Uber perd son boss

Travis Kalanick ©Bloomberg

Le CEO d'Uber, Travis Kalanick, était critiqué depuis plusieurs semaines pour sa gestion de l'entreprise.

Sa position devenait intenable, il était critiqué de toutes parts. Travis Kalanick, le patron d'Uber, a démissionné. C'est lui qui avait fondé Uber, en 2009.

Pour rappel, vu les pressions, il avait pris récemment un congé sabbatique. Il ne reviendra pas.

"J'aime Uber plus que tout au monde et, dans cette période difficile de ma vie personnelle, j'ai accepté la demande des investisseurs de me retirer pour qu'Uber recommence à se développer plutôt que d'être parasité" (Travis Kalanick)

Que lui reproche-t-on? Différents dossiers pèsent sur l'image du groupe américain de location de voitures avec chauffeur:

• sa décision de siéger au sein du conseil économique de Donald Trump – conseil qu’il a quitté quelques semaines plus tard
• les révélations de Susan Fowler, une ingénieure informatique qui a quitté la société en décembre. Sur son blog, elle racontait comment la direction des ressources humaines a systématiquement ignoré ses plaintes, décrivant également une organisation sexiste. Kalanick avait promis des changements mais sa capacité à véritablement mener cette transformation suscitait des doutes
• en 2014, le patron d’Uber a eu accès au dossier médical d’une femme violée en Inde par un chauffeur. Puis assuré qu’il s’agissait d’un coup monté par un rival
• une enquête avait débouché sur le licenciement d’une vingtaine de salariés, accusés de harcèlement sexuel, de discrimination ou de comportements non professionnels
• Kalanick, comme son bras droit Emil Michael qui a démissionné lundi, est accusé d'avoir personnellement encouragé des pratiques déplacées et brutales dans l'entreprise.
Selon le New York Times, cinq gros actionnaires d'Uber, parmi lesquels le fond Benchmark, ont relancé la polémique mardi en exigeant le départ de Kalanick dans un courrier adressé au dirigeant intitulé "faire avancer Uber".

"Travis a toujours fait passer Uber avant le reste", a réagi le conseil d'administration du groupe dans un communiqué séparé. "C'est une décision courageuse, qui témoigne de son dévouement et de son amour pour Uber."

Kalanick continuera à siéger au sein du conseil d'administration.

Uber, qui a démarré en 2010, n'est pas cotée en Bourse mais est valorisée à hauteur de 70 milliards de dollars, sur la base des levées de fonds réalisées auprès d'investisseurs. En 2016, le groupe a généré 6,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires pour une perte de 2,8 milliards de dollars.

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