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Swapfiets, veut vous rendre bleu du vélo par abonnement

Richard Burger et Marc de Vries, respectivement cofondateur et CEO de Swapfiets pensent que leurs vélos par abonnement font la différence grâce à une conception qui optimise les coûts de réparation. ©Patrick Post

La croissance des vélos par abonnement sans engagement a été gigantesque. Il s'agit maintenant pour Swapfiets de digérer tout cela.

Elles sont partout. Aux quatre coins de Bruxelles, Louvain, Anvers ou Gand, sur les vélos des livreurs Uber Eats, Deliveroo et consorts ou même sur le vélo de Wout Van Aert lors de sa victoire sur les Champs Elysées au Tour de France. Les roues avant bleues de Swapfiets se sont imposées dans notre paysage quotidien.

Derrière ce phénomène, une société ambitieuse qui a vu le jour en 2014 à Delft alors que ses fondateurs Dirk de Bruijn, Martijn Obers & Richard Burger étaient encore sur les bancs de l'université. "Cela a commencé avec l'idée du vélo comme un service. Nous avons été jusqu'à avoir 200 vélos de différentes marques, mais nous avons vite compris que c'était trop compliqué de réparer des vélos si différents des uns des autres. Nous avons alors décidé de nous diriger vers des produits uniformisés", se rappelle Burger.

Swapfiets proposait jusqu'ici 4 types de vélos par abonnement tout compris résiliable à tout moment avec des prix allant de 18 euros à 95 euros par mois selon les modèles et les usages. Vous croisez ces modèles quand vous franchissez la porte des nouveaux bureaux de la compagnie à Amsterdam.

Il y a un vélo mécanique "simple", un vélo électrique 7 vitesses, une édition deluxe et le "Omafiets", vélo qui fait vibrer les nostalgiques du vélo hollandais classique. Depuis cette semaine, la société propose un nouveau vélo électrique "Power 1" moins cher et sans vitesse à une petite cinquantaine d'euros par mois.

250.000
abonnés
Swapfiets assure compter aujourd'hui 250.000 abonnés avec un boom des abonnements avec notamment la reprise des cours en présentiel à l'université. La société compte plus de 13.000 abonnements en Belgique.

Swapfiets est devenu un acteur de poids présent dans 65 villes et 9 pays. Elle compte 250.000 abonnés. Si on spécule que le prix moyen d'un abonnement Swapfiets serait par exemple de 30 euros, on parle donc de 7,5 millions d'euros de revenus potentiels chaque mois. Pas mal pour un "loueur de vélo".

Cependant, la société qui a connu une stratégie de croissance importante perd encore pas mal d'argent, comme l'a écrit récemment la presse néerlandaise. Le temps de rentabiliser son développement, estime-t-on chez Swapfiets.

Active en Belgique dans des villes flamandes et à Bruxelles, Swapfiets y compte plus de 13.000 abonnés. À Bruxelles, 50% des abonnements sont des vélos électriques.

Risque d'être copié?

"Notre apprentissage dans la chaine d’approvisionnement, et dans les réparations nous donne un véritable avantage"
Marc de Vries
CEO de Swapfiets

Le risque n'est-il pas que quelqu'un copie ce "business model" qui semble a priori simple? Decathlon a par exemple une offre "Rent" en France et les Néerlandais d'e-bike-to-go sont également présents en Belgique. "Si nous comparons nos vélos à d’autres, nous voyons beaucoup de différences, comme ce qui risque de casser, le coût pour réparer, etc. Avant, nos vélos revenaient 2 à 3 fois par an pour des réparations ou du service. Maintenant, ils ne reviennent qu’environ une fois par an. Cet apprentissage dans la chaine d’approvisionnement et dans les réparations nous donne un véritable avantage", détaille Marc de Vries, le CEO de Swapfiets.

Sa société a par ailleurs déposé la propriété intellectuelle sur ce qui était possible, comme l'emblématique pneu bleu avant. Mais la taille protège aussi Swapfiets. "Il est très difficile, quand vous commencez à avoir tellement de clients de tous les servir. Nous avons un système IT complexe derrière que nous avons développé nous-mêmes et qui fonctionne pour 250.000 membres", explique Burger.

À Amsterdam, 50.000 Swapfiets circulent. Un millier sont réparés chaque semaine, une logistique très complexe et un point fort de Swapfiets.

Manque de pièces

Le mot d'ordre est donc d'être efficace depuis la conception du vélo. Les différents modèles doivent avoir un maximum de pièces similaires. "90% des pièces sont les mêmes entre notre Power 1 et notre Power 7 alors qu'il s'agit de vélos très différents", pointe Burger.

Ce volume aide la compagnie face au manque de pièces qui frappe l'industrie. Les vélos sont conçus avec des pièces qui souffrent moins de pénuries et le volume de Swapfiets lui permet d'avoir une certaine priorité par rapport à des acteurs plus petits.

Le "D'Ieteren hollandais"

Surtout que depuis début 2019, Swapfiets appartient à Pon, l'importateur historique des Volkswagen aux Pays-Bas. Ce "D'Ieteren hollandais" a décidé depuis des années de se focaliser également sur les vélos. Une dizaine de marques, certaines bien connues, appartiennent à Pon Holdings comme Urban Arrow ou Gazelle. Un atout de taille pour éviter les problèmes de pièces.

Swapfiets s'essaye aussi aux trottinettes dans quelques villes du sud de l'Europe et entend un peu digérer sa croissance afin de rentabiliser les investissements effectués dans de nombreuses villes, et ce, même si "elle rêve encore de nouveaux marchés". La société représente 550 ETP et 1100 emplois.

Louer plutôt qu'acheter chez ses fournisseurs

Le vélo est par essence un bienfait pour la planète par rapport à une voiture, mais chez Swapfiets, on veut aller plus loin avec des vélos les plus durables possibles. L’une des idées les plus originales de la société est d’amener la location non plus seulement aux clients mais également chez ses fournisseurs.

"Un vendeur de pneus va vous vendre des pneus de qualité à un certain prix, mais il a un incitant à ce que les pneus soient remplacés de temps à autre, car c’est son métier de vendre des pneus. Notre idée a été de dire que l’on voulait louer les pneus à vie plutôt que de les acheter. Tout d’un coup, le fournisseur a un vrai incitant à ce que ses pneus soient vraiment increvables, car cela diminuera ses coûts", détaille Richard Burger.

Swapfiets a réussi à amener le producteur de pneus italiens Vittoria dans cette aventure. Vittoria devient responsable de la propriété, de l'entretien et du recyclage des pneus. La société aimerait multiplier ce type de partenariats qui pousse à la durabilité des pièces. Au passage, cela permet de diminuer, un peu, le matériel que Swapfiets doit détenir à son compte. Pour 2025, Swapfiets entend que ses produits soient 100% circulaires.

Le résumé

  • Swapfiets loue ses vélos dans 9 pays et 65 villes et compte 250.000 abonnés.
  • La société lance un nouveau vélo électrique plus abordable et sans vitesse.
  • La société pense que son expérience lui donne un avantage non négligeable sur la concurrence.
  • La société est une filiale de Pon, le "D'Ieteren hollandais" qui a parié depuis plusieurs années sur le vélo.

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