Thalys table sur des ventes 52% sous la normale en 2021

©REUTERS

Thalys a finalement enregistré une chute de son chiffre d'affaires de 330 millions d'euros en 2020. Pour 2021, la société espère limiter la casse à 52% par rapport à 2019.

Les sociétés de transport sont toujours en avis de tempête en ce début d’année 2021 et Thalys ne fait pas exception. L’Écho apprend ainsi que la filiale de la SNCF et de la SNCB a clôturé 2020 sur un chiffre d’affaires commercial en contraction de 330 millions d’euros, soit 30 millions de pertes en plus qu’anticipé en juillet par le CEO de Thalys, Bertrand Gosselin, dans nos colonnes.

"En juillet, nous étions encore pleins d’espoir sur la remontée du trafic, avec 50 à 60% à partir de la rentrée de septembre. Malheureusement cela n'a tenu qu'un mois", se rappelle le CEO. La deuxième vague est passée par là. Thalys a néanmoins fait tout son possible pour maintenir "une offre étoffée pour les déplacements professionnels" ensuite. Mais en novembre, il a fallu à nouveau réduire l'offre avec les nouvelles mesures.

L’un dans l’autre, Thalys enregistre une baisse de 70% de son chiffre d’affaires commercial en 2020 par rapport à 2019, une baisse similaire à celles que l’on observe dans les aéroports pour les passagers.

Actuellement, Thalys roule avec 4 allers-retours par jour entre Paris et Bruxelles, avec un train prolongé vers l’Allemagne et un autre vers les Pays-Bas, soit à peine 13% de son offre habituelle.

La situation des sociétés comme Thalys est paradoxale. Ces sociétés sont fort dans l’air du temps, avec une volonté de verdir les voyages internationaux. Dans le même temps, la pandémie les fait vaciller sur leurs bases et demande donc des perfusions des États. Actuellement active à la fusion avec Eurostar (qui cherche à survivre), Thalys devrait donc se profiler dans de bonnes dispositions pour des jours meilleurs.

"Tout le monde en a marre de cette situation et on pense qu'en été, il y aura une forte envie de se déplacer pour du tourisme."
Bertrand Gosselin
CEO de Thalys

"Nous espérons qu’en 2022/2023, l’on pourra revenir à des niveaux de trafic importants, peut-être pas similaires, car les habitudes auront changé, notamment pour une partie des déplacements professionnels", détaille le CEO.

Thalys travaille maintenant à sa reprise à plus court terme. "2021 s'inscrit dans le sillon de 2020. Le premier semestre sera très difficile à passer. Nous prévoyons un regain d’activité à partir de l’été, de quoi retrouver une croissance du chiffre d’affaires. Tout le monde en a marre de cette situation et on pense qu'en été, il y aura une forte envie de se déplacer pour du tourisme", détaille le CEO.

230 millions
d'euros
Thalys table sur un chiffre d'affaires de 230 millions d'euros pour 2021, soit 90 millions d'euros de mieux qu'en 2020, mais une baisse de 52% par rapport à 2019.

Si ce regain se confirme, 2021 devrait rimer avec une légère reprise de l’activité. La société s’attend à un chiffre d’affaires de 230 millions d’euros sur l’année 2021. Ce serait certes 90 millions de plus qu’en 2020, mais cela représenterait encore une baisse de 52% par rapport à 2019 et de 55% par rapport aux niveaux pré-Covid.

S'endetter pour tenir

Pas de quoi gagner de l'argent en 2021. En début de crise, "notre trésorerie était assez saine", pointe le patron. Un plan d'économies drastique de 160 millions d'euros, dont 25% de réduction sur les frais de fonctionnement de Thalys, a permis de combler une partie du manque à gagner de 330 millions d'euros. La trésorerie a aidé pour le reste. En plus de départs naturels et d'engagements non réalisés, Thalys a dû se résoudre à licencier une quinzaine de personnes. La société compte actuellement entre 650 et 700 employés et profite de mesures de chômage temporaire pour un bon nombre d'entre eux.

"Notre offre actuelle avec 4 allers-retours Paris-Bruxelles et un train prolongé sur Amsterdam et un autre vers l'Allemagne va perdurer au moins jusque mi-mars."
Bertrand Gosselin

Mais comme 2021 sera à nouveau compliquée, "nous allons devoir nous endetter pour tenir", explique Bertrand Gosselin. Les actionnaires devraient donc être sollicités et des emprunts bancaires sont en négociation. Il faut faire le gros dos. Au vu de la situation actuelle, Thalys vient de décider de prolonger son niveau d'offre actuel jusqu'à la mi-mars au moins.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés