pas car c’est pour lui que la STIB roule tous les jours. Je vois un risque lié au vieillissement prématuré de la flotte. Si par exemple, le vieillissement de la flotte de métro, qui a 40 ans en moyenne, devait s’accélérer, nous aurions rapidement un problème de capacité. C’est bien pour cela que nous devons absolument avancer dans l’acquisition de nouveau matériel.

©MEDIAFIN

Concrètement?
Nous devrions conclure cette année l’achat de 43 nouvelles rames de métro, pour livraison à partir de 2019. Début 2017, nous passerons commande de 100 nouveaux trams, pour livraison en 2019. Et en 2017 toujours, nous commanderons 235 bus, pour livraison fin 2017, début 2018. Mi-décembre, nous avons lancé un appel à intérêt pour voir qui, dans le marché, est prêt à nous livrer 235 bus électriques dans les délais fixés. Les réponses doivent rentrer d’ici la fin du mois, après quoi l’appel d’offres suivra rapidement. J’ajoute que nous allons attribuer la construction de deux nouveaux dépôts de métro, à Erasme et Bordet, un dépôt de trams au Heysel et un dépôt de bus à Neder-over-Heembeek. Il y a aussi de gros investissements prévus en signalisation dans le métro pour augmenter la fréquence à 2 minutes sur les lignes sur les lignes 1-5 et 2 minutes et demie sur les lignes 2-6. Je vous le dis, ça bouge à tous les niveaux.

Comment la Stib a-t-elle renforcé la sécurité depuis la menace terroriste?
Nous avons pris des mesures de sécurisation des accès aux lieux de travail et du réseau de transport mais, vous me permettrez de ne pas les détailler ici.

Avez-vous resserré les contrôles dans le recrutement ou dans le suivi de membres du personnel?
Non. À ce sujet, je voudrais qu’on évite les fantasmes: la Stib n’est pas un nid de radicalisés, ni d’informateurs de la Sûreté. Au contraire, la Stib favorise l’intégration, la diversité.

Mais vous vous êtes tout de même défait de plusieurs personnes qui posaient un problème parce qu’elles s’étaient radicalisées?
Nous avons licencié des personnes sur base de dossiers disciplinaires, principalement pour des raisons d’absences injustifiées et de non-respect des horaires. Que des personnes se soient radicalisées, il ne nous appartient pas de le déterminer, ni même de le savoir. C’est la responsabilité de la Justice, de la Sûreté, bref des autorités, mais ce n’est pas la nôtre.

Né en 1961. Ingénieur en électromécanique – ECAM

1987: engagé au contrôle qualité à la SABCA.

1991: directeur de projet chez Hamon Thermal Europe.

2000: directeur général chez Alstom-Cegelec Systems & Services.

2004: CEO Flightcare Belgium

Depuis 2012: directeur général à la Stib.

La Stib ne connaîtrait pas de problème de radicalisme?
La Stib est à l’image de la Région, et je ne vais pas prétendre que, sur 8.000 collaborateurs, personne n’a jamais posé ce genre de problème. En revanche, déterminer qui pose objectivement un problème de sécurité, ce n’est pas de notre ressort. Dans ces matières-là, nous sommes exécutants.

Vous avez annoncé 800 recrutements cette année. Vous parvenez à trouver toutes les compétences voulues?
Il faut beaucoup de techniciens et d’ingénieurs pour réaliser tous ces chantiers et concevoir le réseau de demain. Or, pour ces compétences, la concurrence est là. Mais je ne suis pas inquiet parce que nous proposons des salaires en ligne avec le marché et parce que, travailler à la Stib, c’est travailler pour un beau projet de société. Et ça, à l’évidence, cela motive beaucoup la nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail.

Et après 2016, à quel rythme recruterez-vous?
Nous recruterons sans doute quelque 800 collaborateurs en 2017 aussi. C’est normal: plus de véhicules, cela demande plus de monde pour les conduire et les entretenir. Après 2017, cela devrait se stabiliser.

Le personnel de la Stib ne compte que 9% de femmes. Est-ce normal?
Je veux qu’il y en ait beaucoup plus à l’avenir. On y travaille mais, c’est clair, on doit faire mieux.

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